Archives mensuelles : février 2013

Les retrouvailles

Par Julie Paquette | Université de Montréal

C’était comme des retrouvailles. Tout le monde était là.

Depuis le matin, je recevais des textos : « tu vas à la manif ? », « On se voit à la place du peuple ? », « Ça sent le printemps »… J’ai mis mon plus beau carré rouge. On s’est dirigé métro Joliette. Sur la rame, un esprit joyeux régnait. Regards solidaires. Station Square Victoria, on traverse le long corridor au pas de course, nous sommes plusieurs, les jeunes sont beaux. Les moins jeunes aussi.

Première bouffée d’air. Tout le monde était là. Les vieux amis, Anarchopanda, la banane. Un an après, tout apparaissait devant nous comme si c’était hier.

On se met en marche. La tension monte rapidement. On sent que ce n’est plus tout à fait comme avant. On sait que Martine au Sommet parle de gains. On sait la mascarade péquiste. On sait aussi qu’une grève pour bloquer une indexation de 3% ne soulèvera jamais autant les passions que la hausse à Charest…

Parce que Marois se dit souverainiste, parce qu’à chaque fois on oublie que le PQ n’est pas l’ami des groupes sociaux. Parce qu’on n’a pas de projet affirmatif, collectif. Pourtant, on n’en manque pas : pour la fin de la marchandisation du savoir, pour une autre économie possible… pour une lutte sociale…

Mais on est là, et on marche pareil. Quoi faire d’autre en ce 26 ? Impossible de rester chez soi… même si on se demande où tout ça va nous mener cette fois. Et on marche… et on marche… et on court. Parce que tout le monde court.

On avance, on avance…

Tout le monde était là. Les enfants des garderies nous saluant par les fenêtres, les draps rouges descendant des tours à logements. Tout le monde était là : deux hélicoptères, le SPVM et sa brigade urbaine, les chevaux, même la SQ était venue faire son tour.

Moins de sourires, plus de bousculades, beaucoup de provocation.

On rentre chez soi. On est en colère.

C’était comme des retrouvailles. Des gens qu’on a envie de revoir. D’autres pas du tout. On sait qu’on a vécu quelque chose ensemble. On ne veut pas être nostalgique… les projets ne manquent pas pourtant. Le printemps s’en vient. De quoi sera-t-il le nom ?

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Vidéo de la brigade urbaine du SPVM, 26 février 2013

Par Moïse Marcoux-Chabot | Ce texte a précédemment été publié sur le site web personnel de l’auteur.

Brigade urbaine du SPVM, 26 février 2013 de Moïse Marcoux-Chabot sur Vimeo.

Opérations de la brigade urbaine du SPVM pendant la manifestation étudiante du 26 février 2013 (vidéo de 21 minutes). Montage chronologique et son d’ambiance.

Pour plus de détails, voir le billet original sur le site web personnel de l’auteur.

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Usage des mots-clés reliés à la grève étudiante sur Trahir: méta-analyse objectivée d’un métadiscours subjectif

Par René Lemieux | Université du Québec à Montréal

Le blog de Trahir fêtera le 1er mars son premier anniversaire. La revue, fondé en 2008 qui a commencé à publier des textes sur le Web en janvier 2010, en était à sa quatrième année de publication lorsqu’elle a décidé de se donner un blog pour faciliter les échanges avec son public. Même s’il n’avait pas été conçu pour la grève étudiante, les premiers mois de son activité ont été presque entièrement occupés à publier les textes qui porteront sur la grève.

J’ai été le responsable de la mise en ligne des textes, et c’est à ce titre que je voudrais participer au dossier « penser en grève ». Ce « titre » est celui d’une certaine subjectivité, celle qui a le rôle de catégoriser les textes à publier en leur apposant des « mots-clés » (ou tags) qui permettront à la fois un archivage efficace pour le curateur et une recherche rapide pour le lecteur. Afin de répondre à la question formulée par le dossier, à savoir qu’est-ce que c’est, penser en grève?, je tenterai d’examiner l’hypothèse suivante : les enjeux de la grève étudiante ne furent pas les mêmes au début et à la fin – ce qui relève d’une évidence –, mais plus encore, que ce que nous avons pu concevoir comme ce qu’était la « grève » est historiquement déterminé. C’est dire : 1) que le concept de ce qu’était objectivement la grève ne s’est pas formé dès le premier jour, 2) que les catégories permettant de comprendre la grève ont pris du temps à se former, et 3) que faire le bilan de la grève – ou penser en grève –, c’est d’abord revenir à la conscience qu’on en avait au moment où on la vivait.

Afin de démontrer ces trois propositions, je propose de revoir diachroniquement l’utilisation des « mots-clés » sur le blog de la revue Trahir durant la grève étudiante. Comme j’ai été le principal responsable de la mise en ligne des textes sur le blog, je sais qu’aucun travail d’uniformisation des mots-clés n’a été entrepris depuis (par manque de temps, disons…), ainsi donc, les données sont suffisamment objectives, même s’il s’agit de l’objectivation d’une subjectivité (celle, en l’occurrence, du responsable du blog, c’est-à-dire la mienne).

D’abord, quelques données statistiques sur les billets concernant la grève (la mesure de la « variable indépendante », le temps, est découpé selon les mois, chaque mois est divisé du 1er au 15, et du 16 à la fin du mois).

Graphique 1

Graphique 1

Dans le graphique ci-dessus, on constate qu’une grande partie de ces textes ont été publiés entre les mois de mars et juin 2012. Au début mai 2012, 50% des 80 textes qui seront publiés durant l’année 2012, relatifs à la grève, avait déjà été publié. À la fin juin, c’est 90% des textes qui seront publiés – je m’intéresserais donc aux 73 textes relatifs à la grève publiés entre le 1er mars et le 30 juin 2012.

Voici un deuxième graphique qui montre l’ampleur des textes sur la grève étudiante entre mars et juin :

Graphique 2

Graphique 2

On constate qu’au moins la grande majorité des textes portaient sur la grève, jusqu’à 100% au plus fort (de quoi? on le verra bientôt).

Le premier texte publié sur la « grève étudiante » (par Marie-Ève Bélanger) donne le ton à la série des mots-clés utilisés sur Trahir. Il s’agit du premier texte à utiliser « hausse des droits de scolarité » et « politique de l’université » (ce deuxième mot-clé faisait référence à une vieille thématique de Trahir qui n’a jamais vraiment abouti, mais qui était la question principielle du projet de Trahir à ses débuts, dès 2008). Des 16 textes publiés au mois de mars, plus de la moitié avait un rapport à la grève.

La deuxième moitié du mois de mars, on verra une première série de photos de manifestation (et le premier « portfolio » sur Trahir, par Mathieu Gagnon, pour la manifestation du 22 mars), et on lira le texte le plus lu sur Trahir jusqu’à ce jour, par Olivier Roy. Un troisième mot-clé « métacatégoriel » sera utilisé pendant le mois de mars, « université », tout simplement.

Dans la première moitié du mois d’avril, un nouveau mot-clé apparaît : « judiciarisation » et « endettement », et on commence à s’intéresser aux médiasà Twitter et à Richard Martineau – il est la première « personnalité » associée à la grève à être mentionnée par un mot-clé (ce n’était toutefois pas la première référence à Martineau, il avait déjà été mentionné auparavant –, aux sophismes et à la rhétorique. On y verra aussi le débat épique entre Frédéric Mercure-Jolette et Éric Martin sur la gauche, et la première pétition partagée sur Trahir. Les mots-clés « droite » et « fascisme » feront aussi leur apparition dans une lettre de Martin Parrot adressée au journal Le Soleil.

La deuxième moitié du mois d’avril voit apparaître les mots-clés « démocratie »« mobilisation internationale » (avec une série de photos de Belgique), mais aussi « violence » (qui sera de plus en plus utilisé, surtout pendant le mois de mai) et « brutalité policière » avec l’« événement » du Plan Nord. À cet égard, il est intéressant de constater la personnification et l’événementialisation accrues de la grève (qu’on peut repérer à l’usage des majuscules dans les mots-clés). Au total, huit personnalités seront mentionnées en mots-clés, en ordre d’apparition après Richard Martineau : Gabriel Nadeau-Dubois et Jean Charest (fin avril), Alain Dubuc et Maxence Valade (début mai), Anarchopanda et Éric Martin (fin mai), et Christine Saint-Pierre (début juin); et quatre événements majeurs : le Plan Nord en avril, Victoriaville et la Loi spéciale 78 en mai, et finalement le Grand Prix en juin. Voici un graphique récapitulatif de cette tendance, en comparant les textes portant sur la grève comportant dans ses mots-clés une personnalité et/ou un événement et ceux qui n’en avaient pas :

Graphique 3

Graphique 3

Ce graphique montre qu’à partir de mai 2012, les textes s’intéresseront majoritairement à des personnes, mais surtout à des événements marquant. « Victoriaville » est à cet égard un moment charnière de la grève étudiante.

Le début du mois de mai sera de loin le plus occupé, notamment avec les textes sur la manifestation à Victoriaville. C’est aussi la première fois qu’on voit un genre nouveau de textes, les témoignages et les récits (alors qu’auparavant, il s’agissait majoritairement de lettres d’opinion et de lettres ouvertes). On voit aussi apparaître les mots-clés « infantilisation », « désobéissance civile », mais surtout ce « méta »-mot-clé : « grève étudiante ». Durant les mois de mars et d’avril, on parlait encore de « hausse des droits de scolarité » ou même d’« université », à partir de mai, on parlera métadiscurssivement de « grève étudiante » :

Graphique 4

Graphique 4

Qu’est-ce que ça veut dire? Eh bien, que le syntagme « grève étudiante » compris comme formule métadiscursive n’est pas apparue dès le début de la grève. Au départ, l’enjeu premier de la grève étudiante était la hausse des droits de scolarité ou encore le financement des universités, mais à partir de mai, l’enjeu de la grève, c’est la « grève ». Ça ne signifie pas que la grève n’était pas énoncée avant mai – bien évidemment –, mais c’est à ce moment qu’elle porte en elle la nécessité de parler d’elle-même. Autrement dit, je suggérerais que c’est à partir de ce moment qu’il y a volonté d’archiver la grève, qu’on sent qu’elle ne pourra pas durer. Et en effet, c’est à ce moment-là que des initiatives d’archivage ont lieu, par exemple ses images, dans une multitude de blogs.

La fin du mois de mai verra de nouveau mots-clés souvent reliés à la violence et à la Loi spéciale 78, comme « État », « résistance », « casseroles », « dictature ». Avec le grand événement du mois de juin, le Grand Prix, on pourra voir apparaître « merde », « manufestation » (notamment avec le portfolio le plus consulté sur Trahir, de Mathieu Gagnon), et « carré rouge » pour la première fois avec une lettre collective dénonçant Christine Saint-Pierre.

Au-delà de la simple constatation d’une subjectivité qui tente de proposer un classement à une multiplicité qui n’était pas toujours cohérente, il est intéressant de constater qu’il se forme des liens souvent inconscients entre des séries de méta-termes qui se voulaient classificatoires (donc neutres). Par exemple, il est fascinant que « fascisme » précède « démocratie », et que « État » suit de peu « violence ». Il y a aussi des effets du hasard qui prennent après coup le sens d’une nécessité, par exemple, le seul poème relié à la grève étudiante sera publié au même moment où la violence devient un enjeu dans les textes publiés, ce qui n’est peut-être pas si anodin.

En relisant les 80 textes de la grève, je me suis rendu compte qu’à aucun moment j’ai pensé ajouter – pour ne donner qu’un exemple – le mot-clé « gratuité scolaire », expression qui a pourtant été énoncée à quelques reprises dans les textes sur la grève. Comment se fait-il que je n’ai pas été conscient de sa présence? Est-ce là un effet subjectif du discours dont je serais le seul responsable? Certes, peut-être n’ai-je pas été assez attentif au discours, mais qu’est-ce qu’un discours – c’est-à-dire ce lieu où peut avoir lieu une parole –, sinon justement un effet de subjectivité qui se montre objectivement. Toute parole nécessite des conditions de possibilités – sociales, politiques, etc. – qui lui permettent non seulement d’être énoncée, mais d’être entendue. Le mot-clé catégorisant est, je pense, le reflet de ce que je pouvais écouter structurellement lors de la grève, et je n’ai probablement pas été le seul dans cette situation. On parlait de la grève étudiante depuis le début, mais l’écoutait-on? Est-ce si étonnant, en ce début de la deuxième journée du Sommet sur l’enseignement supérieur du ministre Pierre Duchesne, que la « gratuité scolaire » devienne un de ces énoncés qui se font de plus en plus phoniques, désormais rendus articulables dans la structure du discours?

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« Comment vous êtes, toi et tes journées? » Penser et panser ameuté

Par Simon Labrecque | Université de Victoria

Récemment, j’ai commencé à regarder le documentaire Dérives, sur les gestes brutaux des forces policières et le relayage médiatique de leurs énoncés dramatisants durant la grève générale étudiante de 2012. Il me semble s’agir d’un excellent film, et de surcroît – chose rare peut-être – d’un film nécessaire, comme plusieurs l’ont déjà affirmé. Il faut assurément faire voir ces images, faire entendre ces témoignages et faire ressentir ce qui s’énonça l’an dernier, pour penser ce qui s’est passé. J’ai toutefois dû m’arrêter au cours de la huitième minute. C’était pour moi insoutenable. Premier étonné, je me suis trouvé incapable de continuer. Je ne crois pas pouvoir réessayer avant quelque temps.

Qu’est-ce qui s’est passé? Ce que j’ai vu du film m’a moins fait repenser à tel ou tel événement – d’une pensée qui serait désintéressée – que revivre très rapidement une série d’intensités remarquablement prenantes, un bloc immédiat – c’était tout ensemble, tout à la fois – d’affects puissants, mille flashs de pensée imprévisiblement heurtants. Je sentais que je connaissais chaque image d’un peu trop près, que chaque fois, j’aurais pu y être, ou que j’y étais peut-être, sans pouvoir savoir. Je me suis senti pris, encerclé. Je n’ai pas été frappé, mais bousculé, si.

Pourquoi ces heurts, maintenant que l’agitation est retombée? Je pensais pourtant avoir saisi tout ça, l’avoir désamorcé (« pour moi »). C’est oublier à quel point les sphères d’énonciation étaient saturées de ce qui arrivait et n’arrivait pas, à quel point il fut requis de développer une sorte de sensorium extériorisé qui, une fois étendu, offre un plus grand nombre de points d’impacts à ce qui bouscule.

Je crois avoir cru, sans trop y penser, que penser m’éviterait d’avoir à panser.

J’ai en effet l’impression d’avoir passé une bonne partie de la grève à réfléchir à ce qui se passait, à « intellectualiser » et à « objectiver » les événements, plusieurs heures chaque jour, extériorisant une partie du travail par mille médias qui tramaient l’atmosphère ameuté, parfois immonde. J’habitais Montréal en 2012, censé écrire la majeure partie d’une thèse. J’ai (donc) beaucoup marché – je me suis rendu compte que je n’ai pas compté les manifestations et que j’en serais incapable. J’ai en mémoire un flot ininterrompu, mais je n’ai pourtant pas manifesté tous les jours. J’ai aussi écris quelques billets pour Trahir – chaque fois assez rapidement, sur le moment. Quelque chose m’obligeait, une série de phrases s’imposait. J’en ai écrit moins que je pensais.

Or, me voyant incapable d’endurer Dérives, je me suis également (encore, ou à nouveau) senti porté à la préparation d’une publication sur le sujet – étrange cercle, ou peut-être s’agit-il d’une spirale. (Le voici, ce texte.) Penser ce qui arrive, n’est-ce pas publier les traces de cet arrivage? « Romantisme politique », déplorerait sûrement un certain Carl Schmitt sous Weimar, car je ne ferais ainsi de toute chose qu’une occasion équivalente pour le déploiement d’une productivité écrivante… Mais contre Schmitt, je maintiens qu’il s’agissait et qu’il s’agit toujours là d’événements remarquables – tous ne le sont pas –, si ce n’est que du fait qu’ils demandèrent une prise de position (ou une prise de parti) elle-même assez schmittienne : pas de neutralité soutenable dans une atmosphère comme celle du printemps et de l’été 2012, ni même d’extériorité véritable à ce champ de conflits. Refuser d’y prendre part, c’était aussi y prendre part…

J’ai parfois senti devoir écrire ou descendre dans la rue. « Quelque chose de trop grand dans la vie », dirait un certain Gilles Deleuze sous Mitterrand. Je le faisais sans trop y songer. Cette expérience me semble avoir été assez largement partagée. Le soir du dépôt du projet de loi spéciale, par exemple : manifestation improvisée à minuit à Émilie-Gamelin, après avoir lu les quelques pages rendues disponibles une à une sur Twitter par un journaliste du Devoir. (Twitter, d’ailleurs, fut crucial.) Pas question de rester chez moi! Direction : ce qui ressemble à notre Bastille, prison à ciel ouvert du néolibéralisme armuré… Étrange moment d’emportement. Quelle vitesse dans la marche, en montant Berri – je ne me souvenais pas de ce pas rapide; nous étions rompus à la marche… D’autres jours, j’ai plutôt senti devoir rester chez moi, histoire de minimiser les chances de poser un geste regrettable. C’était intense pas pour rire, comme qui dirait, malgré les rires et le ridicule, et c’est ce qui est revenu tout d’un coup par Dérives.

Dans l’ensemble, ce fut une multiplicité complexe d’hésitations et d’assurances, de fébrilités de toutes sortes, de collectif instables—« ça va? es-tu correctE? »—à un rythme difficile à relater ou même à (se) rappeler. Faut-il se souvenir? Ou faut-il se souvenir d’oublier, pour éviter de s’emmurer dans le pathos et le ressentiment? C’est ce rythme même, je crois, qui fut le plus important. Le rythme ou l’intensité. Écrire alors, tenter de rendre la pensée se formant quelque peu partageable, je crois que ce fut important pour endurer le rythme et l’intensité des énoncés et des événements qui circulaient – pour remoduler puis reconduire ce qui circule. Ce ne fut certes pas suffisant pour résoudre ce qui alors se noua et se joua.

J’ai la forte impression que, avant que l’espace de pensée, de sons et d’énoncés de la vallée habitée du Saint-Laurent soit en mesure de soutenir un stress politique de cette ampleur, il faudra trouver comment se remettre. Ça se fera sûrement, avec le temps? Gare, en tout cas, à ce qui profitera de la fatigue et du répit pour s’immiscer sans trop ameuter.

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Énième article sur la productivité académique

Par Pierre-Alexandre Fradet, Université de Montréal | le texte est disponible en format pdf

Partition de 4ʼ33ˮ de John Cage.

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Appel à contributions: Dossier « Produire académiquement »

Kazimir Malevitch, Carré blanc sur fond blanc, huile sur toile, 80 cm x 80 cm, 1918.

Des dizaines de livres, des centaines d’articles, des charges d’enseignement, des séjours de recherche, des cours sur invitation, des responsabilités éditoriales, administratives, directionnelles, des subventions, des distinctions, des interviews, des conférences, des conférences, encore et toujours des conférences : il n’est plus rare de rencontrer sur un CV académique des informations de ce genre et de cette ampleur. On rapporte souvent que faute de savoir avec précision et certitude ce qui définit un bon chercheur, en particulier en arts et en sciences humaines, il faut, pour l’évaluer, considérer ce dont il est capable quantitativement.

Quels sont les effets de ce primat du quantitatif ? L’université a-t-elle fait naufrage, comme le suggérait Michel Freitag ? Est-il possible de donner raison à ceux qui produisent beaucoup dans la mesure où l’on peut produire vite et bien et où il y a une infinité de sujets sur lesquels il est urgent de réfléchir ? Quels sont les croisements possibles entre la connaissance universitaire et les autres modes de production du savoir ?

Les textes accueillis ici pourront être soumis autant par des auteurs qui souhaitent ajouter une ligne à leur CV que par des individus qui n’évoluent pas dans la sphère académique. Contactez-nous!

Article disponible :

Pierre-Alexandre Fradet, « Énième article sur la productivité académique », février 2013.

Responsable : Pierre-Alexandre Fradet | Université de Montréal

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Appel à contributions: Dossier « Penser en grève »

Le 13 février dernier a marqué le premier anniversaire du déclenchement de la grève générale illimitée de 2012. Celle-ci a donné, continue et continuera probablement à donner lieu à la composition d’une quantité étonnante d’énoncés. À titre d’exemple, le blog de la revue Trahir, qui fêtera son premier anniversaire le 29 février prochain, a publié quelque 40 billets directement sur la grève étudiante (52 pour la hausse des droits de scolarité). L’ensemble des énoncés produits – écrits, dits, mais aussi pensés – est strictement innombrable.

Photo © Raphaël Ouellet

Chose remarquable, plusieurs de ces énoncés démontrent une réflexivité certaine, une attention aiguë aux conditions de la pensée, du discours, de l’écriture et de la mise en image. Dans Trahir, par exemple, dès le 2 mars 2012, un billet s’intéressait au rôle des « histoires personnelles d’étudiantes et d’étudiants » dans la couverture médiatique des événements. Depuis cette date, plusieurs livres ont été publiés au sujet de la grève. Un long-métrage documentaire est maintenant disponible en ligne. On peut croire que quelques thèses s’écrivent déjà… Nombre des énoncés produits ont contribué, contribuent ou contribueront à penser la grève. Toutefois, plusieurs autres ont semblé, semblent ou sembleront tenir de la non pensée. Qu’est-ce qui distingue ces deux séries d’énoncés? Que veut dire penser la grève?

Trahir invite les contributions qui cherchent à penser les rapports entre la grève et la pensée, au passé, au présent ou au futur. Qu’a pu vouloir dire penser en grève, penser la grève en train de se faire? Puis penser la grève passée? Peut-on envisager de se remettre, de repenser – sinon de repasser – en « mode grève »?

Toute contribution (entre 400 et 1500 mots) sera évaluée par notre comité de lecture. Contactez-nous!

Textes disponibles:

Simon Labrecque, « Comment vous êtes, toi et tes journées? » Penser et panser ameuté, février 2013.

René Lemieux, Usage des mots-clés reliés à la grève étudiante sur Trahir: méta-analyse objectivée d’un métadiscours subjectif, février 2013.

Responsable : Simon Labrecque | Université de Victoria

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