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Autochtones/immigrants: quelques notes sur la critique d’une remarque du Gouverneur général

Par René Lemieux

Le 17 juin, lors d’un entretien à l’émission The House, le Gouverneur général du Canada, Son Excellence le très honorable David Johnston, a affirmé ceci à la veille de la Journée nationale des Autochtones :

We are a people who looks beyond the individual to the collectivity, and have as one of our very fundamental tenants [sic] that life should be better not only for ourselves and our immediate family but for others.

We’re a country based on immigration, going right back to our, quote, Indigenous people, unquote, who were immigrants as well, 10, 12, 14,000 years ago.

And almost all who’ve come here have come with a firm determination that life shall be better for their children and their grandchildren, and that’s expanded beyond their immediate family[1].

L’équation entre les Autochtones et les immigrants a vite fait le tour du web dans le Canada anglais, moins rapidement en français. Pour de bonnes raisons, la remarque du Gouverneur général choque : affirmer que les Autochtones sont, comme tout le monde, des immigrants, ce n’est pas seulement éliminer une différence essentielle du droit canadien – ce qui est particulièrement inquiétant de la part d’un ancien professeur de droit qui se prétend spécialiste du droit constitutionnel –, c’est en outre s’attaquer au fondement de la relation de nation-à-nation.

Or, la remarque n’était pas nouvelle. Il y a environ un an, Jason Kenney, alors député conservateur à la Chambre des communes, avait eu des propos comparables :

Si plusieurs ont déjà très bien répondu au Gouverneur général – comme on l’avait fait il y a un an à Jason Kenney –, un article de Vice, « The colonial history behind the Governor General’s “quote-Indigenous-people-unquote” comments » par Justin Ling, me semble, dans sa critique de la remarque, erroné à plusieurs égards. À travers une défense de la singularité des peuples autochtones, l’article vient compliquer l’interprétation de leurs droits sans véritablement les défendre. Il s’aventure dans une lecture archéologique qu’il ne maîtrise pas et, ce faisant, en arrive, sans s’en apercevoir, à soutenir la thèse selon laquelle « nous sommes tous des immigrants ». Je me propose de répondre à cet article à partir d’une idée très simple : le droit des Autochtones ne s’appuie pas d’abord sur l’archéologie, mais sur un système colonial qui définit une différence à travers la reconnaissance. S’il y a différence entre Autochtones et immigrants, cette différence se situe sur le plan du droit et doit se penser dans ses termes.

  1. L’archéologie ne répond pas au problème de classification du droit

Après avoir décrit la remarque du Gouverneur général et les réponses qu’il a obtenu, l’auteur de l’article, reprenant des travaux récents en archéologie, tente d’expliquer la thèse de l’arrivée des Amérindiens en Amérique à partir de la mer plutôt que de la terre (par le détroit de Béring). Il écrit :

It’s possible that those early settlers travelled down the coast by boat.

That idea blows apart the existing narrative that Indigenous people walked across a land bridge fairly recently (at least in terms of ancient history) because they were incapable of sailing – which has always fit into a particularly colonialist historical perspective.

L’auteur semble penser que la découverte de la route par la mer est récente, et que ce nouveau « récit » (narrative) vient complètement remettre en question la « perspective historique colonialiste ». Mettons d’abord au clair un point essentiel : la thèse d’une arrivée des Amérindiens par la mer n’est pas du tout récente. À ma connaissance, on la retrouvait déjà dans les années 1970. Dans Les premières nations du Canada d’Olive Dickason (qui date un peu, mais c’est justement ce qui importe), on retrouve cette thèse :

Pour revenir à la façon dont sont arrivés les hommes dans les Amériques, notons que, même si la Béringie permet une traversée commode à pied, rien ne nous autorise à conclure qu’elle constitue la seule voie praticable ou utilisée. Pas plus qu’il n’y en a de croire que les habitants de Béringie sont confinés à terre et se désintéressent de la riche vie marine côtière ou hauturière. La mer aussi offre des choix; dans le Pacifique le Kuro-Shio (ou fleuve Noir), courant qui remonte la côte asiatique vers l’est en direction des Amériques, fournit une voie navigable et naturelle qui ne présente pas des difficultés insurmontables. L’argument selon lequel les humains de cette lointaine période n’ont pas encore mis au point des techniques leur permettant d’entreprendre une traversée sous des cieux arctiques incléments est, en mettant les choses au mieux, ténu, tout particulièrement à la lumière des voyages en mer qui ont eu lieu sous d’autres latitudes. On peut aussi faire valoir que la navigation en haute mer est à maints égards moins périlleuse que le cabotage, et que l’une et l’autre sont moins fatigants que la marche![2].

L’auteur de l’article de Vice n’a évidemment pas tort sur la question archéologique, mais il ne fait que répéter du connu en s’imaginant lui-même très anticolonialiste. L’originalité de l’article qu’il cite[3] est moins d’affirmer la thèse d’une arrivée par la mer qu’elle est d’infirmer celle du passage par la Béringie. Certaines des interventions de Ling, qui parsèment son texte, sont toutefois simplement erronés pour quiconque connaît un peu l’histoire du peuplement des Amériques. Par exemple, il écrit, se basant sur un archéologue :

The belief that Indigenous peoples couldn’t have figured out how to cross an ocean underpins a core fallacy in a bulk of academia: Western superiority. After all, Europeans didn’t cross an ocean until the 16th century, writes Ewen.

Pardon? Sans parler du peuplement des îles du Pacifique par les peuples polynésiens, fait qui me semble quand même assez connu, y a-t-il seulement quelqu’un quelque part qui ne connaît pas encore l’histoire de l’établissement temporaire vikings à l’Anse-aux-Meadows?[4] On pourrait simplement voir là le texte d’un journaliste un peu trop pressé qui s’y prend mal dans sa tentative d’être un allié anticolonialiste. La chose me semble plus grave lorsqu’on prend en considération les conséquences de son discours, aussi erroné soit-il.

On ne peut pas comprendre la situation des peuples autochtones au Canada ou ailleurs si on la pense simplement en termes de chronologie (ou même de qui est arrivé avant l’autre[5]). Ce qu’il faut prendre en compte, c’est comment le droit nous définit. À cet égard la question à se poser ne devrait pas être quand êtes-vous arrivés?, mais comment êtes-vous catégorisés par l’État?

  1. Un enjeu de définition juridique

L’archéologie en tant que telle apporte peu à la discussion juridique, sinon lorsqu’elle est elle-même reprise par le droit (par exemple dans des causes de revendication territoriale). Être « là » ne serait-ce qu’une année avant l’établissement (settlement) de l’État suffirait à une revendication de droit autochtone[6].

Dans ce qui semble être, selon lui, le point fort de son article, Ling écrit, citant un autre anthropologue :

MacEachern notes that the new research doesn’t necessarily destroy the Bering Strait theory, but instead improves it – reconciling the theory with evidence the continent may have been populated anywhere from 14,500 to 20,000 years ago.

Not, exactly, the Governor General’s “10, 12, 14,000 years ago.”

Pour 500 ans de décalage entre le terminus post quem de l’un et le terminus ante quem de l’autre, ça ne valait peut-être pas la peine d’aller chercher un commentaire d’un archéologue et d’écrire un texte sur le sujet. Le problème de la remarque du Gouverneur général, ce n’est pas les années mentionnées, mais le terme « immigrant » utilisé. « Autochtones » (ou en anglais « Aboriginal » et maintenant « Indigenous ») est un nom donné à des nations qui possèdent des droits qui diffèrent des autres (parfois appelés « Allochtones »). Cette reconnaissance des droits est faite par l’État à travers son système juridique (constitution, lois, règlements). Je cite un article scientifique fort connu qui donne, dans le cas américain, une très bonne définition préliminaire de la différence :

Settlers are not immigrants. Immigrants are beholden to the Indigenous laws and epistemologies of the lands they migrate to. Settlers become the law, supplanting Indigenous laws and epistemologies. Therefore, settlers nations are not immigrant nations[7].

Plus loin, dans un contexte plus étatsunien, Tuck et Wayne Wang mentionnent les « people of color » amenés de force pour fournir une main d’œuvre à l’État colonial. Ce ne sont pas des immigrants eux non plus. La situation canadienne est quelque peu différente, même si l’esclavage a existé ici également. Une autre triade s’est formée avec une certaine reconnaissance progressive du fait français. Il n’est qu’à regarder comment l’ordre juridique canadien catégorise ses « types ». Les « Indiens » sont une compétence fédérale au même titre que le divorce, la poste ou les poids et mesure (Loi constitutionnelle de 1867, art. 91(24)). Les « Autochtones » – autre dénomination, plus récente –, comprenant les Indiens, les Inuits et les Métis, sont aussi reconnus constitutionnellement, mais depuis 1982 (art. 35). La reconnaissance du bilinguisme canadien est postérieure à l’établissement de la confédération, avec la Loi sur les langues officielles de 1969, mais constitutionnalisée dans la Loi constitutionnelle de 1982 (art. 16 à 22; art. 23 pour le droit à l’éducation dans une langue minoritaire). Les immigrants sont une autre catégorie qui possède ses propres lois et règlements (Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, Loi sur le multiculturalisme canadien de 1985, reconnaissance du multiculturalisme dans la Charte, art. 27). La « triade » canadienne a ceci de particulier qu’elle reconnaît deux types de « settlers » (les Francophones et les Anglophones, selon la théorie des deux peuples fondateurs). Dans l’état actuel du droit constitutionnel, les peuples autochtones ne sont donc pas 1) des peuples fondateurs de l’État; ni 2) des immigrants[8].

Ainsi, la terminologie compliquée suit le développement de l’État colonial. Au sens du droit, « Autochtones » n’est pas plus respectueux qu’« Indiens » ou « Sauvages » (la première traduction officielle de Indians), ces mots ne sont que l’interprétation d’une reconnaissance plus ou moins officielle de l’État. Cela signifie aussi que cette terminologie est temporaire et qu’elle changera forcément pour suivre le droit constitutionnel[9].

  1. Remettre en question l’idéologie coloniale

L’auteur de l’article du Vice suggérait qu’une idéologie occidentale était à l’œuvre lorsque des représentants de l’État comme le Gouverneur général parlaient des Autochtones. Si je peux convenir qu’une telle idéologie est à l’œuvre, il faut savoir bien la situer. Elle ne se trouve pas dans l’archéologie ou le nombre d’années qui se sont écoulées depuis l’arrivée des premiers peuples en Amérique (et les découvertes récentes changent peu de choses quant au droit), mais dans la structure politique et juridique qui catégorise ces peuples. À cet égard, l’auteur de l’article passe un peu trop rapidement sur les excuses du Gouverneur général :

En réponse à ce tweet, l’auteur ne mentionne qu’un tweet de Chelsea Vowel.

Il y a là, je pense, un nouveau débat, beaucoup plus problématique à bien des égards, mais qui est la conséquence de la première remarque du Gouverneur général. Effacer la différence entre les catégories de reconnaissance, c’est faire le jeu de l’État colonial dont la perpétuation passe par un nivellement des droits individuels. Malgré tout, répéter la différence entre les catégories, si elles sont dictées par l’État, maintient la hiérarchisation des pouvoirs entre colonisateurs et colonisés[10]. Voilà le catch 22, le double bind dans lequel nous nous trouvons tous et qui se trouve cristallisé dans ce tweet d’excuse du Gouverneur général. Dans ce « nos »/« our » possessif se situe tout le problème d’avoir une reconnaissance de la différence dictée par l’État. Si une décolonisation doit passer par une nouvelle relation de nation-à-nation, c’est d’abord le possessif qu’il faut remettre en question.


Notes

[1] « Justin Trudeau’s neighbour says goodbye », The House, à partir de 3 min 35 s, en ligne.

[2] Olive Patricia Dickason, Les premières nations du Canada [1992], trad. par Jude Des Chênes (Québec: Septentrion, 1996), 25‑27; Dickason réfère à Knut R. Fladmark, « The Feasibility of the Northwest Coast as a Migration Route for Early Man », dans Early Man in America, from a Circum-Pacific Perspective, éd. par Alan Lyle Bryan, Occasional papers of the Department of Anthropology, University of Alberta (Archaeological Researches International, 1978), 119‑28; et Knut R. Fladmark, « Times and Places: Environmental Correlates of Mid-to-Late Wisconsinan Human Population Expansion to North America », dans Early Man in the New World, éd. par Richard Shutler (Sage, 1983), 27.

[3] Mikkel W. Pedersen et al., « Postglacial viability and colonization in North America’s ice-free corridor », Nature 537 (2016). En ligne.

[4] De multiples contacts ont eu lieu entre l’Europe et l’Amérique avant le XVIe siècle – à commencer à par Christophe Colomb… Un texte de Simon Labrecque sur cette question est à paraître sous peu dans Trahir.

[5] Qu’un exemple : les Vikings atteignent (ou découvrent) le Groenland au Xe siècle avant les Inuits de culture thuléenne, mais après les peuples de culture dorsétienne. Tout indique que des interactions existaient et ont existé longtemps entre ces peuples « européen » et « américain ». On sait par ailleurs que les kayaks des Inuits pouvaient faire le voyage jusqu’en Europe – des Inuits sont aperçus dans les îles orcadiennes en Écosse en 1682 –, mais il est fort probable que d’autres expéditions inuites aient eu lieu avant. Une histoire de ces rencontres souvent oubliées reste à faire. À propos des échanges qu’ont pu avoir l’Amérique avec des peuples en Asie et même en Afrique, on peut aussi lire le chapitre 3 dans Dickason, op. cit., et Norman Spirad, « Territoires des Amériques or Other Americas », Les Cahiers de l’idiotie 1, no 1 (2008): 11-22. En ligne.

[6] C’est le cas avec les Métis qui sont reconnus en tant que peuple autochtone par la Loi constitutionnelle de 1982, mais ne prétendent évidemment pas habiter le territoire depuis des temps immémoriaux.

[7] Eve Tuck et K. Wayne Yang, « Decolonization is not a metaphor », Decolonization: Indigeneity, Education & Society 1, no 1 (2012): 6‑7; Tuck et Yang réfère à Adam J. Barker, « The contemporary reality of Canadian imperialism, settler colonialism, and the hybrid colonial state », American Indian Quarterly 33, no 3 (2009): 325‑51.

[8] On peut consulter ce texte pour un aperçu de cette « triade »: Will Kymlicka, « Ethnocultural Diversity in a Liberal State: Making Sense of the Canadian Model(s) », dans Belonging? Diversity, Recognition and Shared Citizenship in Canada, par Keith Banting, Thomas J. Courchene, et F. Leslie Seidle, vol. III, The art of the state (Montréal: IRPP, 2007), 39‑86.

[9] Pour plus d’information sur la terminologie, voir Kelly Oliel, « Indigenous Identity Terminology in Canada », Trahir 7 (septembre 2016), en ligne; et Chelsea Vowel, Indigenous Writes: A Guide to First Nations, Métis & Inuit Issues in Canada (Winnipeg: Highwater Press, 2016), chap. 1‑2; pour un court texte, voir le billet de Chelsea Vowel, « A rose by any other name is a mihkokwaniy », Âpihtawikosisân. Law, language, life: A Plains Cree speaking Métis woman in Montreal, 16 janvier 2012, en ligne.

[10] Pour une critique de la notion de reconnaissance par l’État, voir Glen Sean Coulthard, Red Skin, White Masks: Rejecting the Colonial Politics of Recognition (Minneapolis: University of Minnesota Press, 2014).

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Η άλλη ελληνική κρίση

Του Jean François Bissonnette, Λιβάδια, Τήλος

Μετάφραση Ελίζα Μπότσογλου | traduction en grec du texte « L’autre crise grecque » de Jean François Bissonnette

Ο ήλιος χανόταν πίσω από τα βουνά, βουτώντας δυτικά προς τα βάθη του Αιγαίου. Επιστρέφαμε από την κόκκινη παραλία και το μονοπάτι στην απόκρημνη πλαγιά, μοσχομύριζε φασκόμηλο καθώς κατέβαινε αργά προς τα Λιβάδια, το λιμάνι της Τήλου.

Μέσα στον όρμο κούρνιαζαν τα ιστιοφόρα κάποιων θαλασσόλυκων ενώ το πλοίο της γραμμής, που είχε καταφτάσει από το αρχαίο νησί της Ρόδου, ετοιμαζόταν να φύγει προς τον επόμενο σταθμό του, ξεδιπλώνοντας το κομπολόι των νησιών που θα το οδηγούσαν μέχρι τον Πειραιά. Οι λιγοστοί τουρίστες που είχαν αποβιβαστεί χανόντουσαν σιγά σιγά στο νωχελικό βράδυ, απορροφημένοι από αυτή την ξερή και έξω από το χρόνο στεριά.

Σε μια άκρη αυτού του ειδυλλιακού λιμανιού, μπροστά από τα γραφεία του λιμενικού, μία χούφτα ταξιδιωτών χωρίς βαλίτσες συναθροίζονταν ακίνητοι και σιωπηλοί. Το σκούρο τους δέρμα, το μαντήλι που φορούσαν οι γυναίκες στο κεφάλι τους, άφηναν να εννοηθεί ότι τους είχε φέρει εκεί κάτι άλλο από την απλή επιθυμία για καλοκαιρινές διακοπές.

Ο σκύλος που είχαμε μαζί μας φαινόταν να τραβάει την προσοχή των παιδιών που τον παρατηρούσαν από απόσταση, κάτω από το κουρασμένο βλέμμα των γονιών τους. Χάρη στην παρουσία του τετράποδου μπορέσαμε να τους κάνουμε την ερώτηση, την απάντηση της οποίας μπορούσαμε ήδη να φανταστούμε. «Από που είσαστε;» Η καταγωγή, αυτό το καταραμένο ερώτημα, πάντα καυτό. Ένας άντρας μας απάντησε : «Είμαι από τη Συρία, αυτός από το Ιράκ». Ο διπλανός του μας χαιρέτησε με ένα νεύμα.

Στα δεξιά μας, στο λιμάνι, ένα υπερπολυτελές γιότ έκανε μανούβρες για να παρκάρει. Στην πλώρη του έγραφε Istambul. Είχε έρθει και αυτό από την Τουρκία, καμιά εικοσαριά ναυτικά μίλια από την Τήλο, αλλά λίγη σχέση είχε με το πλεούμενο πάνω στο οποίο είχαν φτάσει, την ίδια κιόλας μέρα, οι πρόσφυγες. Οι διακινητές τούς είχαν αφήσει σε μία ερημική παραλία του νησιού, όπου πέρασαν αρκετές ώρες χωρίς νερό ή φαγητό ως που να τους αντιληφθούν και να τους στείλουν βοήθεια. Στη Ρόδο, οι τουρίστες πληρώνουν, για την αντίστροφη ακριβώς διαδρομή, περίπου το ένα εκατοστό του ποσού που πλήρωσαν οι πρόσφυγες για να φτάσουν στην Τήλο.

Στο λιμάνι, γύρω από τους πρόσφυγες άρχιζε να υπάρχει μια σχετική κίνηση, κάτι φαινόταν να ετοιμάζεται. Συγκινημένοι από τα πρόσωπά τους, στα οποία σα να μαντεύαμε τη λάμψη του πολέμου και της φωτιάς του, αρχίσαμε να αναζητούμε κάποιον τρόπο να βοηθήσουμε. Πλησιάσαμε μία γυναίκα που έδειχνε σοβαρή και πολυάσχολη. Απ΄ό,τι αποδείχτηκε, ήταν η δήμαρχος του χωριού. Μας επιφόρτισε με την αποστολή του να πάμε να φέρουμε νερό. Καμιά φορά ξεχνάει κανείς πόσο απλά είναι τα πράγματα από τα οποία μπορεί να εξαρτάται μια ζωή.

Επιστρέψαμε φορτωμένοι. Μας περικύκλωσαν χέρια διψασμένα και ευγνώμονα. Η ομάδα άρχισε να κατευθύνεται προς άγνωστη κατεύθυνση. Ρωτήσαμε έναν αστυνομικό προς τα πού θα τους πήγαιναν. Μας εξήγησε ότι υπήρχε ένα αυτοσχέδιο κέντρο υποδοχής λίγο έξω από το χωριό. Εκεί θα περνούσαν τη νύχτα περιμένοντας την επομένη για να αρχίσουν τις γραφειοκρατικές διαδικασίες.

Δεν ήταν οι πρώτοι πρόσφυγες που έφταναν στην Τήλο. Τα ελληνικά νησιά του Αιγαίου δέχονται εδώ και μήνες, κάθε μέρα, εκατοντάδες ανθρώπους από τη Συρία, το Ιράκ αλλά και από το Αφγανιστάν ή το Πακιστάν. Τα απόνερα των πολιτικών παιχνιδιων της Μέσης Ανατολής ξεχειλίζουν στις ακτές της Ευρώπης. Μόνο το μήνα Ιούλιο πάνω από 50 000 ψυχές κατέφτασαν στα ελληνικά νησιά. Η πίεση κατάντησε ανυπόφορη.

Η Τήλος έχει μόλις 500 μόνιμους κατοίκους. Από τα μέσα του Ιούνη έχουν έρθει πάνω από 1500 πρόσφυγες. Μόνο στην πρώτη βδομάδα του Αυγούστου, έφτασαν, μοιρασμένοι σε μεγαλύτερες ή μικρότερες ομάδες, γύρω στους 600 ανθρώπους. Μένουν στο νησί για λίγες μέρες, ως που να καταφέρουν να βγάλουν τα απαραίτητα έγγραφα που θα τους επιτρέψουν να ταξιδέψουν προς την Αθήνα και ύστερα προς τις χώρες της βόρειας Ευρώπης. Με ελάχιστα μέσα, πολύ μικρή και απομακρυσμένη από την πρωτεύουσα, η Τήλος προσπαθεί να ανταπεξέλθει σε αυτήν την κατάσταση έκτακτης ανάγκης, χωρίς τη βοήθεια του κράτους που είναι και το ίδιο στο χείλος της οικονομικής κατάρρευσης.

Το μέρος όπου οι πρόσφυγες οδηγήθηκαν εκείνο το βράδυ λειτουργούσε κάποτε ως στρατόπεδο. Σήμερα δεν είναι παρά ένας εγκαταλειμμένος χώρος που μετά βίας επιβιώνουν δύο ετοιμόρροπα κτίρια. Πήγαμε να τους βρούμε όταν έπεφτε η νύχτα. Μέσα στο σκοτάδι αυτής της νύχτας χωρίς φεγγάρι, μπορούσαμε ίσα ίσα να διακρίνουμε τη φωτεινή δέσμη ενός φακού, μοναδικής πηγής φωτός σε ένα χώρο χωρίς ηλεκτρικό.

Πηγαίνοντας από τη μία ομάδα στην άλλη, οι λιγοστοί εθελοντές μοιράζανε παλιά στρώματα και υπνόσακους, που αποτελούσαν τη μοναδική υποδομή που υπήρχε για να φιλοξενήσει τους άρτι αφιχθέντες. Βραδινό δεν επρόκειτο να διανεμηθεί εκείνο το βράδυ και για τις φυσικές τους ανάγκες οι πρόσφυγες θα έπρεπε να περπατήσουν επί 10 λεπτά μέχρι τη μοναδική δημόσια τουαλέτα του χωριού.

Μέχρι πριν από μία βδομάδα, αυτοί που έφταναν στο νησί φιλοξενούνταν σε ένα παλιό μοναστήρι, βρίσκοντας τουλάχιστον την άνεση μίας στέγης πάνω από το κεφάλι τους. Όμως η Εκκλησία της Ελλάδας, ο μόνος θεσμός που μπορεί ακόμα να θεωρηθεί ότι κατέχει κάποια χρήματα, αποφάσισε να βάλει ένα τέλος σε αυτή την πράξη χριστιανικού ελέους και έκλεισε την πρόσβαση στο ιερό κτιριο.Ίσως οι κληρικοί να πιστεύουν, όπως και καποιοι κάτοικοι, ότι οι μετανάστες θα πάψουν να έρχονται αν πάψει να τους παρέχεται βοήθεια.

Ωστόσο οι δημοτικές αρχές φαίνονται ευαισθητοποιημένες σε αυτό το ζήτημα. Πάει ήδη πάνω από ένας χρόνος από τότε που η Τήλος κατάφερε να πείσει την τότε κυβέρνηση να χρηματοδοτήσει τη δημιουργία ενός μόνιμου κέντρου υποδοχής, σε ένα οικόπεδο που είχε παραχωρήσει κάτοικος του νησιού. Αλλά η πολιτική και οικονομική κρίση μπλόκαραν τη χρηματοδότηση που τελικά δεν έφτασε ποτέ. Έτσι, το εγκαταλειμμένο στρατόπεδο παραμένει σήμερα η μόνη εναλλακτική στο ελεύθερο κάμπινγκ στους δρόμους και στην παραλία του Λιβαδιού.

Ξαναπήγαμε το επόμενο πρωί, αφού μας είχαν πει ότι θα μπορούσαμε να βοηθήσουμε στην ομαδική κουζίνα. Όταν φτάσαμε βρήκαμε τις οικογένειες και τις περιστασιακές παρέες των προσφύγων στριμωγμένες κάτω από τα δεντράκια να προσπαθούν να προστατευτούν από το φλογερό ήλιο. Τελικά δεν υπήρχε τίποτα να μαγειρέψουμε εκείνη τη μέρα. Το λιμενικό που κανονικά επρόκειτο να φέρει τα τρόφιμα είχε λάβει μήνυμα από τα κεντρικά ότι δεν υπήρχε χρηματοδότηση για αυτό το σκοπό.

Υποθέτω ότι οι αρχές θα σκέφτηκαν ότι εφόσον οι πρόσφυγες είχαν μπορέσει να πληρώσουν 1000 ευρώ στους διακινητές που τους έφεραν στο νησί, θα μπορούσαν να ξοδέψουν και κανένα ψιλό για να αγοράσουν σουβλάκια από τα εστιατόρια της περιοχής. Και είναι αλήθεια ότι οι περισσότεροι δε δείχνουν ιδιαίτερα φτωχοί, άλλος φορώντας σινιέ μπουφάν, άλλος ψάχνοντας στο έξυπνο τηλέφωνό του τη μετάφραση της λέξης «μάτι» προσπαθώντας να ζητήσει βοήθεια για τη μόλυνση από την οποία υποφέρει ο σύντροφός του.

Νιώθαμε λίγο γελοίοι με τη σακούλα μας με τα γλυκά, που απ΄ό,τι φαινόταν ήταν τα μοναδικά διαθέσιμα τρόφιμα, τα οποία τα είχαμε φέρει με σκοπό να τα μοιράσουμε σε καμιά δεκαριά παιδάκια που είχαν φτάσει το προηγούμενο βράδυ. Κάποια από αυτά, με ροδαλά και παχουλά προσωπάκια, άρπαζαν τα γλυκά με λαιμαργία, ενώ άλλα αρνιόντουσαν ευγενικά. Ένα κοριτσάκι πήρε από τη σακούλα ένα μπισκότο και το άφησε να πέσει στο έδαφος, κοιτώντας μας με σβησμένο βλέμμα, χωρίς ηλικία, μέσα στο οποίο δεν ξέραμε αν έπρεπε να διαβάσουμε την κούραση μιας νύχτας στο έλεος των εντόμων μετά από το περιπετειώδες πέρασμα της προηγούμενης μέρας ή ακόμα τη φρίκη που την έδιωξε από τον τόπο της.

Αυτό το βλέμμα θα μας στοίχειωνε για καιρό, εμάς που εκεί ήμασταν μόνο περαστικοί.

Παρόμοια πληγωμένα βλέμματα, αλλά και χαμόγελα ανακούφισης και ευγνωμοσύνης, αντικρίζουν κάθε μέρα η Κάρεν, η Έλενα, ο Τσαρλύ και ο Νικήτας, οι τέσσερις εθελοντές που προσπαθούν να προσφέρουν όση βοήθεια μπορούν στους κατατρεγμένους της Τήλου. Το θάρρος, η αυτοθυσία, η επιμονή αλλά και η απελπισία τους μπροστά σε μία κατάσταση που τη βλέπουν καθημερινά να χειροτερεύει, αποτελούν ένα θαυμαστό παράδειγμα ανθρωπισμού σε έναν κόσμο που παραπαίει. Μεθυσμένοι από την ομορφιά του νησιού, από τα γάργαρα νερά του και το γαλήνιο γαλάζιο του ουρανού του, είχαμε σχεδόν ξεχάσει τη σκληρή πραγματικότητα, η οποία μας θύμισε την ύπαρξή της με τη βία ενός τυφώνα.

Σε λίγο ο ήλιος θα βγει από την ανατολή και από την ανατολή θα έρθουν πάνω στις στα άθλια φουσκωτά τους, γεμάτοι φόβο και ελπίδα για μια αξιοπρεπή ζωή, νέα πλήθη προσφύγων. Στην Ελλάδα, αλλά και στην Ιταλία και στην Ισπανία, θα καταφτάσουν από παντού, όλο και πιο πολλοί. Ποιος τότε θα ορθωθεί για να τους υποδεχτεί;

Μία καμπάνια χρηματοδότησης των εθελοντών της Τήλου έχει ξεκινήσει στο IndieGogo : Help volunteers helping refugees in Tilos, Greece. Η καμπάνια οργανώνεται από τον Jean François Bissonette και τους ίδιους τους εθελοντές της Τήλου.

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L’autre crise grecque

Par Jean François Bissonnette, Livadia, Grèce

Le soleil s’effaçait déjà derrière les montagnes, plongeant vers l’ouest quelque part au fond de la mer Égée. Nous rentrions de la plage rouge, et le sentier au flanc des falaises escarpées et lourdes du parfum de la sauge descendait doucement vers Livadia, le port de l’île de Tilos.

Dans la crique mouillaient les voiliers de quelques bourlingueurs, et le traversier venu de l’antique Rhodes repartait vers sa prochaine escale, égrenant le chapelet des îles qui le conduirait jusqu’au Pirée. La poignée de touristes débarqués se fondaient peu à peu dans la langueur du soir, absorbés par cette terre aride et hors du temps.

Aux abords de ce havre bucolique, devant les bureaux de la police portuaire, un groupe de voyageurs sans bagages se massait, immobiles et silencieux. Leur teint basané, le foulard porté par les femmes laissaient entrevoir que c’était une autre quête que celle des vacances estivales qui les avait menés ici.

Le chien que nous promenions semblait captiver les enfants, qui l’observaient à distance sous le regard fatigué de leurs parents. Par l’entremise du canidé, nous pûmes poser la question dont nous devinions déjà la réponse. « D’où venez-vous? » L’origine, question toujours maudite, toujours brûlante. Un homme répondit : « Je viens de Syrie, lui vient d’Irak. » Son voisin salua d’un hochement de tête.

À notre droite, sur le port, un yacht majestueux manœuvrait pour accoster. On pouvait lire sur sa poupe, Istanbul. C’était aussi de Turquie, à une vingtaine de milles marins, mais sur un tout autre type d’embarcation, qu’était partie ce matin-là la cinquantaine d’exilés. Débarqués par les passeurs sur une plage isolée du sud de l’île, sans eau ni nourriture, ce n’est que quelques heures plus tard qu’ils avaient été remarqués et secourus. À Rhodes, on propose aux touristes des croisières en sens inverse pour un centième du prix qu’ils avaient dû débourser pour se retrouver là.

Sur le port, autour des réfugiés, une certaine agitation s’installait, un mouvement paraissait se préparer. Interpellés par ces visages où l’on croyait voir luire la guerre et ses feux, nous cherchions que faire. Offrant notre aide à une femme à l’air sérieux et affairé, qui s’avéra être la mairesse de l’île, nous reçûmes consigne d’aller quérir de l’eau. On oublie souvent à quelles choses simples la vie peut tenir.

Nous revînmes les bras chargés, pour se retrouver aussitôt entourés de mains avides et reconnaissantes. Le groupe s’ébranlait dans une direction inconnue. À un policier posté là, nous demandâmes où ces gens allaient être emmenés. Il nous expliqua qu’un camp avait été aménagé à la lisière du village. C’est là qu’ils passeraient la nuit, en attendant que la machine administrative démarre le lendemain.

Ce n’était pas le premier groupe de réfugiés à toucher terre sur Tilos. Depuis des mois, les îles grecques en mer Égée reçoivent, jour après jour, des centaines de personnes venues de Syrie, d’Irak, mais aussi d’Afghanistan et du Pakistan. Le grand jeu moyen-oriental déborde jusqu’aux portes de l’Europe. Sur l’ensemble des îles grecques, ils sont plus de 50 000 à être débarqués au cours du mois de juillet. La tension devient insoutenable.

Tilos compte à peine 500 habitants. Depuis la mi-juin, plus de 1500 réfugiés y ont mis le pied, dont 600 durant la seule semaine du 3 août, des groupes plus ou moins nombreux se succédant aux deux ou trois jours. Ils séjournent ainsi sur l’île pendant quelques jours avant de repartir vers Athènes puis le nord de l’Europe une fois délivrés leurs papiers officiels. Privée de moyens, trop éloignée et minuscule pour être épaulée par un gouvernement central lui-même aux bords de la faillite, Tilos tente de parer au plus urgent.

L’endroit où l’on amena les migrants, ce soir-là, formait jadis une base militaire. Aujourd’hui, ce n’est guère plus qu’un terrain vague, où tiennent encore à peine debout deux bâtiments vétustes. Nous allâmes y voir à la nuit tombée. Dans la pénombre de cette nuit sans lune, on distinguait en s’approchant le faisceau d’une lampe de poche, seule lumière sur ce terrain sans électricité.

Circulant d’un groupe à l’autre, quelques volontaires distribuaient vieux matelas et sacs de couchage qui représentaient toute l’infrastructure disponible pour héberger les nouveaux venus. Il n’y aurait pas de repas, ce soir-là, et pour satisfaire leurs besoins naturels, les migrants devraient trouver leur chemin jusqu’à la seule toilette publique du village, à dix minutes de marche.

Jusqu’à la semaine précédente, ceux qui parvenaient jusqu’à l’île étaient accueillis dans un ancien monastère, y trouvant au moins le confort relatif d’un toit. Mais dans un bel exemple de charité chrétienne, l’Église orthodoxe grecque, la seule institution du pays à pouvoir encore se dire riche, a décidé que c’en était assez, et fermé l’accès au lieu saint. Serait-ce pour maintenir l’équilibre parmi des insulaires largement hostiles à la venue des migrants? Peut-être le clergé croit-il, comme bon nombre des habitants, que les migrants cesseront de venir si l’on cesse de les aider.

Aussi la poignée de bénévoles subit-elle la vindicte populaire. Agressions verbales et gestes d’intimidation se multiplient, sans que la police intervienne. Les autorités municipales se montrent pourtant sensibles à l’enjeu. Il y a déjà plus d’un an, Tilos est parvenue à convaincre l’ancien gouvernement de financer la construction d’un camp semi-permanent, sur un terrain offert par un résident de l’île. Mais la crise politique et budgétaire s’étant aggravée depuis, les fonds ne sont jamais venus, et l’ancienne base militaire reste aujourd’hui la seule alternative au camping sauvage dans les rues et sur la plage de Livadia.

Nous y revînmes le lendemain matin, après s’être laissés dire que nous pourrions aider à la cuisine collective. À notre arrivée, les familles et compagnons d’infortune s’agglutinaient au pied des quelques arbres offrant leur ombre sous un soleil ardent. Il n’y avait finalement rien à cuisiner, ce jour-là, la police portuaire normalement chargée de pourvoir à l’alimentation des réfugiés ayant reçu du QG de Rhodes la nouvelle qu’il n’y avait pas de budget à cette fin.

On suppose que les autorités devaient se dire que si ces réfugiés avaient pu payer les mille euros par personne qu’empochent les passeurs, il devait bien leur rester une poignée de change pour acheter des souvlakis au restaurant du coin. Et il est vrai, en apparence, que la plupart n’ont pas l’air misérables, qui portant un chandail griffé, qui cherchant sur son téléphone intelligent la traduction du mot « œil » pour désigner l’inflammation logée dans celui de son partenaire.

Nous avions l’air un peu ridicules avec notre sac de pâtisseries, seules provisions disponibles sur le camp ce matin-là, que nous avions achetées dans l’intention de les distribuer à la douzaine d’enfants arrivés la veille. Certaines, au visage rose et potelé, y pigeaient avec gourmandise, d’autres refusaient poliment. Une fillette prit dans le sac que nous lui tendions un biscuit qu’elle laissa tomber au sol, nous fixant d’un regard éteint, sans âge, dans lequel on ne savait que lire, de la fatigue d’une nuit livrée aux insectes après la traversée houleuse de la veille, ou des horreurs qui l’avaient chassée de chez elle.

Ce regard nous hantera longtemps, nous qui n’étions que de passage.

Ce sont pareils regards traumatisés, mais aussi les sourires du soulagement et de la gratitude, que croisent jour après jour les Karen, Elena, Charlie et Nikitas, ces quatre bénévoles qui tentent à eux seuls, envers et contre tout, d’offrir un tant soit peu de secours aux échoués de Tilos. Leur courage, leur abnégation, leur persévérance, mais aussi leur désespoir face à une situation qu’ils pressentent destinée à empirer, constituent un remarquable témoignage d’humanité dans ce monde à la dérive. Une dérive que nous avions bien failli oublier, saoulés que nous étions par la beauté de l’île, de sa mer cristalline et de son azur imperturbable, mais qui s’est rappelée à nous avec la force d’un ouragan.

Le soleil se lèvera bientôt à l’est, et à l’est monteront à nouveau sur leurs frêles esquifs, avec la peur au ventre et l’espoir d’une vie décente, de nouvelles cohortes de réfugiés. En Grèce, mais aussi en Italie ou en Espagne, ils afflueront de partout, toujours plus nombreux. Qui donc se lèvera pour les accueillir?

 


 

Mise à jour du 12 septembre 2015

Une campagne de soutien financier aux bénévoles de Tilos est en cours sur le site IndieGogo : « Aidons les bénévoles qui aident les réfugiés à Tilos ». La campagne est organisée conjointement par Jean François Bissonnette et les bénévoles de Tilos.

 

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