Écosophie d’un bye bye, par Monsieur Rhésus, votre facteur de vérité

Par Robert Hébert

« Ce qui est mort ne tombe pas hors du monde. S’il y reste, c’est donc qu’il s’y transforme et s’y résout en ses éléments propres. Or, ces éléments se transforment à leur tour et ne murmurent rien. »

Marcus Aurelius, VIII, 18

Au catalogue des trivialités
on décime des populations entières
on abandonne des millions de cadavres au Congo
minerais maudits dans les gencives
Bataclan, cauchemar extra-musical
après d’autres mégapoles en sang
vingt-sept homicides par jour aux États-uniques
multiplié par six au Brésil
Tupi or not Tupi?
on oublie les osselets dans la gorge
quelques nuits de salive, cyprine et sperme compenseront
on copule, Journée mondiale de l’orgasme
piscines de lait à l’horizon

 

dizaines d’espèces animales disparues, en voie d’extinction
on découvre moult inexistants, démons et merveilles
titis de Milton, éponge carnivore
grenouille costaricaine sosie de Kermit
dendrogramma enigmatica
beautés photogéniques
tout ressurgit de notre abîme d’ignorance
on prophétise sur quelques degrés Celsius
Indifférente, la terre muette procédera, selon
zéro-failles, métamorphoses et tutti quanti
« elle » se fout d’être sauvée par des superego
croûte continentale, fonds marins
la terre est ton cerveau de mémoire stellaire
fissile, recyclable comme papier, putrescent
elle avale sans jamais rien avaliser
te rend à l’incandescence de tes responsabilités
tout nu

 

loi de l’ensevelissement
on découvre une cité antique dans le delta du Nil
on exhume des trésors étrusques
Village des tanneries lui-même écorché, détruit et vroum
si lointaines cavités
apparaît une salamandre géante de Chine
bicentenaire, indifférente aux feux de l’événement
née à la bataille de Waterloo
souvenirs de Fabrice dans La Chartreuse de Parme
1839, année où sont pendus douze Patriotes
légende d’un peuple-salamandre
peau visqueuse, couinements, reliquats d’empires
on a voté pour un Party Libéral de médecins charcuteurs
tradition des vaincus à l’inconscient cadastré, clivés
grosses larmes pour les amphibiens
experts en amphibologie

 

le Dieu mono-fantoche est le mensonge le plus dangereux
peuple élu, histoires de salut, no logo
Tsahal massacre démesurément, superbement
les rabbins pointent leur Torah
cardinaux mâles trônent dans une architecture de vide
djihadistes haïssent à mort, même les ruines
réfugiés coincés entre les vagues de la Méditerranée
et des murs de pays chrétiens
les rats-taupes nus émigreront au Moyen-Orient
nos héros de survivance
ce qui est mortifère ne passe pas hors du monde
mages, amuseurs publics, humanistes, philosophe de service
monnayent, turbinent au genre apocalypse
encore du sens à venir
ah! ma parole, utopissez

 

cosmos, ton esprit libre
au trou noir qui avale une étoile-gibier
escargots nains fantômes dans une grotte de Croatie
totum simul
la terre ne connaît pas de déchets ni le mot détritus
que du détriment humain s’agglutinant aux medias
l’escalade réflexive des artefacts
mais cela est aussi le seul monde
que fera surgir la lumière de chaque matin
hormis la sinistrose?
rester lucide
envers, avec ce qui existe

 

tu cherches la vérité
un nuage de probabilités de mots granulaires
discours second, dérivé, baveux, off-shore
analyses passées de date
les binômes se métamorphoseront encore
fais bouger les lignes du jugement
haute exigence, feu au cul
Monsieur Rhésus écrit avec son sang
celui qui coule dans les veines de tous et toutes
lape l’écume des statistiques et de la poésie
vis ce que tu enseignes
puis tu disparaîtras
glyphes, turbulences, signes, générosité
comme sur une toile de Tobey
le bord de décembre

cameraman3

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