Maître Jacques module son legs: l’hommage, l’irrecevable, Cerisy et la vallée du Saint-Laurent

Par Simon Labrecque, Montréal[1]

Mise en contexte : Ce texte a presqu’entièrement été présenté le 23 mars 2015 à la Médiathèque littéraire Gaëtan-Dostie, à l’occasion de l’atelier de discussion L’apocalypse toujours-déjà, autour du livre de Jacques Derrida D’un ton apocalyptique adopté naguère en philosophie. (Une autre conclusion avait été rédigée au crayon, à propos du refus de l’alternative infernale entre austérité et hydrocarbures.) Un second texte lui fera suite et sera présenté à Rimouski en mai 2015, lors du congrès annuel de l’Acfas, dans un colloque sur Derrida et l’hospitalité.

J’aimerais placer mon intervention sous le signe d’une phrase du philosophe montréalais Robert Hébert, publiée dans une recension en 1981 :

Parfois, dans l’exercice même d’un travail qui de prime abord semble clair et courant, l’on se met, non pas à douter, mais à sentir le besoin de relier cet exercice à des unités plus grandes ou à un questionnement théorique que l’on ne peut plus indéfiniment écarter[2].

Le travail qui pouvait me sembler clair et courant était de formuler une proposition de lecture du texte D’un ton apocalyptique. Sachant qu’il en existe deux versions, j’ai cru qu’il serait intéressant de comparer la première, prononcée en 1980 lors de la décade de Cerisy Les fins de l’homme. À partir du travail de Jacques Derrida et publiée chez Galilée dans les actes du colloque en 1981 (réédité chez Hermann en 2013, collection « Cerisy Archives »), à la deuxième version, publiée sous forme de livre en 1983. J’aurais voulu montrer en quoi a consisté le travail de réécriture de Derrida. J’ai compté plus de 130 différences entre les versions, mais elles sont somme toute mineures. En comptant, j’ai senti « le besoin de relier cet exercice à des unités plus grandes [et] à un questionnement théorique que [je] ne peux plus infiniment écarter », précisément parce que je passe beaucoup d’heures, ces temps-ci, dans les écrits de Robert Hébert, en préparation d’un numéro des Cahiers de l’idiotie « à partir du travail » de Hébert, philosophe artisanal dans la vallée du Saint-Laurent. Il m’a donc semblé important de me pencher sur les enjeux de ce type d’« hommage » et sur certains rapports entre Cerisy et la vallée du Saint-Laurent.

L’insistance sur la notion d’un artisanat philosophique qui aurait son lieu privilégié dans la vallée du Saint-Laurent est un souci récurrent chez Hébert. Il s’agit pour nous de produire une sorte d’hommage, ou de contr’hommage[3], pour signaler l’importance de son œuvre et montrer ce qu’elle engendre. Dans ce legs, il me semble trouver l’expression d’un souci ou d’un soupçon qui revient avec insistance quant aux conditions et aux effets de la popularité de la pensée « française » au Québec – une popularité qui ne se dément pas, même si les auteurs à la mode, eux, varient. C’est Hébert qui nomme Derrida « Maître Jacques » dans la réécriture, en 2011, de ces lignes d’abord publiées en 1981 :

Mais Maître Jacques, sauf votre respect, votre signature s’abreuve aux bruits polémiques que vous remettez en circulation… Que notre certitude s’inscrive comme antithèse de tous ces lieux communs qui nous rendent spectateurs du tournoi philosophique des idées afin que la rumeur de notre désir puisse habiter sa langue et ses propres institutions sociales avec un minimum de dignité clairvoyante. Comme se parler ici même entre ces quatre murs, dans le blanc refoulé des yeux, nos seuls corridors aériens sous le ciel des idées, et espérant que la tradition d’un certain platonisme structurel, hygiénique et christianisé n’empêche pas de donner du sens au trio « poil, boue, crasse » qui heurtait le jeune Socrate, semble-t-il[4].

En 2008, Hébert semble décrire le legs de Derrida comme legs d’un mystagogue (un terme qui revient souvent dans le texte D’un ton apocalyptique), lorsqu’il écrit :

Heidegger, Derrida, avec leurs épigones de bonne foi ou montés aux mauvaises barricades. Glosettes de gloses, herméneutique de la componction. Industrie crachoteuse de phonèmes de concepts autour d’un petit dieu sylvestre ou d’un père putatif, aux exploits cryptiques[5].

En 1984, dans sa recension d’Otobiographies, Hébert nous invitait déjà à étudier « comment sont éconduites les énergies de jeunes lecteurs et lectrices jusqu’à demeurer en marge d’un vrai travail de réflexion »[6]. Je l’imagine donc douter du projet apparemment « clair et courant » de repérer les différences entre deux versions d’un texte de Maître Jacques!

D’une part, ma lecture de Hébert m’oblige à relier l’exercice qui consiste à lire D’un ton apocalyptique au questionnement des conditions et des effets de la lecture de Derrida, voire d’auteurs comme Derrida – nous pourrons bien entendu questionner ce que ce « comme » implique –, ici et maintenant. C’est en fait l’existence d’un certain mode de lecture qui me semble être en jeu : une lecture qui, si elle existe, n’introduirait aucune nouveauté, car elle consisterait en la répétition à l’identique de ce qui a déjà été pensé et écrit. Cette répétition augmenterait l’autorité ou la valeur des textes et des auteurs, mais sans produire de savoir nouveau ou de pensée originale. Dans cette perspective, on peut constater que la réception de Derrida au Québec s’accompagne d’une certaine vénération et qu’elle serait peut-être même une apocalypse, au double sens d’une catastrophe et d’une révélation, d’une catastrophe révélatrice et d’une révélation catastrophique de l’insistance d’un certain rapport colonial à la France ou à la pensée française. (Pour moduler la polémique, on sera tenté de demander : mais Derrida était-il « français »? N’a-t-il pas participé à questionner les « nationalismes philosophiques »? Passons.)

D’autre part, ma lecture du texte de Derrida comme la réponse qu’il a choisi de donner publiquement à ce qui avait toutes les apparences d’un hommage – celui offert par ceux et celles qui, pour une part épigones au sens étymologique de nés après, lui ont dit durant dix jours vouloir hériter de ses intuitions – m’incite à y chercher des énoncés sur cette pratique de l’hommage en philosophie. Pour ma part, ce qui se joue dans cette lecture c’est donc la possibilité d’apprendre quelque chose sur les conditions et les effets éventuels d’un hommage ou d’un contr’hommage pour ou même sur celui qui en est l’occasion. Le texte de Derrida me serait utile précisément car, ou plutôt, s’il aide à penser le caractère apocalyptique que peut avoir un hommage, sinon tout hommage, pour celui ou celle qui le reçoit et qui se fait dire qu’on veut hériter, alors qu’il ou elle travaille encore, peut-être plus que jamais. (Quand même, quelle impudence que l’énoncé : je cherche à hériter de toi!)

C’est donc mon hypothèse de lecture : D’un ton apocalyptique est la réponse de Derrida à l’hommage qui lui a été offert, et cette réponse énonce – dans un style très « derridien » – qu’il y a, dans le geste même de l’hommage, de tout hommage en tant que tel, quelque chose d’irrecevable pour qui doit néanmoins le recevoir, pour celui ou celle qui est ainsi célébré. Sur le plan de l’histoire des idées « françaises », posons donc que la décade de Cerisy fut une apocalypse pour Derrida, voire qu’elle fut l’étincelle qui favorisa l’intensification, sinon l’apparition, du « ton testamentaire » qui caractérisera plusieurs de ses textes publiés après juillet 1980 (ce qui ne signifie pas que ce « ton » ne se retrouve pas dans ses textes bien avant… question d’exégètes).

À cet égard, il importe de noter que Philippe Lacoue-Labarthe et Jean-Luc Nancy, les organisateurs de la décade, affirmaient explicitement dans leur invitation distribuée en 1979 et dans leur allocution d’ouverture en 1980 ne pas organiser un hommage :

Nous ne proposons ni un colloque thématique, ni la célébration d’une œuvre, ni le cadrage théorique d’un concept, ni l’autorité d’un nom[7].

[I]l n’est pas question, et il n’a jamais été question pour nous de verser dans le ridicule – ou la cruauté – d’une célébration. C’est du reste à cette condition aussi, à nos yeux principielle, que nous avons pu accepter la proposition du Centre de Cerisy – qui était d’ailleurs, d’emblée et très explicitement, la proposition d’un colloque « autour de » ou « à partir de » Derrida, mais non pas « sur » Derrida. Il va sans dire également que c’est à cette même condition que Jacques Derrida est présent parmi nous. […] Travailler « à partir de Derrida » ne signifie pas une quelconque inféodation doctrinale ou personnelle – quels que soient d’autre part les liens d’une amitié profonde (elle-même du reste issue de ce travail)[8].

Cependant, malgré les énoncés d’intention, il ressort de l’archive une atmosphère d’hommage, de célébration, de gala – et « gala », c’est justement le mot dont part D’un ton apocalyptique, puisque c’est (aussi) le mot hébreu qui est traduit en grec par apokalupsis. Pourquoi, sinon, Derrida parlerait-il d’apocalypse, à la fin de cette décade? Le titre Les fins de l’homme, attribué à l’événement, reprenait celui d’un texte prononcé aux États-Unis en 1968 dans un colloque international sur l’anthropologie philosophique et publié en 1972 dans Marges, avec des exergues de Kant, Sartre et Foucault sur l’homme comme fin et sur la fin de l’homme. Ce titre et la référence au texte de 68/72 suffisent-ils à rendre compte du choix de parler, cette fois-là, d’un ton apocalyptique?

Plutôt que de questionner, sans espoir d’une réponse définitive, les conditions nécessaires ou suffisantes d’un propos, il me semble plus intéressant ici de rappeler son contexte immédiat pour suggérer ce qu’a pu être son sens pour ceux qui l’ont d’abord entendu, et à qui le propos s’adressait le plus directement, ainsi que pour moduler ce que peut être son sens pour nous, ici-maintenant.

Il me semble intéressant de rappeler ou de remarquer qu’une des interventions dans le séminaire « Art » de la décade de Cerisy a traité explicitement de l’Apocalypse, avant la conférence finale de Maître Jacques. Les mots de Derrida entraient donc immédiatement en résonance avec cette intervention du jeune Michel Feher, intitulée « Apocalypse désormais : présentation du Voyant, du Voyeur, du Voyou »[9]. Ce texte propose une analyse d’Apocalypse Now à partir d’une tripartition hégélienne sans résolution. On tente désespérément de situer Derrida dans cette triade : le Voyant-Kurz (Marlon Brando), le Voyeur-Willard (Martin Sheen), ou le Voyou-Lance (Sam Bottoms, le surfer)? Relire Feher permet aujourd’hui de rappeler que 1979 fut l’année de sortie de ce film de Coppola, adaptation de Heart of Darkness de Joseph Conrad sur la scène de l’intervention américaine au Vietnam. Cela permet peut-être aussi de saisir pourquoi Derrida réfère au titre du film et même à certaines scènes d’hélicoptères dans son texte.

Le texte de Feher nous apprend aussi qu’en 1978, Gilles Deleuze a signé la préface de la traduction française par Fanny Deleuze du livre Apocalypse de D. H. Lawrence. Ce texte de Deleuze a été repris en 1993 dans Critique et clinique, sous le titre « Nietzsche et saint Paul, Lawrence et Jean de Patmos ». Derrida répondait-il à Deleuze? Il serait intéressant de comparer les deux textes – j’annonce d’emblée une préférence pour celui de Gilles, ici, si ce n’est que pour les développements sur la comparaison qu’établit Lawrence entre Jean de Patmos et les terrifiants mineurs gallois, et pour la distinction entre symboles (païens) et allégories (abrahamiques), l’Apocalypse transformant les premiers en seconds :

Le symbole ne veut rien dire, il n’est ni à expliquer ni à interpréter, contrairement à la conscience intellectuelle de l’allégorie. C’est une pensée rotative, où un groupe d’images tourne de plus en plus vite autour d’un point mystérieux, par opposition à la chaîne linéaire allégorique. […] [I]l n’a ni début ni fin, il ne nous mène nulle part, il n’arrive nulle part, il n’a surtout pas de point final, ni même d’étapes. Il est toujours au milieu, au milieu des choses, entre les choses. Il n’a qu’un milieu, des milieux de plus en plus profonds. Le symbole est un maelström, il nous fait tournoyer jusqu’à produire cet état intense d’où la solution, la décision surgit. Le symbole est un processus d’action et de décision; c’est en ce sens qu’il est lié à l’oracle qui fournissait des images tourbillonnaires. Car c’est ainsi que nous prenons une véritable décision : lorsque nous tournons en nous-mêmes, sur nous-mêmes, de plus en plus vite, « jusqu’à ce qu’un centre se forme et que nous sachions que faire ». C’est le contraire de notre pensée allégorique : celle-ci n’est plus une pensée active, mais une pensée qui ne cesse de remettre ou de différer. Elle a remplacé la puissance de décision par le pouvoir du jugement. Aussi veut-elle le point final comme un jugement dernier[10].

waco_burning

Le siège de Waco s’est déroulé du 28 février au 19 avril 1993.

Partant de cette remise en contexte, rappelons alors – image tourbillonnaire – que novembre 1978 a vu le massacre de plus de 900 fidèles de Jim Jones à Jonestown, en Guyane. Suivant arbitrairement les dates de publication du texte de Deleuze, remarquons aussi que pour sa part, 1993 accueillera le siège catastrophique de Waco au Texas, oscillant entre la constitutionalité des armes automatiques et une relecture au présent des Sept Seaux du Book of Revelation… Waco fut une instance exemplaire de « pyro-phétisme » – un mot que Derrida utilise seulement, dans la version du texte D’un ton apocalyptique publiée en 1981, quand il affirme justement qu’existe aux États-Unis une sensibilité accrue au ton apocalyptique et au messianisme, et que c’est là – ou ici – qu’on le questionne sur son ton apocalyptique.

En retraçant la réception D’un ton apocalyptique au Québec, on apprendra plutôt que Pierre Nepveu en fait une pierre de touche de L’écologie du réel, en 1988, lorsqu’il commence un chapitre par ces lignes (puis prend quatre ou cinq pages pour développer son analyse du ton à partir de Derrida en le citant longuement) :

La menace constante qui pèse sur la collectivité québécoise depuis la Conquête, menace à laquelle font écho les discours idéologiques de toutes les époques jusqu’à la nôtre, confère une tonalité et une crédibilité particulières à ce qu’on pourrait appeler, à la suite de Derrida, un certain « ton apocalyptique », un ton qui est, par excellence, celui de la littérature québécoise moderne, et qui traversait déjà, de part en part, les textes majeurs des années soixante[11].

Dans un texte resté inédit jusqu’en 2004, écrit autour des photographies prises à Jonestown et publiées dans Newsweek en novembre 1978, Hébert écrit pour sa part :

Le messianisme qui fascine depuis quelque temps philosophes et intellectuels très érudits est une idée noble, à la fois banalisée et dangereuse. On ne semble pas dissocier l’espoir du messianisme et le simple calendrier (des affaires humaines) desdites révélations bibliques. Jonestown comme l’exemple ou le contre-exemple obscène[12]?

En lisant D’un ton apocalyptique adopté, aujourd’hui dans la vallée du Saint-Laurent, il faudrait selon moi garder ces mots à l’esprit, et peut-être y ajouter les images vidéo de Waco – qui depuis sont le fonds des théories conspirationnistes, au sud –, avec leur apparence de répétition à l’identique et à l’infini (si une répétition à l’identique existe jamais). En refermant le livre de Derrida après l’avoir lu une première fois (la version de 1983, sans « pyrophétisme »), j’ai désiré – chose rare! – ouvrir la Bible et lire le dernier livre. Puis j’ai douté, et j’ai plutôt choisi de visionner les nombreux documentaires sur Waco disponibles en ligne. Signe des temps? J’aime croire que ce fut en vérité une sage décision.


Notes

[1] Communication prononcée le 23 mars 2015 à la Médiathèque littéraire Gaëtan-Dostie dans le cadre de l’atelier de discussion autour du livre D’un ton apocalyptique adopté naguère en philosophie de Jacques Derrida, « L’apocalypse toujours-déjà », organisé par François Gagnon.

[2] Robert Hébert, « Rationalité-N d’un colloque sur les N rationalités. Recension critique de Rationality To-day!/La rationaité aujourd’hui. Édité par T.F. Geraets, Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 1979 », Philosophiques, vol. 8, no 1, 1981, p. 139.

[3] Sur ce terme, voir l’introduction à Contr’hommage pour Gilles Deleuze. Nouvelles lectures, nouvelles écritures, sous la dir. de Dalie Giroux, René Lemieux et Pierre-Luc Chénier, Québec, Presses de l’Université Laval, 2009.

[4] Robert M. Hébert, « Question d’oreilles : Derrida et autres, Nipper et moi. Notes pour un écomusée », Trahir, juillet 2011, p. 6. Hébert précise : « Fragment revu d’une communication à l’UQTR (25 novembre 1981) intitulée : “L’ironie des commencements en philosophie québécoise : 12 cadeaux philologiques”. »

[5] Robert Hébert, « Philosophie fatale, libérations ou cogito du pauvre, ou Pourquoi j’écrivais », Conjonctures, no 45-46, 2008, p. 158.

[6] Robert Hébert, « Ombilic », dans L’homme habite aussi les franges, Montréal, Liber, 2003, p. 183. Cette recension critique est d’abord parue dans la revue Spirale (no 46) en 1984.

[7] Philippe Lacoue-Labarthe et Jean-Luc Nancy, « Textes de l’invitation à la décade (avril 1979) », dans Les fins de l’homme. À partir du travail de Jacques Derrida, coll. « Cerisy Archives », Paris, Hermann, 2013, p. 19-20.

[8] Philippe Lacoue-Labarthe et Jean-Luc Nancy, « Ouverture », dans Les fins de l’homme…, p. 11-12.

[9] Dans Les fins de l’homme…, p. 557-569.

[10] Gilles Deleuze, « Nietzsche et saint Paul, Lawrence et Jean de Patmos » [1978], dans Critique et clinique, Paris, Minuit, 1993, p. 64-65.

[11] Pierre Nepveu, L’écologie du réel. Mort et naissance de la littérature québécoise contemporaine, Montréal, Boréal, 1988, p. 155.

[12] Robert Hébert, « Jonestown », dans Novation. Philosophie artisanale, Montréal, Liber, 2004, p. 44.

Poster un commentaire

Classé dans Simon Labrecque

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s