Les retrouvailles

Par Julie Paquette | Université de Montréal

C’était comme des retrouvailles. Tout le monde était là.

Depuis le matin, je recevais des textos : « tu vas à la manif ? », « On se voit à la place du peuple ? », « Ça sent le printemps »… J’ai mis mon plus beau carré rouge. On s’est dirigé métro Joliette. Sur la rame, un esprit joyeux régnait. Regards solidaires. Station Square Victoria, on traverse le long corridor au pas de course, nous sommes plusieurs, les jeunes sont beaux. Les moins jeunes aussi.

Première bouffée d’air. Tout le monde était là. Les vieux amis, Anarchopanda, la banane. Un an après, tout apparaissait devant nous comme si c’était hier.

On se met en marche. La tension monte rapidement. On sent que ce n’est plus tout à fait comme avant. On sait que Martine au Sommet parle de gains. On sait la mascarade péquiste. On sait aussi qu’une grève pour bloquer une indexation de 3% ne soulèvera jamais autant les passions que la hausse à Charest…

Parce que Marois se dit souverainiste, parce qu’à chaque fois on oublie que le PQ n’est pas l’ami des groupes sociaux. Parce qu’on n’a pas de projet affirmatif, collectif. Pourtant, on n’en manque pas : pour la fin de la marchandisation du savoir, pour une autre économie possible… pour une lutte sociale…

Mais on est là, et on marche pareil. Quoi faire d’autre en ce 26 ? Impossible de rester chez soi… même si on se demande où tout ça va nous mener cette fois. Et on marche… et on marche… et on court. Parce que tout le monde court.

On avance, on avance…

Tout le monde était là. Les enfants des garderies nous saluant par les fenêtres, les draps rouges descendant des tours à logements. Tout le monde était là : deux hélicoptères, le SPVM et sa brigade urbaine, les chevaux, même la SQ était venue faire son tour.

Moins de sourires, plus de bousculades, beaucoup de provocation.

On rentre chez soi. On est en colère.

C’était comme des retrouvailles. Des gens qu’on a envie de revoir. D’autres pas du tout. On sait qu’on a vécu quelque chose ensemble. On ne veut pas être nostalgique… les projets ne manquent pas pourtant. Le printemps s’en vient. De quoi sera-t-il le nom ?

About these ads

Poster un commentaire

Classé dans Julie Paquette

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s