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Donald Drumpf et l’idiotie

Par Simon Labrecque

Chacun peut faire qu’il n’y a pas de Dieu mais aujourd’hui ce qui a changé c’est que les salauds sont sincères.

Jean-Luc Godard, Film Socialisme

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Donald Trump (capture d’écran)
Crédit © Danny sur Twitter

Les succès contemporains de Donald Trump aux primaires du Parti républicain aux États-Unis d’Amérique suscitent chaque jour une foule de commentaires dans une pléthore de médiums : la radio, la télévision, la presse écrite, les blogues, etc. Ces commentaires plus ou moins analytiques sont souvent marqués de stupeur, du moins de ce côté-ci de la frontière. Ils formulent de manières diverses un questionnement qui signale une désorientation : « … jamais j’aurais cru… comment est-ce possible? » C’est peut-être ici que la science politique a un rôle à jouer dans l’espace public. À mon sens, il s’agit non pas d’un rôle explicateur, cherchant à abrutir ceux et celles à qui on prétend expliquer ce qu’ils ou elles croient ne pas comprendre – car déjà, la surprise est partagée par plusieurs « experts », même s’ils le nieront pour des raisons tactiques dans leur luttes quotidiennes au sein du champ disciplinaire –, mais d’un rôle de problématisation. Il s’agit d’aider à ressaisir comment, déjà, des savoirs pratiques œuvrent à la configuration collective du possible et de l’impossible, du pensable et de l’impensable. Ici, nous sentons bien que quelque chose cloche, qu’une étrangeté se profile. Le mot tyrannie, utilisé par certains de ses adversaires, n’est sans doute pas le bon, mais la manière dont il se rappelle à nous doit être remarquée, méditée et discutée.

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Donald Trump bisphotomontage où ses yeux ont été remplacés par sa bouche, l’aviez-vous remarqué?

À la certitude que Trump « ne sera jamais Président », encore dominante au début de l’hiver, succède désormais le doute, principalement exprimé sous la forme de l’incrédulité : « je ne peux pas croire… » Rien n’étant jamais acquis en politique – ni les victoires, ni les défaites –, s’agissant de se préparer à l’accueil vertueux de l’imprévisible, sinon de l’inexorable, il semble sage d’envisager la possibilité que Trump devienne Head of State suite à la prochaine élection présidentielle. Plutôt que de nous faire devins – ce qui requerrait de s’aveugler vraiment, si l’on était sérieux –, considérons plutôt l’idée insistante que, dans ces événements « primaires », c’est déjà la bêtise, la stupidité ou l’idiotie qui gagne du terrain sur la scène politique. Gardons en réserve la réplique immédiate qu’appelle cette dernière phrase : « comme si l’idiotie n’occupait pas déjà toute la scène…! » En discutant avec un historien amateur, spécialiste de l’émission Réplique d’Alain Finkielkraut et des changements de ton successifs du nouvel académicien, j’en suis venu à la conclusion qu’il faut ici tenter de saisir l’aspect décomplexé de l’idiotie politique contemporaine – d’où l’épigraphe de Godard sur une possible nouveauté, la sincérité des salauds, qu’on a probablement déjà vue à l’œuvre au Canada et au Québec.

Ami et partisan du travail épistémologique et politique des Cahiers de l’idiotie, qui cherchent à nourrir la production et la diffusion d’une science du singulier, c’est avec une certaine hésitation que je me risque ici à qualifier Trump d’idiot. Mais il est éminemment singulier… voyez sa chevelure, son visage, ses mimiques mussoliniennes! Trump est à tout le moins un idiotes au sens grec du terme, soit une « personne du privé », sans charge publique. Il est d’ailleurs fier de son inexpérience politique, qui permet à certains de croire qu’il est « différent » des autres politiciens de carrière. Pour reprendre une distinction de Max Weber dans sa conférence sur la « profession-vocation » de la politique (Politik als Beruf, 1919), Trump clame pour l’instant qu’il vit pour la politique, mais non de la politique.

Trump-Mussolini

Intéressé par le tirage au sort et la compétence politique de « n’importe qui », soucieux des processus par lesquels l’autorité est attribuée aux experts et autres spécialistes dans la formulation de décisions publiques, curieux de la généalogie polémique des figures ambigües de l’amateur, du hobbyiste, du profane, du dilettante, voire du littérateur, qui me semblent mettre en jeu l’idée que la vie politique est une affaire de savoir maîtrisé, possédé, contrôlé, qu’elle l’a déjà été ou qu’elle peut le devenir, je ne saurais retenir cette inexpérience contre l’homme. Cependant, comme l’a fait Hiéron, que l’on connaît par son dialogue avec Simonide sous l’autorité de Xénophon, Trump menace ou promet de passer du statut de « personne du privé » au statut de « tyran », turannos, personne du public qui se caractérise essentiellement par l’exercice solitaire du pouvoir politique à des fins personnelles, selon la classification classique des régimes par Platon et Aristote. Sur un tel usage du pouvoir, mon collègue René Lemieux me fait remarquer que Trump a annoncé qu’une fois élu, il modifierait le Premier Amendement de la Constitution, sur la liberté d’expression et la liberté de la presse, pour augmenter ses propres chances de gagner des poursuites en diffamation engagées contre ses critiques.

Dans cette pratique singulière de la « chose publique », les discours de services rendus à la collectivité sont seulement des outils rhétoriques, démagogiques, façonnés pour séduire la foule dont le charismatique prétendant a besoin pour accéder au poste de chef. Make America great again, n’est-ce pas le slogan vide par excellence, forme sans contenu dont le potentiel « remplissage » par des contenus spécifiques choisis de manière électoraliste effraie avec raison? Il semble y avoir une intelligence tactique à l’œuvre dans l’usage que Trump fait du langage en combinant des mots simples selon une syntaxe de « vendeur » :

Comment ne pas qualifier d’idiot quelqu’un qui déclare publiquement, en soulignant avec fierté la fidélité inouïe de ses partisans : « I could stand in the middle of 5th Avenue and shoot somebody and I wouldn’t lose voters »? Chose certaine, Trump ne donne pas l’impression de voir dans cette dévotion un appel à la modestie, à la responsabilité ou à la prudence dans l’usage de la puissance. Affirmant qu’il « connaît des mots, les meilleurs mots », il jugerait peut-être qu’il est de bonne guerre de qualifier un adversaire politique d’idiot, puisqu’il reconnaît que le qualificatif « stupide » est parfois le meilleur pour décrire quelqu’un – ou même l’ensemble du Département d’État, selon lui.

L’idiotie de Trump n’est pas celle du citoyen « privé » qui cherche à éviter les risques et les tourments de la vie publique (définition du bourgeois, selon Hegel), puisqu’il « se présente en politique ». C’est encore moins celle du philosophe self-reliant qui cherche à penser de manière autonome, à chasser la vérité avec amour. Ce serait plutôt l’idiotie de Hitler – du moins selon ce qu’en a dit Eric Voegelin dans son cours munichois de 1964, Hitler et les Allemands. Avant de crier au « point Godwin », mais aussi avant d’accepter la comparaison sans question, considérons l’argumentaire du politologue originaire de Cologne, réfugié aux États-Unis durant la Deuxième guerre mondiale en raison de ses travaux critiques sur l’État autoritaire et ses prises de position contre le national-socialisme. Ce cours a été prononcé alors que Voegelin était de retour en Allemagne pour fonder un institut de science politique, là où Max Weber avait enseigné avant lui.

Hitler et les AllemandsDans Hitler et les Allemands, Voegelin crée le concept de « syndrome de Buttermelcher » pour désigner la résistance à l’idée selon laquelle les Allemands se sont montrés idiots en portant Hitler au pouvoir et en l’y maintenant. Il nomme ce syndrome du nom de la rue où habite un citoyen allemand qui a écrit une lettre à un journal au sujet du « mystère Hitler ». Voegelin résume et commente ainsi la lettre et d’autres écrits similaires, dans un passage que les éditeurs français ont choisi d’imprimer en quatrième de couverture :

Tel est donc l’argument qu’on nous oppose : si Hitler avait été stupide ou criminel, étant donné que les gens ont massivement voté pour lui, cela aurait impliqué que, eux aussi, étaient stupides ou criminels. Or cela n’est pas possible. Donc Hitler n’était ni stupide ni criminel.

L’autre possibilité – mais c’est ce point qu’on refuse d’envisager – est qu’une très grande majorité d’Allemands, peut-être l’écrasante majorité, se sont en effet montrés particulièrement stupides et le sont encore aujourd’hui en grande partie sur le plan politique, et que nous nous trouvons ici dans une situation de corruption intellectuelle et morale, due à un certain nombre de facteurs qui ont porté le phénomène Hitler au pouvoir. Ce n’est pas seulement un problème allemand, c’est un problème international.

Dans un passage ultérieur que les éditeurs français incluent également en quatrième de couverture, Voegelin ajoute : « Car, parmi les droits de l’homme ne figure pas le droit d’être stupide et si la plupart des gens sont dépourvus de convictions et se sentent irresponsables, l’indifférence politique s’apparente étroitement à la perversion éthique. C’est un manque de culpabilité coupable. » Ces phrases ne s’appliquent-elles pas à Trump, qui semble revendiquer la stupidité comme un droit fondamental? La bêtise, qui tiendrait à une perte du contact entre le langage et la réalité, n’exclut pas l’intelligence, si ce n’est que l’intelligence tactique. Ainsi, un idiot peut devenir président!

Pour Voegelin, en politique,

le problème est toujours celui de la structure de la société, c’est-à-dire comment on peut organiser la société pour que ces types particuliers de simplicité et de bêtise ne dominent pas sur le plan social, ne déterminent pas la société et ne deviennent pas non plus actifs sur le plan politique (p. 93).

L’épisode « Hitler », en ce sens, est une « farce », un échec lamentable de l’intelligence. L’absence d’esprit interdit d’en faire une tragédie. On l’a vu venir, cette farce, et on l’a accueillie avec incrédulité, jusqu’à l’implosion névrotique finale appelant à l’autodestruction totale. Dans une telle configuration, que reste-t-il sinon la bouffonnerie?

donald-drumpfTrump a tout récemment été renommé Donald Drumpf par l’humoriste anglais John Oliver, dans son émission américaine Last Week Tonight. Oliver mise sur la sonorité risible du nom Drumpf – qui était le nom des ancêtres allemands de Trump, qui sont venus en Amérique –, en comparaison avec la sonorité gagnante du nom Trump. Rappelons que dans les jeux de carte, trump, c’est l’atout. Le verbe to trump signifie « prendre avec un atout », mais aussi « renchérir ». Le mot viendrait de l’italien trionfi, « triomphes ». Oliver suggère de valoriser le nom Drumpf pour diminuer la valeur monétaire et symbolique que Trump lui-même attribue à son nom comme « image de marque ». C’est là un geste nécessaire, nous dit le comique, par le fait que le candidat est imperméable aux critiques argumentées, à la mise en lumière de contradictions et à l’épreuve des faits. Il n’y aurait rien d’autre à faire que de tenter de convaincre les masses de l’idiotie de celui qui ne serait pas même l’« idiot utile » d’intérêts financiers supérieurs et de machinations plus obscures, étant d’un naturel erratique, colérique et imprévisible.

La science politique nord-américaine contemporaine – forgée sous l’influence de penseurs allemands qui ont eu la chance (ou les moyens) d’échapper au régime brutal du Troisième Reich et qui ont participé à créer ici, en exil, le concept de totalitarisme en questionnant la pertinence des mots « autoritarisme » et « tyrannie » à l’ère de l’électricité, du moteur à explosion, des camps et de la bombe atomique – peut-elle nous aider à ressaisir ce qui s’est passé pour que Drumpf devienne possible? Que sait-on de notre propre impression que, face à Drumpf, seule la bouffonnerie peut avoir un effet? Il semble que « la structure de la société », telle que la nomme Voegelin, y soit responsable. À mon sens, cette structure a favorisé la montée en puissance continuelle de la raison cynique, diagnostiquée par Peter Sloterdijk au tournant des années 1980 comme « fausse conscience éclairée », « conscience malheureuse modernisée » qui voit bien le Néant mais qui a développé la « souplesse psychique » pour l’intégrer au quotidien dans son existence. Le risque représenté par Drumpf, face à une telle « conscience », c’est alors de représenter un développement intéressant, une péripétie intrigante sur une scène que l’on croyait connaître par cœur, qui ne pouvait plus surprendre. Que la politique ne soit pas un divertissement, c’est ce qu’il faudrait démontrer – mais ne faut-il pas d’abord en être nous-mêmes convaincus?

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Laboratoire de transposition

Par René Lemieux, Montréal

Je mets en ligne tel quel l’argumentaire du laboratoire de transposition développé au sein du comité de rédaction des Cahiers de l’idiotie – auquel je participais il y a quelques années à ses débuts –, un projet qui visait à questionner la langue qu’on parle au Québec et sa distance avec la langue « normale » en philosophie. Le projet était beau, mais il n’avait pas beaucoup avancé ces dernières années jusqu’à sa disparition du web – il mériterait néanmoins d’être repensé à nouveau.


Le projet de transposition vise à ouvrir un laboratoire collectif et anonyme, en ligne, de transposition de textes de philosophie canoniques en français oral.

Les visées d’une telle expérience de philosophie artisanale sont quadruples.

Pédagogique

Nous croyons que le développement de la pensée critique n’est possible qu’en assumant la matérialité de la pensée. En ce sens, l’apprentissage de la langue de la philosophie – du français de la philosophie en l’occurrence – engendre une déréalisation du monde qui risque de voir les parlants exclus de leur essence pensante au profit d’un système discursif qui se sert de nous pour se penser. Une abomination. Aller du connu vers l’inconnu, voilà ce qu’il s’agit d’entreprendre en invitant Platon à la taverne et Descartes au bingo.

Forme: […] Impossibilité pour la forme de conserver sa puissance émotive dans l’utilisation consciente. Elle devient alors académique. Synonyme: insensible.

Paul-Émile Borduas, Refus global et autres écrits, Montréal, L’Hexagone, 1977, p. 169.

Politique

Le laboratoire de transposition est l’occasion d’un dévoilement kunique du langage philosophique tel que pratiqué par l’académie. Les draps qui couvrent les parties honteuses de la gent philosophique tomberont, pour le plaisir avide des yeux plébéiens.

Académique: adj. Propre à une académie: fauteuil, séance académique; où l’art se fait trop sentir. Pose académique: prétentieuse. (Larousse)

Borduas, Op. cit., p. 165.

Épistémologique

Un tel projet remet en question l’oralité et l’écriture, car il se fait au bord du français: il ne s’agit pas de remplacer le français écrit par une forme alternative – et le présent texte en est la preuve –, il s’agit de circuler au bord du lieu où nous nous trouvons, pour rendre visible son intelligibilité. Et en ce sens, on rejoint le travail à la fois de la philosophie et de la poésie (on se rappellera la perfection poétique des textes de Platon, et la remarquable prose de Descartes): travail sur l’invisible, sur l’insensible… pour les rendre à leur visibilité et sensibilité. C’est, en somme, assumer le jeu de la représentation (et donc du langage) sans se laisser obnubiler par le jeu lui-même…

Si l’écrit est cet instantané voilant le temps de réflexion du penseur, le laboratoire de transposition utilisera le médium du net pour dévoiler l’oral au-delà de l’écrit, par une décontraction du temps en parole. Chaque transcription scripturale se pose et se transpose en oralité par le fait qu’il est révocable à tout moment, par n’importe qui. Le laboratoire est débiteur de la structure technologique qui le soutient: le logiciel libre, c’est la monstration de la durée dans l’œuvre de la pensée, c’est aussi le questionnement sur l’appropriation de la langue.

Mais qui la possède, au juste? Et qui possède-t-elle? Est-elle jamais en possession, la langue, une possession possédante ou possédée? Possédée ou possédant en propre, comme un bien propre? Quoi de cet être-chez-soi dans la langue vers lequel nous ne cesserons de faire retour?

Jacques Derrida, Le Monolinguisme de l’autre, Paris, Galilée, 1994, p. 35.

Ludique

Il s’agit avant tout d’une expérience collective, gratuite, philosophique dont l’issue promet d’être un grand rire sans reste.

[…] J’ai pensé qu’il fallait […] que j’mette de côté tout ce que j’étais pas capable de truster pour voir si y restait encore quequ’chose que je pourrais ben croire au bout du compte. […] Mais, toute suite après, j’ai pris la peine de m’apercevoir qu’en pensant que tout était faux, il fallait toujours ben que moé, qui était là en train de penser ça, je sois encore quequ’chose dans toute ça. Pis en remarquant que cette vérité là, J’pense faque j’existe, était tellement sûre et certaine, pis que toutes les niaiseries des sceptiques n’étaient pas capables en plus de me l’enlever, j’ai pensé que je pouvais la garder comme base de la philosophie que je cherchais à avoir.

Pis là, j’me sui dit que tout c’que chpouvais pas crouère, y fallait laisser faire, pis là, voire si y rastait que’quchose au boute du compte. Pis là, c’est là qu’j’ai ben du voir qu’en pensant çà là, y fallait que chois encore là pour l’faire, qui fallait ben que chpense pour penser ça, là. Pis là, je suis dis qu’çà, c’était vra:chpense, faque j’existe, là, pis qu’ça, tu pouvais ben dire c’que tu veux, c’était pas mal là pour raster, faque c’àtait si sûr que chpouvais ben garder ça comme base de la philosphie que cherchais.

Faike là j’me su dit: faut que j’fasse le ménage – toute sque chu pas sûr et çartain que c’est vrai de vrai pis que ça existe, j’m’en occupe pas. On va ben voir si y reste quekchose. Mais m’â t’dire que quand tu commences à faire ça, spa long qui reste pu grand chose à quoi tu peux croire. La chose, par exemple, à quoi tu peux pas pas croire, c’est que toé té là entrain de te poser c’te question là. Autrement dit, si j’t’entrain de penser, ç’parce que j’existe. Ça là, t’aura beau dire comme les caves de sceptiques que y’a pas de vérité certaine dans le monde, tu peux pas descendre en bas de t’ça pour te partir ton raisonnement.

Me suis demandé, jusqu’où ch’pouvais aller dans question à savoir si ch’peux ostiner toute aux fonds des choses, pis si ça, ça amène à quet’chose. Pis après me suis dit, quessé que ch’fais, quessé que ch’fais là, quand j’me pose ç’te questions-là. Pis si ch’peux ostiner toute s’que j’veux, ben ch’peux pas ostiner le faite que chu en train d’ostiner, ‘stie. Y’a quet’chose là qui é vrai : j’ostine donc j’existe. Pis tou’ é ostineux, ben y’a quet’chose qui ont pas compris : on ostine pas l’ostinage; pis ç’t’ostinage cont’ lé ostineux, ben c’est la base de la philosophie que ch’fais.

René Descartes, Discours de la méthode, IV, 147-148.

Les Cahiers de l’idiotie invitent donc les internautes à mettre en ligne des transpositions de leur cru, à apprécier les transpositions qu’ils trouveront en ligne, et à compléter les chantiers de transpositions mis en branle via ce site.

Détails techniques

Dernièrement, la multiplication des logiciels libres à contenu ouvert a remis en cause le sens de droit d’auteur (copyright). Le laboratoire de transposition constate cette remise en cause et s’y adonne et la pousse un peu plus loin. Du langage informatique au langage en général, il s’agit d’expérimenter une gauche d’auteur (copyleft) à l’intérieur de la discipline philosophique. Mais l’une n’est pas possible sans l’autre; et le système de gestion wiki rend possible le travail coopératif d’un texte de manière anonyme. L’onglet « article » présente le texte dans sa version la plus récente. « Discussion » est le lieu réservé pour l’échange. Chacun de ces onglets est modifiable à partir de « modifier ». « Historique » rend compte des différentes versions du texte.

Ce billet a d’abord été publié sur le site du Laboratoire de résistance sémiotique.

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Classé dans René Lemieux