Lettre ouverte à la rédaction du journal Le Soleil, à propos d’une lettre d’opinion de Bernard Guay

Par Martin Parrot, Limoulou

Je vous écris afin d’exprimer mon incompréhension la plus totale au sujet des raisons de la publication, ce matin, d’une lettre d’opinion intitulée « Pour en finir avec les grèves étudiantes » signée Bernard Guay. Je suis indigné qu’un journal comme le vôtre publie une lettre faisant l’apologie du fascisme. Qu’elle ait été retirée ou non par la suite ne change rien au geste initial. Que l’auteur propose des solutions telles que celles utilisées par les groupes fascistes du XXe siècle afin de « nettoyer » la société devenue « insalubre », non seulement est-ce haineux et violent, mais c’est tout à fait inadmissible qu’un tel propos soit diffusé par votre journal. La droite est une chose, le fascisme, une toute autre chose. M. Guay ne se limite pas à exprimer une opinion de droite, il s’appuie sur le fascisme afin de proposer une « solution » pour en finir avec les grèves.

Vous savez, je l’espère, quels sorts étaient réservés aux « méchants gauchistes » dans les régimes fascistes d’Italie, d’Allemagne, et d’Espagne des années 1920-1930? C’étaient les prisons sans procès, les assassinats, et les camps de concentration. Relisez vos livres d’histoires; vous venez de vous faire les portes-paroles d’une des mouvances sociale les plus cruelles et inhumaines des derniers siècles. C’est honteux et méprisable.

J’espère que vos lecteurs s’en souviendront longtemps.

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6 Commentaires

Classé dans Martin Parrot

6 réponses à “Lettre ouverte à la rédaction du journal Le Soleil, à propos d’une lettre d’opinion de Bernard Guay

  1. Le vingtième siècle est le siècle fou. Le capitalisme qui incarne le paradigme de la croissance est une réminiscence de ce siècle à conclure au plus sacrant.

  2. René Z.

    Contrairement à l’auteur, je suis heureux qu’un tel texte ait été publié. Il y a un désir crypto-fasciste qui parcourt tout le discours politique au Québec et qui surgit, de temps à autres, en pointes plus audibles, sinon criantes. Ces gens-là veulent voir du sang, certes, à la manière des antiques élites repues, vulgaires et satisfaites d’elles-mêmes : c’est-à-dire d’en haut, car Bernard Guay ne se mêlera jamais lui-même à des actes violents, il ne sert que de couroi de transmission pour le passage à l’acte (ce qui n’est pas différent de cette radio dont il fait mention à la fin de son texte).

    Il faudra bien un jour questionner les conditions de possibilité, non seulement d’un tel discours (rendu public, par ailleurs, par un quotidien particulier, à un moment particulier, pour un lectorat particulier), mais aussi d’un (non-)discours plus consensuel parce que plus légitimé, comme celui de la « fermeture » de Line Beauchamp, qu’on surnomme depuis peu, la « dame de fer » (sic)! « Line Beauchamp » est un phénomène de discours, certes, plus modéré, d’un phénomène plus répandu. Ce discours est audible, parce que d’autres le rendent possible. On n’aura qu’à lire les commentaires aux annonces de Line Beauchamp sur Facebook (http://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=350741548310428&id=138564949806), les seuls, par ailleurs, qui ne sont pas retirés : les étudiants sont tour à tour des « bébés gâtés », des « enfants-roi » (à remarquer l’infantilisation), on encourage la ministre à ne pas négocier, on l’incite à prendre des « mesures spéciales » contre les grévistes, etc. Tout un micro-discours fascisant qui permet le discours ministériel.

  3. René Z.,

    Je suis aussi heureux que le texte ait été publié. Il faut effectivement que la réalité, voir la force silencieuse de ce discours, apparaisse au grand jour. Cela dit, je ne suis pas certain que les éditeurs du Soleil, qui ne sont vraisemblablement rien de moins qu’une courroie de transmission du gouvernement, n’ont compris ce qu’il y avait dans le texte. C’est avant tout leur très mauvais travail qui était a souligner, ainsi que la gravité de leur geste. J’espère de tout coeur que le texte n’a pas été publié en connaissance de causes (le sous-texte des affirmations fascistes de Bernard Guay).

  4. Eric Vailancourt

    Le Soleil est lâche d’avoir cédé aux plaintes concertées de sept militants socialistes. En effet, j’en ai assez des conflits perpétuels et du gaspillage de nos taxes que les gauchistes nous imposent.

  5. Je ne suis pas un militant socialiste, et il n’y a pas eux de ‘plaintes concertées’. Vivement votre opinion au sujet des taxes, cependant, il y a une différence entre être de droite (ce qui semble être votre cas) et faire une apologie du fascisme. Le texte de Bernard Guay incite à la violence, une violence faite, en passant, au nom d’un État totalisant (c’est ça le fascisme… bien plus que le socialisme d’ailleurs…). C’est honteux de souhaiter cela. C’est aussi dégradant de penser que l’absence de conflit serait favorable pour tous. C’est ‘lâche’ de ne pas se battre pour ses idéaux, et malheureux si on en a pas.

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