Archives de Catégorie: Sophie Salin

La tâche du traducteur allemand des œuvres de Deleuze: une activité génératrice de simulacres et de plaisir?

Par Sophie Salin | article disponible en format pdf

Comment le traducteur peut-il traduire sans trahir, sans – pour parler avec Nietzsche – « y ajouter une interprétation »? Est-il possible de répondre à des exigences de fidélité à des textes d’auteurs qui s’inscrivent dans la mouvance des courants structuraliste et poststructuraliste français, courants qui connaissent un essor dans les années 1970-1980? Si oui, cette fidélité doit-elle être principalement fidélité à la forme ou au fond? Est-ce que traduire veut vraiment dire trahir pour un auteur tel que Deleuze dont les œuvres se placent sous le signe du devenir et du nomadisme? Deleuze n’a-t-il pas lui-même avoué qu’il « a fait des enfants dans le dos » aux auteurs qu’il étudiait? Deleuze n’aurait-il pas lui-même adhéré à la paronomase « tradutore, tradittore »? Ne fera-t-il pas pour cette raison dans ses écrits tardifs un constant éloge de Kafka et Canetti qui semblent avoir appris à l’instar de Proust à écrire comme dans une langue étrangère? Dans son ouvrage Dialogues, coécrit avec Claire Parnet, Gilles Deleuze rapproche l’écriture et le style de la question du devenir et du balbutiement ou tâtonnement dans une langue novatrice. Pour écrire, il faut « être comme un étranger dans sa propre langue ». Dès lors, entreprendre une traduction peut-il encore signifier selon Deleuze exercer une activité mimétique par rapport au texte original, reproduire l’original le plus fidèlement possible? [L’article est disponible en format pdf.]

Poster un commentaire

Classé dans Sophie Salin