Politique de l’université: le problème de l’institution en question

Le jeudi 8 mai 2008 avait lieu le premier colloque off-Acfas « Politique de l’université » en marge du 76e Congrès de l’Acfas, dans le sous-sol d’un pub irlandais de la haute-ville de Québec. À cette occasion, quatre chercheurs en science politique avaient présenté des communications : Blaise Guillotte, Tina Lafrance, René Lemieux et Éric Martin. Cet événement est, en grande partie, le point de départ de l’aventure de la revue Trahir. L’esprit dans lequel le colloque avait été organisé perdure et les problèmes que nous voyions alors avec le système universitaire ne se sont pas épuisés.

La revue Trahir a depuis republié un appel à des états généraux sur l’université par Normand Baillargeon et Jacques Pelletier, des entretiens avec Normand Baillargeon, Lawrence Olivier et Serge Cardinal, et une correspondance sur la question de l’institution entre Dalie Giroux et Gilles Labelle. Le débat très actuel sur la hausse des droits de scolarité vient remettre à l’avant-scène certains dysfonctionnements de l’université et nous force à rouvrir cette question de la « politique de l’université », d’abord pour réfléchir à cette question cruciale, mais encore pour penser, plus largement, le rôle, la fonction et les finalités d’une institution comme l’université pour notre société. Nous invitons donc les lecteurs de Trahir à s’exprimer sur cette question dans de courts textes – entre 400 et 1200 mots – afin d’exprimer leurs idées, leur situation quant à cette question, et plus amplement leurs propres rapports face à l’institution en général. Sans nécessairement se restreindre à la « science politique », les auteurs n’échapperont pas à être politiques pour l’occasion.

Texte original du colloque « Politique de l’université »

Problématique

Si la science politique se targue d’être la discipline qui peut analyser rationnellement les phénomènes politiques en société, elle retourne rarement ses propres outils conceptuels pour observer les phénomènes politiques auxquels elle contribue en tant que discipline universitaire, pour s’observer elle-même en tant que fait politique. Ainsi la problématique de départ peut être résumée par ces mots de Michel Foucault que l’on retrouve dans L’ordre du discours : « La discipline est un principe de contrôle de la production du discours. Elle lui fixe des limites par le jeu d’une identité qui a la forme d’une réactualisation permanente des règles. »

Le présent colloque se voudra la continuation de l’Espace de pensée politique contemporaine organisé au printemps 2007 à l’Université du Québec à Montréal. Il vise à répondre à trois problématiques qui y avaient été soulevés, en rapport avec la politique de l’université : 1) Quel est le mode de fonctionnement de l’université aujourd’hui, quels sont les obligations reliés à cette institution? 2) Quel est le statut de la science politique et comment peut-elle prétendre à un regard particulier sur la situation de l’université? 3) Quels sont les conditions politiques de l’énonciation d’une critique de l’université?

Thèmes et questionnements sur la problématique

  1. Quelle est la politique du fonctionnement de l’université? Comment s’inscrit-elle dans la division du travail, la concurrence de l’économie du savoir, le système éducatif en général? Quels sont ses demandes en termes de productivité et de compétitivité? Quels rapports à l’écriture et à la pensée sont possibles dans ce système?
  2. En réponse au premier thème et à la problématique du colloque : La science politique en tant que discipline ne vit-elle pas dans un énorme fantasme où elle ne peut voir que du politique, même lorsqu’elle s’observe? Comment la science politique peut-elle ne pas tomber dans ce piège? Est-il pertinent pour la science politique de prétendre avoir un regard particulier sur le phénomène politique, lorsque le phénomène l’affecte?
  3. Quel est le rapport entre la discipline et son extériorité? Ou encore, épistémologiquement, quelles sont les conditions politiques d’énonciation de la critique que propose le présent colloque?

Affiche originale du colloque « Politique de l’université » qui n’avait pas été retenu par l’Acfas officiel. Elle se présente donc comme le palimpseste constitué par la lettre de refus de l’Acfas où les raisons évoquées ont été surlignées en jaune. Sur cette première couche a été ajoutée les informations sur le colloque, notamment avec les titres des présentations qui se substituent ainsi au refus.

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