Quelques remarques sur la rhétorique d’Éric Bédard

Par Alexandre Turgeon | Université Laval

Dans la foulée des débats sur l’enseignement de l’histoire, je veux m’arrêter ici à un élément pour le moins cocasse, qui en est en fait ridicule, pour ne pas dire pathétique.

Cela concerne un mémoire de maîtrise qui a été déposé à l’Université Laval et qui, encore aujourd’hui, fait parler de lui. Normalement, on va dire : qu’on en parle en bien ou qu’on en parle en mal… l’important c’est qu’on en parle! Et considérant qu’il s’agit en plus d’un mémoire de maîtrise – et non d’une thèse –, on pourrait se dire que c’est d’autant plus remarquable dans les circonstances.

L’affaire, c’est ce que je ne pense pas avoir jamais vu un mémoire de maîtrise autant cité à tort et à travers. Cela fait des années que ça se produit, que ça continue, et c’est le fait de multiples intervenants, sur toutes sortes de tribunes (conférence, entrevue, intervention sur le net, texte, etc.).

Le dernier en date à l’avoir fait (et ce n’était pas la première fois qu’il le faisait, loin de là), c’est Éric Bédard, qui dit, dans une entrevue avec Mathieu Bock-Côté :

S’il y a de la place pour un mémoire sur le « Festival de cochon de Sainte-Perpétue » (Université Laval, 2009), il devrait y en avoir aussi pour des travaux qui portent sur des personnages ou des événements aussi peu importants que l’Acte de Québec ou Honoré Mercier…!

Ce mémoire de maîtrise, c’est celui-ci : Francesca Désilets, Le Festival du cochon de Sainte-Perpétue comme une mise en scène de l’identité, mémoire de maîtrise (ethnologie), Université Laval, 2009, 174 p.

L’affaire, c’est que c’est un mémoire d’ethnologie. Même si c’est, techniquement, un mémoire produit dans le Département d’histoire de l’Université Laval… ça reste de l’ethnologie, l’une des six disciplines du département. Mais pour certains intervenants – en particulier Éric Bédard et Frédéric Bastien –, ce mémoire devient une véritable tête de Turc.

C’est ainsi que Frédéric Bastien s’exprime, en 2010, dans un article de Jonathan Trudel :

Les jeunes historiens, dit-il, préfèrent se pencher sur des sujets banaux, comme le Festival du cochon de Sainte-Perpétue – thème d’une thèse récemment soutenue dans une université québécoise. « Faire l’histoire de la Constitution, c’est pourtant faire l’histoire du pays en entier, dit-il. Ça nous touche tous. »

Deux ans plus tard, ce même Bastien récidive dans un commentaire à un texte du Huffington Post Québec :

[…] mais jamais des historiens. Ceux-ci préfèrent travailler sur le festival du cochon de Sainte-Perpétue, titre d’un mémoire de maîtrise soutenu à votre département.

Et ce mémoire de maîtrise « en histoire », ça fait partie de leur rhétorique…

Note du curateur: Ce texte a d’abord été publié sur Facebook où l’on peut lire les commentaires.

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