La traduction inspirée: le cas de la Septante

Par René Lemieux, Montréal

La Septante est une version de l’Ancien Testament traduit en grec ancien. Le mythe de sa traduction est raconté par différents auteurs, notamment Philon d’Alexandrie (ca 20 av. J.-C. – 45 après J.-C.; en anglais: Philo Judaeus) et Flavius Josèphe (37 – 100 après J.-C.; on peut consulter à cet égard Les Antiquités judaïques, livre XII:II, §1-15). Selon eux, les traductions individuelles parmi les septante (ou septante-deux) traducteurs, et ce, grâce à l’inspiration divine:

καθíσαντες δ’ ἐν ἀποκρúφῳ καὶ μηδενὸς παρóντος ὅτι μὴ τῶν τῆς φúσεως μερῶν, γῆς, ὕδατος ἀέρος οὐρανοῦ, περὶ ὧν πρῶτον τῆς γενέσεως ἔμελλον ἱεροφαντήσειν – κοσμοποιία γὰρ ἡ τῶν νόμων ἐστὶν ἀρχή -, καθάπερ ἐνθουσιῶντες προεφήτευον οὐκ ἄλλα ἄλλοι, τὰ δ’αὐτὰ πάντες ὀνόματα καὶ ῥήματα, ὥσπερ ὑποβπλέως ἑκάστοις ἀοράτως ἐνήχοῦντος.

S’étant donc établis dans cette retraite, et sans aucune présence autre que celle des éléments naturels: terre, eau, air ciel, sur la genèse desquels ils s’apprêtaient à faire les hiérophantes – car la Loi commence par la création du monde – ils prophétisèrent, comme si Dieu avait pris possession de leur esprit, non pas chacun avec des mots différents, mais tous avec les mêmes mots et les mêmes tournures, chacun comme sous la dictée d’un invisible souffleur.

Therefore, being settled in a secret place, and nothing even being present with them except the elements of nature, the earth, the water, the air, and the heaven, concerning the creation of which they were going in the first place to explain the sacred account; for the account of the creation of the world is the beginning of the law; they, like men inspired, prophesied, not one saying one thing and another another, but every one of them employed the self-same nouns and verbs, as if some unseen prompter had suggested all their language to them.

 


 

Sources:

En grec et en français: De vita Mosis [Περὶ βίου Μωσέως]/La Vie de Moïse, livre II, trad. Roger Arnaldez, Claude Mondésert, Jean Pouilloux, Pierre Savinel, Cerf, 1967, §25-40, en pièce jointe.

En grec: De vita Mosis, dans Philonis Alexandrini opera quae supersunt, ed. L. Cohn, vol. 4, Berlin, Raimer, 1902, en ligne.

En anglais: A Treatise on the Life of Moses, that is to say, On the Theology and Prophetic Office of Moses. Book II, trad. Younge, en ligne.

Ce billet a d’abord été publié sur le site du Laboratoire de résistance sémiotique.

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