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Sur l’acte choronymique dans les Relations de Jacques Cartier

Par Julien Vallières

Dessin du XVIIIe siècle représentant Jacques Cartier et sa femme, Catherine des Granges. Dessin extrait d’un album intitulé Raretés des Indes, par Louis Nicolas, fac-similé; Bibliothèque nationale, Paris. L’original se trouve au Thomas Gilcrease Institute on American History and Art, Tulsa, Oklahoma.

À l’occasion des commémorations entourant le 400e anniversaire du premier voyage de Jacques Cartier au Canada, la revue Le Canada français, une publication de l’Université Laval, dérogeant à sa politique éditoriale, inséra dans ses pages une pièce en vers, « La découverte du Canada »[1], un dialogue en un acte du malouin Eugène Herpin[2]. Si tant est qu’il fût lu, et sans doute il le fut, comme c’était une revue savante largement diffusée, ce délassement littéraire ne tarda pas à être oublié. L’unique scène montre un Jacques Cartier rajeuni, amant consumé d’amour pour une Catherine des Granches, sa fiancée, elle aussi présente, marchant main dans la main sur la grand’grève de Saint-Malo, au soleil couchant, lui, tenté de renoncer à son voyage pour les beaux yeux de sa dame, elle, le rappelant à son devoir de découvreur. Leur rencontre imprévue, au moment où Cartier est invité à décrire son « hardi projet » à la table du connétable des Granches, menace d’en compromettre la réalisation. Désormais Cartier n’a plus d’yeux que pour Catherine, « [s]on beau rêve d’hier envol[é] en fumée ». Catherine, par l’alchimie du verbe, cherchera les mots pour fondre l’amour et le devoir en lutte dans le cœur de Jacques, et, « charmante prophétesse », lui dépeint « cette scène bénie », « sur un riant vallon de la nouvelle France / [où il a] fait planter la croix d’Espérance ». « Dans votre âme, laissez chanter votre génie », dit-elle encore, « le devoir et l’amour! Mais c’est leur double flamme / que je vois, à la fois, illuminer votre âme. » Arrêtée dans son plaidoyer par l’émotion, Catherine se couvre des mains le visage pour cacher à son amant les larmes qu’elle ne retient plus. Jacques prend ses mains « baignées de larmes », et alors seulement, lui, sourd à ses paroles, touché d’un pleur, il « appr[end] le moyen qui seul peut rendre heureux » : sur le bateau dont il est « à la fois pilote et capitaine », il partira réaliser son rêve de « découvreur de mondes ».

 

Découvreur de mondes

Un tel titre, accolé au nom d’un explorateur européen navigant sur des voies d’eau américaines, ne s’impose plus désormais avec la même évidence au poète. Cartier, dira-t-on, n’a pas découvert le Canada. Des hommes qui, de leurs canots, ont fendu ses eaux avant que ne les eussent fendues les navires sous le commandement du pilote malouin et qui, de leurs pieds, ont foulé son sol avant que ne l’eussent foulé les marins français avaient parcouru le pays avant lui. Néanmoins, tout en me gardant de prêter au mot une extension sémantique trop large, qu’il me soit permis de militer pour la conservation de son usage en pareil cas. Ce descouvrement sur lequel s’achève[3] la première relation ne manque pas de poésie à mes yeux. Ne dirait-on pas que c’est un voile d’ignorance que lèvent, en partie, les expéditions dont le roi charge Cartier, un voile recouvrant un continent aux yeux de ceux-là qui, étrangers à lui, collectivement, commanditent ces expéditions? Cartier et son équipage abordent les côtes américaines en reconnaissance. Des relations de ses voyages, de la première, en particulier, cette « rhapsodie des caps et battures »[4], ressort le portrait d’un pilote prudent et explorateur méthodique. Plus d’une fois, Cartier ralentit la navigation, fait mettre les voiles bas et de travers pour, comme il est dit, « ce que voullions abvoir plus emple congnoissance dudit parroige »[5]. Il en résultera des relevés topographiques précis, et ces relations qui nous sont parvenues, lesquelles, publiées, donneront effectivement à découvrir à un public européen un monde nouveau.

 

Le merveilleux du hasard

Détail (1) d’une carte dessinée à Dieppe en 1544 par Pierre Desceliers, qui tient compte des découvertes de Cartier dans ses deux premiers voyages.

Dans un long poème en prose empruntant son titre au toponyme Toutes Isles forgé par Cartier[6], l’écrivain et cinéaste Pierre Perrault, par la voix du narrateur de son récit, qui entreprend un pèlerinage dans le sillage de la navigation de son illustre devancier, dit regretter appartenir à un monde clos où le merveilleux du hasard n’opère plus : « J’eus la mélancolie de ces hasards pour lesquels il n’est plus de fortune comme si les voiliers avaient épuisé avant notre venue tous les imprévus de l’espace. »[7] Ce merveilleux du hasard est indissociable du découvrement : la houle de l’imprévu agite la mer que fend le vaisseau de l’explorateur. Révolu, le monde ouvert auquel appartient le découvreur faisait place, dans son économie, à ces hasards fortunés qui, encore agissants à la Renaissance, ont conduit à la découverte du Canada[8]. Ainsi, lors de son premier voyage, Cartier y vint naviguer, sur ordre du roi, pour y chercher certaines îles où, croyait-on, il devait se trouver quantité d’or et de richesses. S’il y trouva plutôt la voie de pénétration idéale dans la partie septentrionale du continent américain qu’est le fleuve Saint-Laurent, c’est accidentellement. Après avoir exploré en vain la baie des Chaleurs pour y trouver un passage[9], il en manque l’entrée et croit voir, dans l’île d’Anticosti, le prolongement de la péninsule gaspésienne[10]. Ce n’est qu’une fois contourné cet obstacle qu’il atteint le détroit qui, au nord, ouvre le passage aux eaux du fleuve et s’y engage[11]. Mais il lui faut s’en détourner et rentrer en France par crainte du mauvais temps[12]. Survient la rencontre fortuite d’indigènes qui s’en retournent dans leur pays à eux, au-delà du détroit que viennent de quitter les Français[13]; dès ce moment, Cartier sait qu’il y a une voie d’eau navigable pénétrant plus avant dans les terres et, lors de son second voyage, il s’engage résolument dans le détroit.

 

Es pais Accidentaulx

La première édition du Brief recit de la deuxième relation présente de nombreuses erreurs de transcription et coquilles, parmi lesquelles il en est une, cependant, remarquable non moins qu’heureuse, tant on se demande si on n’est point en présence d’un jeu de mots délibéré[14] : pour désigner le fabuleux Royaume du Saguenay et les pays au-delà, au lieu de l’adjectif occidentaulx est imprimé Accidentaulx[15]. Le copiste responsable de cette apparente erreur fut bien inspiré! Ne dirait-on pas que les pays Accidentaulx, ce sont les Amériques au grand complet, continent inattendu et obstacle terrestre qu’on ne cessa pas, sitôt découvert, de vouloir contourner pour trouver la route maritime la plus courte vers le Cathay? Pays abordés et traversés à la poursuite de merveilles, comme la terre du Saguenay était censée en receler[16]. Toponyme fortuit ou délibéré, il convient de le récupérer pour désigner ce Canada découvert par le capitaine Cartier sous le signe, dirait-on, de l’accident, à la faveur d’une méprise et d’un hasard.

 

Je nomme icelle…

Détail (2) d’une carte dessinée à Dieppe en 1544 par Pierre Desceliers, qui tient compte des découvertes de Cartier dans ses deux premiers voyages.

Cartier explorant le pays depuis le pont d’un bateau, les éléments géographiques auxquels il confère une dénomination appartiennent à la configuration littorale du golfe du Saint-Laurent et de la vallée laurentienne, soit qu’il s’agisse de havres et de baies, utiles à l’ancrage, soit, le plus souvent, d’îles et de caps, autant de points de repère pour la navigation. L’acte choronymique[17] s’accompagne habituellement, dans les relations des trois voyages, de l’exposé circonstancié des raisons qui ont mené au choix d’une dénomination. Cartier, offrant à son lecteur ces explications, transmet les clefs d’interprétation des noms qu’il donne et fournit des indications utiles au repérage de ceux qui viendront à sa suite. Lorsqu’une caractéristique du paysage ou un incident n’appellent pas une désignation particulière, le calendrier des fêtes des saints de l’Église catholique supplée à l’inspiration du marin. Ces noms acquièrent, de ce fait, une double fonction de repères, tant géographiques que chronologiques, et, par suite, rendent aisées la datation de la découverte du lieu et la reconstitution de l’itinéraire de l’expédition à même l’étude des cartes. Quelques noms encore sont attribués en hommage à une personnalité de l’époque, à un membre de l’équipage ou à un proche parent. S’en tenant à la première relation, parmi les toponymes dus à Cartier, on peut relever les exemples qui suivent, répartis en quatre groupes[18].

Du premier groupe

Nous passames par my les isles qui sont en si grant nombre qu’il n’est possible les sçavoir nombrez […] Lesdites isles furent nommees Toutes Isles.[19]

nous congneumes que s’estoit terre ferme dont y avoit gros cap double l’un par dessurs l’autre et pour ce le nonmames Cap Double.[20]

trouvames des terres à montaignes moult haultes et effarables entre lesquelles y a une apparoissante estre comme une granche et pour ce nonmames ce lieu les monts de Granches.[21]

une baye plaine de isles rondes comme coulonbiers et pour ce leur donnames à nom les Coulonbiers[22]

Icelles isles [étaient] aussi plaines de ouaiseaux que ung pré de herbe qui heirent au dedans d’icelles isles dont la plus grande estoit plaine de margaulx […] Nous nommanes icelles isles isles de Margaulx.[23]

Leur terre est en challeur plus temperee que la terre d’Espagne et la plus belle qui soict possible de voir et aussi eunye que ung estanc. […] Nous nonmames ladite baye la baye de Chaleur.[24]

Ces toponymes ont été dictés par une caractéristique de l’environnement. Dans la majorité des cas, elle est paysagique, tel que le donne à lire le récit de découvrement de Toutes Isles, du cap Double, des monts des Granges, des Colombiers. La caractéristique peut également être faunique, comme dans le cas des îles des Margaulx. Quant à la baie des Chaleurs, elle doit son nom à un microclimat. Les cas des Islettes[25], du cap Pointu[26], du cap de Latte[27], de l’île Allezay[28] peuvent être mentionnés aussi au nombre des toponymes du groupe.

Du deuxième groupe

une belle ripviere de peu de fons où vysmes des barques de sauvaiges qui traversoinct ladite ripviere qui pour ce fut nommee ripviere de Barcques.[29]

un autre [cap] […] qui fut nommé le cap de Sauvaige[30]

Le cap de ladite terre du su fut nommé Cap d’Espérance pour l’espoir que nous abvions de y trouvés passaige.[31]

[eulx] viendrent avec deux barques envyron douze hommes lesquelz vindrent aussi franchement à bort de noz navires que s’ilz eussent esté Françoys. Ilz nous firent entendre […] qu’ils estoient au cappitaine Thiennot, lequel estoit sur ledit cap […] Nous nonmasmes ledit cap le cap Thiennot.[32]

Déterminés par une circonstance advenue au moment de la découverte des lieux, ces toponymes présentent un nombre plus limité de cas. Cette circonstance peut ressortir à la survenue d’un incident, comme cette rencontre fortuite avec des indigènes qui provoque le double baptême de la rivière des Barques et du cap du Sauvage, et cette autre rencontre avec des indigènes au large de la Côte-Nord qui entraîne l’attribution du nom d’un présumé capitaine au cap Thiennot. Circonstance d’un autre ordre, c’est pour avoir suscité un sentiment d’espoir chez Cartier et ses compagnons que le cap d’Espérance porte son nom.

Du troisième groupe

nous trouvames ung bon hable, qui fut nommé sainct Anthoine.[33]

nous eumes congnoissance d’un cap de terre […] et pour ce que s’estoit le jour monseigneur sainct Jehan le nonmames le cap Sainct Jehan.[34]

congneumes que c’estoict une baye qui a environ vignt lieues de parfont et autant de traverse. Nous la monmames la baye Sainct Lunaire.[35]

Et le quart jour dudit moys jour St Martin rengeames ladite terre du nort pour trouver hable et entranmes en une petite baye et conche de terre toute ouverte de vers le su où il n’y a aulcun abry dudit vant et la nonmames la conche Sainct Martin.[36]

Et pour ce que le jour saint Pierre nous entrasmes dedans ledit destroit nous le nonmasmes le destroyt Saint Pierre.[37]

Ces toponymes appartiennent tous au même genre et leur attribution est régie par un même principe. Ce sont des hagionymes, ou noms de saints, que la tradition catholique commémore en associant leur martyre aux jours du calendrier et dont Cartier se sert pour nommer certains lieux, par convention, suivant la date à laquelle est survenue leur découverte. Le havre Saint-Servan[38], la rivière Saint-Jacques[39], la baie Saint-Jullian[40], les caps Saint-Pierre[41] et Saint-Loys[42] peuvent être ajoutés à la liste des toponymes du troisième groupe signalés dans les récits de découvrement reproduits.

Du quatrième groupe

Je nomme icelle isle Saincte Katherine[43]

ung aultre hable […] lequel je pencze l’un des bons hables du monde. Et iceluy fut nommé le hable Jacques Cartier.[44]

ung cap qui demeure au su ung quart du surouaist qui fut nommé Cap Royal[45]

Cestedite ille est la milleure terre que nous ayons veu […] Celle isle fut nommee l’ille de Bryon.[46]

il luy a ung beau cap que nous nommames Cap du Daulphin pour ce que c’est le commancement des bonnes terres.[47]

ung cap de terre moult beau nommé Cap d’Orleans.[48]

Ces toponymes proviennent de noms ou de titres de personnes. Les motifs qui dirigent leur attribution ne relèvent pas de la géographie, mais de la politique. Conférant une dénotation topographique à leurs anthroponymes, Cartier rend de la sorte hommage à son épouse, Catherine, dont il voile l’identité en adjoignant à son nom l’épithète sainte, au roi et à ses fils aîné et puîné, le Dauphin et le duc d’Orléans, ainsi qu’à un amiral de France qui délivra sa commission, Philippe Chabot, seigneur de Brion. Il s’associe lui-même à un havre paraissant à ses yeux exercés de marin « l’un des bons hables du monde »[49].

 

Parachever le procès de découvrement

À la différence du conquérant, dont le rapport au territoire est un rapport de possession, le découvreur établit avec celui-ci un rapport de connaissance. Ce dernier ne s’exprime nulle part mieux que dans la série des actes choronymiques par laquelle le découvreur parachève le procès de découvrement en désignant, à la connaissance universelle, les lieux qu’il nomme. Donner un nom aux lieux inédits les dérobe à « l’obscurité sans nom »[50], leur consacre une existence à la lumière du langage. Capitaine de son expédition, c’est à Cartier qu’échoit la responsabilité solennelle de révéler les lieux en leur conférant une dénomination. Une obligation à laquelle il ne déroge pas dans les Relations et, en particulier, dans la relation du premier voyage où l’acte choronymique ponctue avec régularité le texte. Pénétrant dans des terres inconnues des Européens, les langues indigènes et la désignation de l’espace, propre à ces langues, ignorées de lui, Cartier attribue à chacune des étapes de son périple des noms qui traduisent sa perception du territoire qu’il est chargé d’explorer[51]. À bientôt cinq siècles de distance d’une œuvre considérable sous plusieurs points de vue, maintes dénominations conférées par Cartier subsistant, cet apport fondateur à la toponymie du pays laurentien s’avère être le legs le plus durable et le mieux partagé de sa navigation.

…Et quand il sera vieux, le découvreur de mondes

Il aimera conter l’histoire d’une larme

Ce que fut sa puissance et ce que fut son charme :

Pour le roi, pour la France : un monde et tous ses biens;

Et pour Dieu, pour le ciel, un peuple de chrétiens.[52]


Notes*

* Les références dans les notes sont abrégées. On consultera la bibliographie pour des notices complètes.

 

[1] « La découverte du Canada », Le Canada français, 1934, p. 451-454. Les citations suivantes sont toutes extraites de cette pièce.

[2] Eugène Herpin (1860-1942), avocat, publiciste et historien de Saint-Malo.

[3] Jacques Cartier, Première relation, ch. 24 : « Fin du descouvrement ».

[4] Michel Bideaux, « Introduction » aux Relations de Jacques Cartier, 1986, p. 70.

[5] Première relation, ch. 14.

[6] Ibid., ch. 7 : « Lesdites isles furent nommees Toutes Isles. »

[7] Pierre Perrault, Toutes Isles, 1963, p. 52.

[8] Jean-Claude Lasserre, « Jacques Cartier et le Saint-Laurent », Études canadiennes / Canadian Studies, 1984, p. 137-139.

[9] Première relation, ch. 18 : « … esquippames nosdites barcques pour aller descouvriz ladite baye… »

[10] Ibid., ch. 21 : « pour ce que depuis l’entree de ladite riviere estoit la terre rengee faisant une baye en maniere de demy cercle dont avyons veues de toute la couste de noz navires. En en faisant la routte vynmes querir ladite terre… »

[11] Ibid., ch. 22 : « Nous rangasmes lesdites terres tant d’une part que d’aultre faissant le noruoest pour veoyr s’il c’estoit baye ou passaige… »; ch. 23 : « nous entrasmes dedans ledit destroit… »

[12] Ibid., ch. 23 : « assemblasmes tous les cappitaines pillottes maystres et compagnons pour avoyr l’opinion et advys […] Apres lesquelles oppinions prinses fusmes arrivez large à nous en retourner. »

[13] Ibid., ch. 23 : « Ilz nous firent entendre qu’ilz venoyent de la Grant Baye et qu’ilz s’en retournoyent en leur pais devers là où nous venyons… »

[14] Mireille Huchon, Le français au temps de Jacques Cartier, 2006, p. 77.

[15] Brief recit…, p. 40-41 [Deuxième relation, chapitre 19] : « qu’il estoit bien desliberé de mener ledict seigneur en France pour cōpter & dire au Roy ce qu’il auoit veu es pais accidentaulx, des merueilles du monde. »

[16] Ibid.

[17] De choronyme : nom d’espace ou de lieu. Christian Morissonneau, auquel j’emprunte ce mot, l’emploie pour désigner l’acte de dénomination. Voir Le langage géographique de Cartier et de Champlain, 1978.

[18] Faute d’interprètes lors de ce premier voyage, aucun nom indigène n’est rapporté dans la première relation. Il en est en revanche quelques exemples, certains devenus courants, dans les deuxième et troisième relations. Toutefois Cartier prend acte, en ces cas-là, de noms existants. Quoique leurs désignations nous soient connues parce qu’ils sont mentionnés dans les Relations, ces lieux ne sont pas, par conséquent, dénommés par l’explorateur.

[19] Première relation, ch. 7.

[20] Ibid., ch.  9.

[21] Ibid.

[22] Ibid.

[23] Ibid., ch. 12.

[24] Ibid., ch. 18.

[25] Ibid., ch. 6.

[26] Ibid., ch. 9.

[27] Ibid.

[28] Ibid., ch. 13.

[29] Ibid., ch. 14.

[30] Ibid.

[31] Ibid., ch. 16.

[32] Ibid., ch. 23.

[33] Ibid., ch. 8.

[34] Ibid., ch. 11.

[35] Ibid., ch. 15.

[36] Ibid., ch. 16.

[37] Ibid., ch. 23.

[38] Ibid., ch. 8.

[39] Ibid.

[40] Ibid., ch. 9.

[41] Ibid., ch. 13.

[42] Ibid., ch. 22.

[43] Ibid., ch. 5.

[44] Ibid., ch. 8.

[45] Ibid., ch. 9.

[46] Ibid., ch. 12.

[47] Ibid.

[48] Ibid., ch. 14.

[49] Ibid., ch. 21.

[50] André Berthiaume, La découverte ambiguë, 1976, p. 70.

[51] Morissonneau, op. cit., p. 15. Je paraphrase un peu; Morissonneau ne fait toutefois pas de distinction, dans son propos, entre Cartier et Champlain.

[52] Eugène Herpin, op. cit., p. 454.

 

Bibliographie

Berthiaume, André, La découverte ambiguë : essai sur les récits de voyage de Jacques Cartier et leur fortune littéraire, Montréal, Pierre Tisseyre, 1976.

Cartier, Jacques, Relations, édition critique par Michel Bideaux, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, collection Bibliothèque du Nouveau Monde, 1986.

Cartier, Jacques, Brief recit, & succincte narration, de la nauigation faicte es ysles de Canada, Hochelage & Saguenay & autres, auec particulieres meurs, langaige, & cerimonies des habitans d’icelles : fort delectable à veoir, document électronique numérisé par la BNF, reproduction de l’édition de Paris, Ponce Roffet dict le Faucheur & Anthoine le Clerc freres, 1545.

Herpin, Eugène, « La découverte du Canada », Le Canada français, deuxième série du Parler français, vol. XXI, no 5, janvier 1934, p. 451-454.

Huchon, Mireille, Le français au temps de Jacques Cartier, présentation de Claude La Charité, Rimouski, Tangence, collection Confluences, 2006.

Lasserre, Jean-Claude, « Jacques Cartier et le Saint-Laurent : hasards et grandeurs d’une “découverte” », Études canadiennes / Canadian Studies, n17, décembre 1984, p. 137-148.

Morissonneau, Christian, Le langage géographique de Cartier et de Champlain : choronymie, vocabulaire et perception, avec la collaboration de Henri Dorion, Québec, Presses de l’Université Laval, coll. Choronoma : 7, 1978.

Morissonneau, Christian, « L’œuvre de Jacques Cartier », dans Le Monde de Jacques Cartier : l’aventure au XVIe siècle, éd. Fernand Braudel, Montréal, Libre-Expression, et Paris, Berger-Levrault, 1984, p. 289-294.

Perrault, Pierre, Toutes Isles, chronologie, bibliographie et jugements critiques, Montréal, Fides, coll. Bibliothèque canadienne-française, 1963.

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Autochtones/immigrants: quelques notes sur la critique d’une remarque du Gouverneur général

Par René Lemieux

Le 17 juin, lors d’un entretien à l’émission The House, le Gouverneur général du Canada, Son Excellence le très honorable David Johnston, a affirmé ceci à la veille de la Journée nationale des Autochtones :

We are a people who looks beyond the individual to the collectivity, and have as one of our very fundamental tenants [sic] that life should be better not only for ourselves and our immediate family but for others.

We’re a country based on immigration, going right back to our, quote, Indigenous people, unquote, who were immigrants as well, 10, 12, 14,000 years ago.

And almost all who’ve come here have come with a firm determination that life shall be better for their children and their grandchildren, and that’s expanded beyond their immediate family[1].

L’équation entre les Autochtones et les immigrants a vite fait le tour du web dans le Canada anglais, moins rapidement en français. Pour de bonnes raisons, la remarque du Gouverneur général choque : affirmer que les Autochtones sont, comme tout le monde, des immigrants, ce n’est pas seulement éliminer une différence essentielle du droit canadien – ce qui est particulièrement inquiétant de la part d’un ancien professeur de droit qui se prétend spécialiste du droit constitutionnel –, c’est en outre s’attaquer au fondement de la relation de nation-à-nation.

Or, la remarque n’était pas nouvelle. Il y a environ un an, Jason Kenney, alors député conservateur à la Chambre des communes, avait eu des propos comparables :

Si plusieurs ont déjà très bien répondu au Gouverneur général – comme on l’avait fait il y a un an à Jason Kenney –, un article de Vice, « The colonial history behind the Governor General’s “quote-Indigenous-people-unquote” comments » par Justin Ling, me semble, dans sa critique de la remarque, erroné à plusieurs égards. À travers une défense de la singularité des peuples autochtones, l’article vient compliquer l’interprétation de leurs droits sans véritablement les défendre. Il s’aventure dans une lecture archéologique qu’il ne maîtrise pas et, ce faisant, en arrive, sans s’en apercevoir, à soutenir la thèse selon laquelle « nous sommes tous des immigrants ». Je me propose de répondre à cet article à partir d’une idée très simple : le droit des Autochtones ne s’appuie pas d’abord sur l’archéologie, mais sur un système colonial qui définit une différence à travers la reconnaissance. S’il y a différence entre Autochtones et immigrants, cette différence se situe sur le plan du droit et doit se penser dans ses termes.

  1. L’archéologie ne répond pas au problème de classification du droit

Après avoir décrit la remarque du Gouverneur général et les réponses qu’il a obtenu, l’auteur de l’article, reprenant des travaux récents en archéologie, tente d’expliquer la thèse de l’arrivée des Amérindiens en Amérique à partir de la mer plutôt que de la terre (par le détroit de Béring). Il écrit :

It’s possible that those early settlers travelled down the coast by boat.

That idea blows apart the existing narrative that Indigenous people walked across a land bridge fairly recently (at least in terms of ancient history) because they were incapable of sailing – which has always fit into a particularly colonialist historical perspective.

L’auteur semble penser que la découverte de la route par la mer est récente, et que ce nouveau « récit » (narrative) vient complètement remettre en question la « perspective historique colonialiste ». Mettons d’abord au clair un point essentiel : la thèse d’une arrivée des Amérindiens par la mer n’est pas du tout récente. À ma connaissance, on la retrouvait déjà dans les années 1970. Dans Les premières nations du Canada d’Olive Dickason (qui date un peu, mais c’est justement ce qui importe), on retrouve cette thèse :

Pour revenir à la façon dont sont arrivés les hommes dans les Amériques, notons que, même si la Béringie permet une traversée commode à pied, rien ne nous autorise à conclure qu’elle constitue la seule voie praticable ou utilisée. Pas plus qu’il n’y en a de croire que les habitants de Béringie sont confinés à terre et se désintéressent de la riche vie marine côtière ou hauturière. La mer aussi offre des choix; dans le Pacifique le Kuro-Shio (ou fleuve Noir), courant qui remonte la côte asiatique vers l’est en direction des Amériques, fournit une voie navigable et naturelle qui ne présente pas des difficultés insurmontables. L’argument selon lequel les humains de cette lointaine période n’ont pas encore mis au point des techniques leur permettant d’entreprendre une traversée sous des cieux arctiques incléments est, en mettant les choses au mieux, ténu, tout particulièrement à la lumière des voyages en mer qui ont eu lieu sous d’autres latitudes. On peut aussi faire valoir que la navigation en haute mer est à maints égards moins périlleuse que le cabotage, et que l’une et l’autre sont moins fatigants que la marche![2].

L’auteur de l’article de Vice n’a évidemment pas tort sur la question archéologique, mais il ne fait que répéter du connu en s’imaginant lui-même très anticolonialiste. L’originalité de l’article qu’il cite[3] est moins d’affirmer la thèse d’une arrivée par la mer qu’elle est d’infirmer celle du passage par la Béringie. Certaines des interventions de Ling, qui parsèment son texte, sont toutefois simplement erronés pour quiconque connaît un peu l’histoire du peuplement des Amériques. Par exemple, il écrit, se basant sur un archéologue :

The belief that Indigenous peoples couldn’t have figured out how to cross an ocean underpins a core fallacy in a bulk of academia: Western superiority. After all, Europeans didn’t cross an ocean until the 16th century, writes Ewen.

Pardon? Sans parler du peuplement des îles du Pacifique par les peuples polynésiens, fait qui me semble quand même assez connu, y a-t-il seulement quelqu’un quelque part qui ne connaît pas encore l’histoire de l’établissement temporaire vikings à l’Anse-aux-Meadows?[4] On pourrait simplement voir là le texte d’un journaliste un peu trop pressé qui s’y prend mal dans sa tentative d’être un allié anticolonialiste. La chose me semble plus grave lorsqu’on prend en considération les conséquences de son discours, aussi erroné soit-il.

On ne peut pas comprendre la situation des peuples autochtones au Canada ou ailleurs si on la pense simplement en termes de chronologie (ou même de qui est arrivé avant l’autre[5]). Ce qu’il faut prendre en compte, c’est comment le droit nous définit. À cet égard la question à se poser ne devrait pas être quand êtes-vous arrivés?, mais comment êtes-vous catégorisés par l’État?

  1. Un enjeu de définition juridique

L’archéologie en tant que telle apporte peu à la discussion juridique, sinon lorsqu’elle est elle-même reprise par le droit (par exemple dans des causes de revendication territoriale). Être « là » ne serait-ce qu’une année avant l’établissement (settlement) de l’État suffirait à une revendication de droit autochtone[6].

Dans ce qui semble être, selon lui, le point fort de son article, Ling écrit, citant un autre anthropologue :

MacEachern notes that the new research doesn’t necessarily destroy the Bering Strait theory, but instead improves it – reconciling the theory with evidence the continent may have been populated anywhere from 14,500 to 20,000 years ago.

Not, exactly, the Governor General’s “10, 12, 14,000 years ago.”

Pour 500 ans de décalage entre le terminus post quem de l’un et le terminus ante quem de l’autre, ça ne valait peut-être pas la peine d’aller chercher un commentaire d’un archéologue et d’écrire un texte sur le sujet. Le problème de la remarque du Gouverneur général, ce n’est pas les années mentionnées, mais le terme « immigrant » utilisé. « Autochtones » (ou en anglais « Aboriginal » et maintenant « Indigenous ») est un nom donné à des nations qui possèdent des droits qui diffèrent des autres (parfois appelés « Allochtones »). Cette reconnaissance des droits est faite par l’État à travers son système juridique (constitution, lois, règlements). Je cite un article scientifique fort connu qui donne, dans le cas américain, une très bonne définition préliminaire de la différence :

Settlers are not immigrants. Immigrants are beholden to the Indigenous laws and epistemologies of the lands they migrate to. Settlers become the law, supplanting Indigenous laws and epistemologies. Therefore, settlers nations are not immigrant nations[7].

Plus loin, dans un contexte plus étatsunien, Tuck et Wayne Wang mentionnent les « people of color » amenés de force pour fournir une main d’œuvre à l’État colonial. Ce ne sont pas des immigrants eux non plus. La situation canadienne est quelque peu différente, même si l’esclavage a existé ici également. Une autre triade s’est formée avec une certaine reconnaissance progressive du fait français. Il n’est qu’à regarder comment l’ordre juridique canadien catégorise ses « types ». Les « Indiens » sont une compétence fédérale au même titre que le divorce, la poste ou les poids et mesure (Loi constitutionnelle de 1867, art. 91(24)). Les « Autochtones » – autre dénomination, plus récente –, comprenant les Indiens, les Inuits et les Métis, sont aussi reconnus constitutionnellement, mais depuis 1982 (art. 35). La reconnaissance du bilinguisme canadien est postérieure à l’établissement de la confédération, avec la Loi sur les langues officielles de 1969, mais constitutionnalisée dans la Loi constitutionnelle de 1982 (art. 16 à 22; art. 23 pour le droit à l’éducation dans une langue minoritaire). Les immigrants sont une autre catégorie qui possède ses propres lois et règlements (Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, Loi sur le multiculturalisme canadien de 1985, reconnaissance du multiculturalisme dans la Charte, art. 27). La « triade » canadienne a ceci de particulier qu’elle reconnaît deux types de « settlers » (les Francophones et les Anglophones, selon la théorie des deux peuples fondateurs). Dans l’état actuel du droit constitutionnel, les peuples autochtones ne sont donc pas 1) des peuples fondateurs de l’État; ni 2) des immigrants[8].

Ainsi, la terminologie compliquée suit le développement de l’État colonial. Au sens du droit, « Autochtones » n’est pas plus respectueux qu’« Indiens » ou « Sauvages » (la première traduction officielle de Indians), ces mots ne sont que l’interprétation d’une reconnaissance plus ou moins officielle de l’État. Cela signifie aussi que cette terminologie est temporaire et qu’elle changera forcément pour suivre le droit constitutionnel[9].

  1. Remettre en question l’idéologie coloniale

L’auteur de l’article du Vice suggérait qu’une idéologie occidentale était à l’œuvre lorsque des représentants de l’État comme le Gouverneur général parlaient des Autochtones. Si je peux convenir qu’une telle idéologie est à l’œuvre, il faut savoir bien la situer. Elle ne se trouve pas dans l’archéologie ou le nombre d’années qui se sont écoulées depuis l’arrivée des premiers peuples en Amérique (et les découvertes récentes changent peu de choses quant au droit), mais dans la structure politique et juridique qui catégorise ces peuples. À cet égard, l’auteur de l’article passe un peu trop rapidement sur les excuses du Gouverneur général* :

En réponse à ce tweet, l’auteur ne mentionne qu’un tweet de Chelsea Vowel.

Il y a là, je pense, un nouveau débat, beaucoup plus problématique à bien des égards, mais qui est la conséquence de la première remarque du Gouverneur général. Effacer la différence entre les catégories de reconnaissance, c’est faire le jeu de l’État colonial dont la perpétuation passe par un nivellement des droits individuels. Malgré tout, répéter la différence entre les catégories, si elles sont dictées par l’État, maintient la hiérarchisation des pouvoirs entre colonisateurs et colonisés[10]. Voilà le catch 22, le double bind dans lequel nous nous trouvons tous et qui se trouve cristallisé dans ce tweet d’excuse du Gouverneur général. Dans ce « nos »/« our » possessif se situe tout le problème d’avoir une reconnaissance de la différence dictée par l’État. Si une décolonisation doit passer par une nouvelle relation de nation-à-nation, c’est d’abord le possessif qu’il faut remettre en question.

 

*Mise à jour, décembre 2017

Le poste, et donc le compte Twitter, de gouverneur général du Canada étant désormais occupé par Son Excellence la très honorable Julie Payette, il est normal de voir sa photo et son nom sur les gazouillis, ces derniers ont quand même bien été écrits par l’ancien gouverneur général.


Notes

[1] « Justin Trudeau’s neighbour says goodbye », The House, à partir de 3 min 35 s, en ligne.

[2] Olive Patricia Dickason, Les premières nations du Canada [1992], trad. par Jude Des Chênes (Québec: Septentrion, 1996), 25‑27; Dickason réfère à Knut R. Fladmark, « The Feasibility of the Northwest Coast as a Migration Route for Early Man », dans Early Man in America, from a Circum-Pacific Perspective, éd. par Alan Lyle Bryan, Occasional papers of the Department of Anthropology, University of Alberta (Archaeological Researches International, 1978), 119‑28; et Knut R. Fladmark, « Times and Places: Environmental Correlates of Mid-to-Late Wisconsinan Human Population Expansion to North America », dans Early Man in the New World, éd. par Richard Shutler (Sage, 1983), 27.

[3] Mikkel W. Pedersen et al., « Postglacial viability and colonization in North America’s ice-free corridor », Nature 537 (2016). En ligne.

[4] De multiples contacts ont eu lieu entre l’Europe et l’Amérique avant le XVIe siècle – à commencer à par Christophe Colomb… Un texte de Simon Labrecque sur cette question est à paraître sous peu dans Trahir.

[5] Qu’un exemple : les Vikings atteignent (ou découvrent) le Groenland au Xe siècle avant les Inuits de culture thuléenne, mais après les peuples de culture dorsétienne. Tout indique que des interactions existaient et ont existé longtemps entre ces peuples « européen » et « américain ». On sait par ailleurs que les kayaks des Inuits pouvaient faire le voyage jusqu’en Europe – des Inuits sont aperçus dans les îles orcadiennes en Écosse en 1682 –, mais il est fort probable que d’autres expéditions inuites aient eu lieu avant. Une histoire de ces rencontres souvent oubliées reste à faire. À propos des échanges qu’ont pu avoir l’Amérique avec des peuples en Asie et même en Afrique, on peut aussi lire le chapitre 3 dans Dickason, op. cit., et Norman Spirad, « Territoires des Amériques or Other Americas », Les Cahiers de l’idiotie 1, no 1 (2008): 11-22. En ligne.

[6] C’est le cas avec les Métis qui sont reconnus en tant que peuple autochtone par la Loi constitutionnelle de 1982, mais ne prétendent évidemment pas habiter le territoire depuis des temps immémoriaux.

[7] Eve Tuck et K. Wayne Yang, « Decolonization is not a metaphor », Decolonization: Indigeneity, Education & Society 1, no 1 (2012): 6‑7; Tuck et Yang réfère à Adam J. Barker, « The contemporary reality of Canadian imperialism, settler colonialism, and the hybrid colonial state », American Indian Quarterly 33, no 3 (2009): 325‑51.

[8] On peut consulter ce texte pour un aperçu de cette « triade »: Will Kymlicka, « Ethnocultural Diversity in a Liberal State: Making Sense of the Canadian Model(s) », dans Belonging? Diversity, Recognition and Shared Citizenship in Canada, par Keith Banting, Thomas J. Courchene, et F. Leslie Seidle, vol. III, The art of the state (Montréal: IRPP, 2007), 39‑86.

[9] Pour plus d’information sur la terminologie, voir Kelly Oliel, « Indigenous Identity Terminology in Canada », Trahir 7 (septembre 2016), en ligne; et Chelsea Vowel, Indigenous Writes: A Guide to First Nations, Métis & Inuit Issues in Canada (Winnipeg: Highwater Press, 2016), chap. 1‑2; pour un court texte, voir le billet de Chelsea Vowel, « A rose by any other name is a mihkokwaniy », Âpihtawikosisân. Law, language, life: A Plains Cree speaking Métis woman in Montreal, 16 janvier 2012, en ligne.

[10] Pour une critique de la notion de reconnaissance par l’État, voir Glen Sean Coulthard, Red Skin, White Masks: Rejecting the Colonial Politics of Recognition (Minneapolis: University of Minnesota Press, 2014).

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L’autre et le non-soi, ou Le kadlounisme obligé

Par Jean Morisset, Université du Québec à Montréal | cet article est disponible en format pdf

Avant-propos de la rédaction

Le texte a d’abord été publié dans les pages 12 et 13 du magazine transculturel Vice Versa, à Montréal (volume 2, numéro 4 : juin/juillet 1985).

Nous avons conservé la plupart du temps le texte original que M. Morisset nous avait fait parvenir, mais avons ajouté les intertitres qui proviennent de la revue Vice Versa. La présente version a été revue et corrigée par l’auteur.

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