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La violence, les casseur-e-s, la police et les anarchistes (ce genre de chose)

Par Pascale Brunet, Montréal

Qu’on se le tienne pour dit: les anarchistes font parti du mouvement étudiant.

Comme l’un des dénominateurs communs des anarchistes c’est d’être anti-autoritaire, il n’y a pas de petit guide du parfait anarchiste; pas de ligne de parti ni de code de conduite. Ça donne une mosaïque de tactiques, d’idées et d’opinions; quelque chose d’incroyablement vibrant, vivant et organique.

Certain-e-s brisent des affaires, d’autres pas. Le vandalisme, on pourrait aussi appeler ça de la réorganisation du mobilier urbain et de la décoration extérieure. Comparé au désastre environnemental dans lequel les compagnies privées nous ont plongés… quelques vitrines brisées et des tags sur des autos de police, c’est pas très grave. Une chose est sure: je n’ai jamais été en présence d’un black bloc qui compromettait ma sécurité physique.

Par contre, la police et l’État (ou plutôt l’État policier) compromettent constamment notre sécurité et notre santé en tentant de nous faire croire que la bonne chose à faire, c’est obéir et ne pas trop poser de questions. C’est eux qui s’habillent comme des paramilitaires et tirent à bout portant sur des foules de manifestant-e-s. C’est eux qui nous surveillent et nous traquent comme si on était des bêtes sauvages. C’est eux qui travaillent activement à maintenir l’ordre établi alors que celui-ci est ancré dans des systèmes d’oppressions racistes, (hétéro)sexistes, de classe, de capacité, etc.

C’est eux qui devraient prendre exemple sur nous et désobéir. La désobéissance civile c’est de la légitime défense.

Ceci étant dit, ça ne m’empêche pas de questionner les tactiques des black bloc: est-ce qu’illes instrumentalisent les manifestions à grand déploiement? Est-ce qu’illes accordent de l’importance au consentement? Est-ce qu’illes ont une analyse anti-oppression et si oui, de quelle façon cela teinte-t-il leurs actions? Les vitrines brisées, qui est-ce que ça emmerde le plus: le capitalisme et les compagnies privées ou les travailleur-e-s qui doivent nettoyer?

(Ce genre de chose.)

Parce que poser des questions c’est bien. Ça rend la vie incroyablement vibrante et vivante. Ça nous permet de devenir des empêcheur-e-s de tourner en rond.

Mais quand on tente de pointer du doigt les anarchistes comme les parias de notre beau mouvement social, quand on collabore avec la police pour faciliter leur arrestation, quand on tente de dépolitiser leurs gestes: ça me lève le cœur… Ça va faire les pacifistes autoritaires!

Magnifique intervention d’art public (ou de vandalisme, c’est selon) trouvée sur le site http://www.cecinestpasunepub.net/

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