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Dormir debout, ou Christian Rioux passant sa nuit à République

Par Jean François Bissonnette, Paris, le 48 mars

Place de la République

Place de la République, Paris

Dans sa grande sagacité journalistique, Christian Rioux s’est tantôt avisé d’aller fureter du côté de la place de la République, afin d’observer par lui-même l’étrange phénomène qui s’y déroule nuitamment depuis plus de deux semaines : Nuit Debout. Contrairement à son maître à penser, l’académicien Alain Finkielkraut, fortement chahuté lors de son récent passage en ce lieu, l’anonyme Rioux, dont seuls les lecteurs québécois du Devoir ont la malchance de connaître les penchants réactionnaires, put, lui, y déambuler à loisir, et vérifier l’un après l’autre chacun des préjugés qu’il avait savamment conçus à l’endroit de ce mouvement.

Éclairés par tant de bravoure, car vu des beaux quartiers parisiens, celui-ci peut paraître effrayant, ses lecteurs apprirent ainsi que Nuit Debout se distingue d’abord par son odeur. À travers les volutes graisseuses des grillades de ces « fast-foods » qui, c’est vrai, sont les seuls à y pratiquer la quête du profit, subtil, le nez de Rioux « respire » aussi les parfums rances de « l’ado en mal de transgression, [du] militant anticapitaliste, [de] l’anarcho féministe et [du] hipster écolo ». Chez Rioux, la caricature vaut principe de catégorisation ethnographique. Cela s’accorde d’ailleurs avec la drôlerie de l’ensemble, puisque ces personnages burlesques sont tous protagonistes de ce qui n’est de toute façon à ses yeux qu’une immense farce, qu’il baptise la « Comédie du Grand Soir ».

L’étourderie de ces clowns, qui s’émoustillent au milieu des « funambules » et autres « cracheurs de feu », déclenche ainsi l’hilarité mal contenue du chroniqueur. Car tel Bozo ayant perdu ses culottes, le participant à la Nuit Debout cherche quelque chose, mais quoi? Il « ne le sait pas trop », et Rioux non plus. Prétexte à ce rassemblement qui essaime partout en France, la « loi travail » tant décriée y passe pour le symptôme d’un malaise plus profond, difficile à nommer, mais en tous les cas cocasse et bénin. Et en effet, les orateurs s’y succèdent, chacun y allant de sa petite rengaine : qui parlant « des Panama Papers », qui « des migrants », qui encore « de la légalisation de la marijuana, de l’Europe et même des corridas et des droits des animaux ». Insignifiantes, les causes sont au reste si diverses qu’une chatte y perdrait ses petits.

Que de maladresse dans cette expérimentation d’une parole horizontale, revendiquant l’inexpertise! Que de balourdise dans cette volonté de problématiser nos conditions d’existence, suspendues au bon désir du capital! Que de gaucherie dans cet exercice visant à définir un principe commun, fédérateur des luttes! On se tord de rire devant tant de confusion, mais heureusement, « l’ambiance » y reste toujours « bon enfant ». Malgré son sourire narquois, Christian Rioux (CR) semble bien apprécier, tout de même, le « spectacle » de cette « vaste foire festive », à l’instar de ces « policiers affables » (CRS), « Indiens » de pacotille, « qui patrouillent gentiment aux abords de la place » et qui, « pour éviter que quelqu’un se fasse mal », confisquent tantôt l’équipement de sonorisation, tantôt la soupe destinée à la cantine qu’ils renversent dans le caniveau. Même leurs bombes lacrymogènes nous font pleurer de rire, c’est tout dire!

Le rire est rassembleur, c’est bien connu. Si l’on n’était sûrs de la distance critique qui garantit son objectivité, on aurait pu croire que même le scribe Rioux y avait lui aussi laissé libre cours à son propre « besoin de communion ». Comme envoûtés, saisis par une sorte de transe « mystique », tels des « dévots » au contact des primitifs sylvestres, avec leurs « rites », leurs « codes » et leurs « mystères », les nuit-deboutistes évoquent en effet ces formes élémentaires de la vie religieuse, comme le disait Durkheim, cette espèce de passion préréflexive, cette pure joie d’être ensemble, sur laquelle se fondent les communautés sociales. Loin de l’austère militance des communistes de naguère, loin aussi du ressentiment des partisans de Le Pen, la Nuit Debout cherche à fonder sa politique sur des affects joyeux.

Car c’est bien dans la joie, répétée soir après soir, de se retrouver ensemble et de mesurer sa force grandissante, que Nuit Debout puise ses énergies. Bien conscients des dangers de l’obnubilation narcissique – c’est peut-être en arpentant la place que Rioux a lu ou entendu cette phrase de Slavoj Žižek qu’il cite, tant on l’y réitère souvent –, ses participants se questionnent déjà, depuis le début, sur la manière de transcender « l’instant présent », pour convertir cette accumulation d’énergies en une puissance capable d’un « grand projet ». Si l’inquiétude du lendemain en rassemble les participants qui ont toutes et tous un sens aigu de la précarité générale, c’est aussi l’espoir de construire ensemble un lendemain autre que celui qu’on nous prépare, dans un éternel retour du même.

C’est bien pourquoi l’exigence d’une « démocratie horizontale » portée par le mouvement se fait aussi intransigeante; pourquoi celui-ci, dans un retournement affirmatif de l’apathie politique grandissante, prononce son divorce avec cette autre version, corrompue, de la « démocratie », celle qui a pour « corollaire inévitable, la représentation », et dont se gargarisent les chefs de tout poil. Car la représentation, cela veut dire, après tout, la séparation: cette séparation entre gouvernants et gouvernés, qui n’est que la réplique de toutes celles qui, entre décideurs et exécutants, entre patrons et salariés, entre intellectuels et manuels, entre actifs et chômeurs, entre nationaux et étrangers, font de la société un champ de lutte, d’inégalité et d’exploitation. Nuit Debout récuse ces divisions, et appelle à la convergence; à la redécouverte, voire à l’invention, de ce qui nous est commun.

Rioux n’entend dans cet appel que « le chant du cygne d’une extrême gauche qui ne mobilise plus personne et qui s’étiole ». Thèse contre-factuelle, s’il en est une, tant les milliers de jeunes et de moins jeunes qui se pressent à République et dans plus de cinquante villes en France manifestent la résurgence, inespérée et inattendue, d’une contestation radicale de l’ordre établi. Certes, pour l’instant, « ça ne coûte pas très cher », comme disait Žižek, et même les plus militants s’interrogent sur l’avenir de la chose. Mais le premier succès du mouvement sera non seulement d’être parvenu si vite à secouer l’espace public, obligeant tout un chacun, même parmi les plus réacs, à parler de ce qui s’y passe. C’est d’opérer déjà, dans la tête et le cœur de celles et ceux qui s’y sont sentis appelés, un changement de culture politique. La soif de se retrouver, de durer en témoigne : si ses effets sont imprévisibles à long terme, il n’est plus, en revanche, de retour en arrière possible.

À l’œil vieilli des chroniqueurs descendus des beaux quartiers, il n’y a là qu’insignifiance. D’où une lecture sens dessus dessous de ce qui se passe, qui interprète tout à l’envers. S’il y a une chose de comique, quand il est question de la Nuit Debout, c’est bien la pitrerie de ces scribouillards qui marchent sur leurs mains. « Dans le monde réellement renversé, écrivait l’auteur de la Société du spectacle, le vrai est un moment du faux. » Lui qui n’y voit que l’ultime avatar de ce phénomène critiqué par Guy Debord, Rioux fait ainsi de la vérité de Nuit Debout un artefact du mensonge qui lui sert de pensée.

La contradiction ne sert ainsi chez lui aucune dialectique, mais le seul contentement de soi. Aussi, quoi de plus « boboïsé », quoi de plus « individualiste » que cette passion du commun qui nous rassemble, hein Rioux? Toi qui rédiges ta chronique comme « un gigantesque selfie pour dire que “j’étais là” », l’as-tu sentie, toi aussi? Allez, avoue! Ça ne te fera pas de mal, et nous non plus, d’ailleurs. On est « une faune sympathique et gentille », après tout. Pour l’instant.

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D’un doute au détour d’une note: proposition spéculative sur le destin d’une copie manuscrite des Mémoires du cardinal de Retz disparue après 1959

Par Simon Labrecque

Nous pouvons nous proposer simplement d’enquêter sur la vérité. Plus précisément nous pouvons enquêter sur la diversité de ses énonciations.

Étienne Balibar, Lieux et noms de la vérité

 

 

I

Cet essai s’attache à formuler une proposition qui, peut-être, donne à penser. Cette proposition sera énoncée sous forme de question et soumise à une « enquête ». Je n’entreprendrai pas de démontrer sa vérité historique hors de tout doute raisonnable, cependant : je crois n’en avoir ni les moyens ni donc la volonté. Question idiote, alors? Ce ne serait pas plus mal.

Il ne s’agira certes pas de répondre ni de prouver au sens strict, mais il y a réponse et réponse; il y a preuve et preuve. Il s’agira principalement de penser, de relever des traces, de saisir l’occasion, d’éprouver même. Il s’agira de songer : et si…?

 

 

II

Commençons par établir les faits, comme on le dit encore.

Dans la « Notice sur le texte » qui accompagne l’édition « Folio » des Mémoires du cardinal de Retz (2003), né Jean-François-Paul de Gondi (1613-1679), l’éditeur Michel Pernot affirme, pages 998-999 :

On a recensé en tout sept copies [manuscrites du texte], les unes complètes (mais amputées de tout le début comme l’autographe), les autres partielles. Deux d’entre elles seulement ont été faites du vivant de Retz, sous son contrôle et se montrent donc proches de l’autographe[*]. Les cinq autres, postérieures à la mort du cardinal et dont deux sont aujourd’hui perdues[**], diffèrent de l’autographe sur certains points et diffèrent aussi entre elles. Mais elles sont indispensables car elles donnent, seules, le texte de la troisième partie.

En note infrapaginale, on peut lire :

[*] La première [des copies manuscrites faites du vivant de Retz], déposée à la Bibliothèque nationale sous la cote 10 328, est une copie partielle, exécutée sans doute par les moines de Saint-Mihiel (le format du papier à tranche dorée est identique à celui de l’autographe). La seconde fut établie à l’intention du meilleur ami de Retz, Louis-François Le Fèvre de Caumartin, qui y a porté ses observations.

Puis :

[**] L’une [des deux copies postérieures à la mort de Retz aujourd’hui perdues], complète, a appartenu au XIXe siècle à la famille Hachette et servi à la confection de l’édition des G.E.F. [Grands Écrivains de la France]. L’autre, partielle, découverte par André Bertière à la Bibliothèque municipale d’Ajaccio, a disparu après 1959.

C’est quant au destin de cette dernière copie que je souhaite formuler une proposition spéculative trouvant son origine dans un doute qui surgit à la lecture des passages cités. Et si la copie manuscrite partielle d’Ajaccio s’était retrouvée entre les mains de Guy Ernest Debord (1931-1994)?

 

 

III

La proposition que je formule sous forme de question est à vrai dire surdéterminée. Sur un plan auto-ethnographique, elle a certainement ses raisons, si ce n’est que, premièrement, c’est par Debord que je connus le cardinal de Retz. D’une manière générale, la fréquentation durable de l’œuvre du premier et la rencontre occasionnelle des commentaires qui l’entourent m’ont rendu le nom du second mémorable. Debord mentionne Gondi à plusieurs reprises, et le nom du cardinal mémorialiste est presque immanquablement cité, aux côtés de ceux de Machiavel et de Clausewitz, lorsqu’il est question de retracer les « influences » majeures de Debord, en particulier en ce qui a trait au soir de sa vie – lorsqu’il est question des sources, des auteurs clés du « dernier Debord », si l’on veut, mais en vérité tous trois sont présents très tôt dans ladite œuvre. Il est donc indubitable que Retz a une place dans la constellation Debord. S’il resterait à préciser et qualifier cette place, cette présence, entre autres en rapport avec celle d’autres stratèges notoires – un travail d’exégèse qui excède mon propos –, c’est bien elle qui m’a un jour – aujourd’hui même, ou hier déjà; un jour de mai en tous les cas – fait ouvrir les célèbres Mémoires. Quant à la singularité de cette ouverture et de ce qui précéda tout juste l’apparition du doute énoncé et discuté ici, admettons donc qu’il est peu surprenant de se remarquer lier ce qu’on lit un après-midi à ce qu’on feuilletait le matin même.

Si Debord surgit lorsque je commence à lire Retz, c’est donc sûrement que Retz ne surgit que lorsque je lus Debord. C’est peut-être tout… Est-ce à dire que mon soupçon quant au destin de la copie d’Ajaccio est pour cela irrecevable? Qu’il ne s’agit là que d’une fabulation futile et sans fondement, sans valeur ni principe? Je ne vois aucune nécessité à de telles conclusions. Mais il faut plus, assurément. Plus ou autre chose.

Je crois surtout que, dans le cas qui m’occupe – peut-être n’est-ce pas une véritable affaire –, il y va d’abord et avant tout d’une occasion et de sa saisie. Penser la proposition spéculative liant Debord et Retz à Ajaccio implique de penser son arbitraire, sa contingence et son absence de nécessité apparente; c’est également, plus largement, appeler à penser ce qui fait la recevabilité d’un questionnement, d’un doute. Comment distinguer fabulation futile et spéculation porteuse? Comment interroger ce qui aurait pu être et ce qui peut avoir ou ne pas avoir été? Peut-être ne devrait-on procéder que par exemples, par cas, par sites… En voici un.

 

 

IV

Et si, donc, la copie manuscrite partielle des Mémoires du cardinal de Retz qui disparut de la Bibliothèque municipale d’Ajaccio après 1959 s’était retrouvée entre les mains de Guy Debord?

Cette question semble principalement demander une prise en considération des conséquences de la facticité éventuelle de l’événement : et si… alors quoi? Cependant, c’est d’abord la possibilité et la plausibilité de cet événement que je souhaite évaluer puisqu’elles conditionnent toute conséquence imaginable. Que cette copie corse se soit retrouvée entre les mains de Debord ne me semble pas impossible, étant donné ce qu’il faisait à cette époque, ce à quoi il s’affairait; et cela ne me semble pas invraisemblable, étant « donné » Debord.

Sur un plan circonstanciel, en effet, on notera que décembre 1958 vit la publication dea Mémoires, de Guy Debord, édités par l’Internationale situationniste à Copenhague chez Permild & Rosengreen. En mars 1986, alors qu’il relève « autant que possible » les origines des détournements traversant le document, Debord indique que l’ouvrage fut composé « dans l’hiver 57-58 » à partir de matériaux antérieurs. Ce relevé est aujourd’hui publié dans l’édition « Quarto » de ses Œuvres (Debord 2006), à la suite d’une version facsimilée en noir et blanc des Mémoires. Mis à part le titre, Retz y fait quatre apparitions documentées :

Sous la rubrique « Décembre 1952 », d’abord, on trouve cette phrase : « Notez qu’à cette époque, les plus tristes côtés du personnage n’étaient pas connus comme ils l’ont été depuis par les aveux mêmes de ses Mémoires », dont l’origine est attribuée à une « note d’un manuel, sur les Mémoires de Retz » (p. 434);

Ensuite, sous « Septembre 1953 » on trouve cette autre phrase : « dans le feu des injures, des menaces, des exécrations et des blasphèmes », attribuée simplement à « Retz » (p. 442), puis ce long extrait :

Les romans à la mode leur avaient tourné la tête. Ils se prenaient eux-mêmes pour des héros de roman. « Ce mélange d’écharpes bleues, raconte Retz, de dames, de cuirasses, de violons qui étaient dans la salle, de trompettes qui étaient dans la place, donnait un spectacle qui se voyait plus souvent dans les romans qu’ailleurs; Noirmoutiers

« Je m’imagine que nous sommes assiégés dans Marcilly

—Vous avez raison, lui répondis-je… (p. 443)

La provenance en est attribuée à un « manuel d’histoire, sur la Fronde ».

Enfin, quelques pages avant la fin des Mémoires, on rencontre un petit collage de portraits désignés comme étant ceux de « Machiavel, Retz, Hegel, Marx, Fourier » (p. 444), réunis sur le fond d’une gravure qui semble dater du bas Moyen-Âge ou des débuts de la Renaissance.

On peut donc affirmer que Debord connaissait et s’intéressait déjà aux Mémoires de Retz à ce moment. Cela ne prouve rien, bien entendu. Mais cela donne à penser. Tiendrait-on un rapport?

Sur ce qu’il conviendrait d’appeler un plan de moralité, au sens où l’on parle encore en droit de « preuve » ou de « témoin de moralité », on remarquera par ailleurs que la proposition selon laquelle une copie manuscrite disparue aurait pu se retrouver entre les mains de Guy Debord ne semble poser aucun problème particulier. Un tel événement ne présente en effet aucune dissonance notable quant à ce que l’on croit généralement savoir sur les mœurs et inclinations de l’individu Debord et sur ce dont on le crut vraisemblablement capable, sinon coupable, voire quant à ce que ce dernier écrivit sur cette question.

Au contraire, on a même facilement l’impression qu’il y aurait là une harmonie remarquable – en particulier s’il s’agissait d’une copie manuscrite des écrits de Retz entre tous, excepté peut-être Lautréamont. L’idée séduit par ses multiples résonances. Elle s’accorde à ce qu’il faut assurément nommer la séduction de Debord, cette force qui n’est pas sans rapport avec le type d’affects entourant la mémoire de Retz lui-même et celle de figures similaires, « cette mauvaise réputation… ». Encore une fois, cela ne prouve rien. Mais tiendrait-on un caractère?

 

 

V

C’est généralement quant au style et en particulier quant au style de l’écriture que Debord se voit rapproché de Retz. On parle d’un ton (Grand Seigneur, comme le dirait Kant? Ou Apocalyptique, suivant Derrida?), d’une griffe, d’une posture. Il y va d’une mythocratie, d’un auto-panégyrisme, éloge de soi devant un peuple manquant. Mais il y va aussi d’un Grand Style (Perniola 1999) quant à l’action, au passage à l’acte, d’un savoir pratique, phronétique, du quand, du où et du comment de l’agir. Reconnaître et saisir l’occasion… C’est l’art de la guerre.

La découverte d’une copie manuscrite des Mémoires de Retz dans une bibliothèque municipale, lieu insulaire gardé par les prétoriens de l’Écrit dont il suffirait de détourner l’attention pour un instant, c’est une occasion rêvée. Il n’en faut pas plus pour que la pensée se mette en branle.

L’ébranlement – voilà peut-être de quoi il en retourne en fin de compte. Ce qui force à écrire, à tenter le coup, à éprouver. Même s’il n’en sort rien, en définitive.

 

 

VI

Après une série d’événements chargés d’ironie, incluant cocktails et levées de fonds (L’Express 2009), les archives de Guy Debord font leur entrée à la Bibliothèque nationale de France (BnF 2011), en tant que « trésor national ». Que le manuscrit s’y trouve – et qu’il se rapproche ainsi des documents de Retz que garde la Bibliothèque nationale – et tout est gagné. Mais qu’il manque toujours à l’appel ne saurait réfuter la possibilité imaginée ici. Si le document s’est retrouvé entre les mains de Debord, il se peut fort bien qu’il n’y soit pas resté, comme tant de verres. Allez y voir!

En guise d’accompagnement, je propose d’entendre quelques voix et de voir quelques images :

 

 


 

Documents cités

Balibar, Étienne. 1994. Lieux et noms de la vérité. Tour d’Aigues : Éditions de l’Aube.

BnF. 2011. « Les archives de Guy Debord entrent à la Bibliothèque nationale de France. » Communiqué de presse, 24 février [en ligne].

Debord, Guy [Ernest]. 2006. Œuvres. Paris : Éditions Gallimard (Coll. Quarto).

L’Express. 2009. « Debord en situation délicate. » 6 août [en ligne].

Perniola, Mario. 1999. « Guy Debord 3 : Debord et le cardinal de Retz » [en ligne].

Retz, Cardinal de. 2003. Mémoires, éd. Michel Pernot. Paris : Gallimard (Coll. Folio Classique).

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