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«Je veux manifester, mais j’ai peur de me faire crever un œil.» –Charlie, 13 ans, 24 mars 2015

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4 avril 2015 · 08:20

Quelques notes sur l’ordre « BOUGE! »

Par Simon Labrecque | Université de Victoria

Le court documentaire BOUGE! sur la manifestation nocturne du 5 mars 2013 à Montréal offre l’occasion de penser cet ordre mille fois répété par les « Groupes d’Intervention » des forces policières québécoises : BOUGE!

Comme le documentaire le fait entendre dès les premières secondes, l’ordre « BOUGE! » tend à être répété à plusieurs reprises par plusieurs policiers à la fois, avec un temps entre chaque itération : « BOUGE! BOUGE! BOUGE! » Il tend à être crié alors qu’un « ordre de dispersion » a officiellement été donné. Ces cris se font le plus souvent (selon mon expérience sommaire) alors qu’une ligne de policiers avance lentement vers le groupe à qui l’on ordonne (ou crie) de bouger. L’effet de mur visé par la ligne elle-même se double alors d’un mur sonore qui est souvent double, lui aussi, puisque l’ordre tend à s’accompagner de coups de matraques synchronisés sur les boucliers. Lorsque la ligne charge au pas de course et que les coups de matraques sur les boucliers suivent ce rythme plus rapide, cependant, l’ordre « BOUGE! » ne se fait généralement plus entendre. Est-ce parce qu’imaginant la scène, une impression de ridicule surgit à l’idée d’entendre crier « BOUGE! » de plus en plus vite jusqu’à la désarticulation du mot dans le bruit? Il arrive également que l’ordre ne soit pas vocalisé à l’unisson. La cacophonie qui en résulte désoriente.

L’ordre pratiquement monosyllabique a bien sûr l’intention d’effrayer, de saisir et, éventuellement, de faire reculer ou fuir. Effet perlocutoire d’une bombe sonore humaine. L’ordre mise sur les réflexes, sur l’instinct et la peur, comme le fait une bombe sonore non-humaine. Il n’est probablement jamais suffisant, il occasionne surement quelques paralysies parmi les fuites et les contre-offensives, mais il fait partie intégrante d’un arsenal pensé.

Le « contrôle de foule » est en effet un champ de réflexion. Les tactiques policières sont étudiées, testées, ajustées, mises en œuvre et abandonnées, importées et exportées, vendues et achetées. Cette industrie hautement créative est dominée par des pays comme la France et Israël. Elle se rencontre lors de symposiums, de stages et de foires commerciales depuis des décennies. (Sur l’industrie française de la « gestion des désordres », qui constitue un choix de fin de carrière pour plusieurs policiers et qui utilise les « banlieues » comme laboratoires et vitrines, voir La domination policière de Mathieu Rigouste, une critique est aussi disponible sur le même blog.) Les nouvelles charges de la « Brigade urbaine », par exemple, visiblement plus rapides, intenses et « ciblées », visant à désarticuler et à disperser sans ménagement une manifestation, ont certainement été élaborées dans quelque institut puis discutées autour d’une table de réunion du SPVM durant la dernière année. Ou peut-être s’agit-il d’une invention montréalaise, exportable? Quoi qu’il en soit, le 26 février dernier aura servi de « test en situation », comme le montre la vidéo documentant le « travail » de la Brigade urbaine. L’apparition de l’ordre « BOUGE! » dans l’arsenal des « Groupes d’intervention » est elle aussi réfléchie, bien que je ne sois pas en mesure de la dater. Cela doit faire quelques années déjà…

Notons que, comme c’est souvent le cas avec les signes, cet ordre a rapidement été repris par ceux et celles qui se le sont vu crier à plusieurs reprises l’an dernier pour être retourné vers les policiers (lorsque le nombre le permet, bien entendu).

Voici la raison première de cette série de notes. Le titre du documentaire m’a fait réaliser que cet impératif est conjugué à la deuxième personne du singulier. On ne dit (ou ne crie) pas « BOUGEZ! », en effet. En ce sens, la ligne policière ne s’adresse pas à un groupe en tant que groupe – à moins qu’elle ne tutoie ce groupe. On peut croire que quelque psycho-sociologue y verra une volonté d’interpeller « l’individu » qui se retrouve dans la masse informe, de l’attraper par l’oreille, en quelque sorte, de le singulariser pour l’extirper de la foule, et ainsi dissoudre la foule. Voilà peut-être pourquoi au « BOUGE! », on répond : « On reste, on reste, on reste groupé! » Formation de collectif contre tentative de dispersion.

Je suis tenté de croire que « BOUGE! » est la traduction de l’ordre « MOVE », également pratiquement monosyllabique. Le « MOVE » se distingue de l’ordre « Move on », qui est l’équivalent de notre « Circulez ». (Voir ce texte pour quelques notes sur l’usage de cet ordre à des fins de « contrôle » des « populations pauvres » en Australie, autre pays de common law.) Le français, on le sait, impose de choisir entre la deuxième personne du singulier et du pluriel, entre le « tu » et le « vous ». On sait également qu’il ne s’agit pas seulement de deux sujets différents en nombre. Il y va de deux degrés de politesse, de deux sujets différents en distinction. Ainsi, une multitude d’individus (itinérants et jeunes, par exemple) auront infiniment plus de chance de se faire dire « Circule » par un policier qu’un homme blanc en veston, qui lui se méritera probablement un « Circulez » accommodant. Le tutoiement par les forces policières est un signe de la domination policière. En situation de « désordre », diront-ils, faire sentir la puissance de domination est crucial. C’est même ce que signifie rétablir l’ordre. En ce sens, « BOUGE! » est encore plus brutal que « Circule! », surtout s’il est appuyé par des sons de matraques et de boucliers.

Le « BOUGE! » peut s’expliquer pour des raisons tactiques : c’est ce qui se fait de plus proche de l’aboiement tout en gardant un sens; la deuxième personne du singulier singularise l’auditeur, qu’il ou elle le veuille ou non; il implique même une monstration des dents lorsque crié. Situation oblige, dira-t-on, pas le temps d’être poli. Y a-t-il autre chose que des considérations tactiques dans les gestes policiers?

Il importe, à mon sens, de tenter de saisir l’état d’esprit dans lequel opèrent les forces policières. Gestionnaires du risque potentiellement létal, de la violence physique légitimée, je crois que les policiers partent – lorsqu’ils enfilent leur uniforme, du moins – d’un horizon qui n’est pas celui des membres de la foule. Leur arme en témoigne : la mort est une possibilité qu’ils sont entrainés à considérer quotidiennement. Ils ne « prennent pas de chance ». C’est à mon sens de cette façon qu’il faut comprendre le comportement des policiers face à l’individu blessé à la jambe le 5 mars dernier. Dans ce document vidéo on entend dire « il est blessé, il est blessé », ainsi qu’une incompréhension face au comportement des policiers qui repoussent les autres membres de la foule et isolent ledit individu (qu’on dit également être frappé par les policiers, ce que je ne peux confirmer ou infirmer). Pensée tactique : et si c’était un piège? Si on disait « il est blessé » pour tenter de faire une percée, tenter d’amadouer les policiers pour ensuite les prendre à revers, etc.? C’est comme dire, à la tag (le « jeu du loup », en France), « moi je ne joue plus », histoire de laisser l’autre s’approcher en toute confiance alors qu’on joue encore… Il ne faut pas s’attendre à trouver autre chose qu’un loup cherchant à « gérer le risque en situation tendue » dans le bras armé de l’État, à tout le moins lorsqu’il se sent confronté au désordre.

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Épars – encore un effort! Essai de dépliage polémologique trop rapide (car toujours le temps se pousse)

Par Simon Labrecque | Montréal, le vendredi 24 août 2012

Vu

Je reviens tout juste de la 123e manifestation de soir à Montréal, partie de la place Émilie-Gamelin comme toujours. « Manif chaque soir, jusqu’à la victoire » était le mot d’ordre initial. La simple continuation de ces marches nocturnes devrait donc introduire un doute chez qui croit que le déclenchement d’élections provinciales au Québec signifie la victoire des luttes étudiantes (entre autres) contre la hausse des frais de scolarité (entre autres), c’est-à-dire contre la liquidation de ce qu’il reste de l’État « social » (qui ne fut jamais providentiel, mais bien le fruit timide de chaudes luttes), liquidation qui se fait au profit, précisément, du profit. Mais voilà, très peu de gens célèbrent. Peu d’étudiantEs semblent trouver satisfaisant d’avoir joué un rôle crucial dans la décision du gouvernement de Jean Charest de déclencher des élections. Mais il n’y a pas non plus de triomphalisme « carré vert », ou si peu, quant au fait que la grève générale illimitée a trouvé une limite qui signerait son échec.

Signe des temps – de la saison, mais aussi de la fatigue accumulée –, cela fait quelques semaines qu’il y a moins de 50 personnes dans les manifestations de soir. (On compte avant de chanter « on est plus/moins que 50! », en faisant allusion à la loi 12/projet de loi 78). Elles se déroulent principalement sur les trottoirs, pour minimiser leur impact sur la circulation – directive policière. Surtout, on dit que les protestataires qui y retournent jour après jour sont de plus en plus vulnérables. C’est un des aspects les plus troublants de ce qui se passe ces jours-ci. C’est ce qui presse.

Depuis quelques temps déjà, @frogsarelovely, qui a participé à la majorité des manifestations en faisant un travail remarquable de relais (du verbe « relater ») via Twitter, énonçait cette vulnérabilité. Elle a déclaré, aujourd’hui :

“It’s a pattern of harrasment, and the rules have changed since the election call. In the last two weeks things have gotten much, much worse. The police really seem to be losing it, they think they can do whatever they want. They scare people, they scare me.” She quotes a cop telling her during her arrest, “that’s your last manif.”

Cité par Ethan Cox, « Student strike stalwart and citizen journalist arrested, held for nine hours ».

Je suis donc allé y voir, à notre Bastille à ciel ouvert, pour la première fois en plusieurs semaines. Ma raison suffisante : hier soir, @frogsarelovely a été arrêtée lors de la 122e manifestation. Elle a été détenue toute la nuit. On allègue qu’elle a proféré des menaces à un « poussin » (c’est le nom que les marchants donnent à ceux qui les suivent à vélo, vu leur dossard jaune fluo).

Je n’y étais pas, je ne sais donc rien du bien fondé de cette accusation, mais je sais qu’elle est jugée infondée par de nombreuses personnes qui elles y étaient. Hier dans la nuit, #freefrogsarelovely a trendé sur Twitter au Québec. Déjà, des textes remarquables ont été produits autour de l’événement, insistant sur le caractère politique de ce que fait présentement le SPVM. Par exemple celui-ci, qui essaie simultanément de calmer les troupes qui pourraient vouloir manifester violemment leur hargne contre les gestes du SPVM.

Politique? À tout le moins, même si les accusations tombent, @frogsarelovely aura été écartée des manifestations de soir. Ce qui signifie entre autres que moins d’informations circuleront sur le travail des policiers lors de ces déambulations – à moins que d’autres s’en charge. Autre signe du changement des règles du jeu : presque chaque soir, une personne se voit donner une contravention pour des comportements du type « avoir jeté un mégot de cigarette sur la chaussée » (pollution), ou « avoir traversé sur une lumière rouge » (après 30 autres…). Ce zèle, on le voit habituellement dans le comportement des policiers face aux « gens de la rue », et après tout, même le premier ministre dit qu’il s’agit ici de « la rue ».

Je n’ai pas fait la marche au complet. Raison : inconfort. Je ne comprenais pas comment les policiers agissaient. Pourquoi ne pas nous laisser continuer sur ce trottoir-ci? Vous nous dirigez où? Et ce van blanc avec une lumière de police qui nous suit de loin, près de la Place des Arts? Je suis rentré. Sans pratique, on perd rapidement l’habileté à jongler en souriant avec les incertitudes manifestantes.

Je me suis dis que je devais écrire quelque chose. Sur le stress psychopolitique. J’y pense beaucoup, depuis que le stress retombe du côté estudiantin, tout autour.

En écrivant ces lignes, j’ai reçu un article via Twitter, rédigé au même moment, sur la guerre psychologique qui se tient aujourd’hui et qui traversa en fait toute la grève.

Question d’atmosphère, on le sent bien! J’y reviens.

Entendu, ou pas de côté digressionnaire

En quittant d’un pas incertain (partir ou rester?), j’ai croisé un couple. Un homme et une femme. Disons la cinquantaine. Disons bien habillés. 65 000$ de revenu annuel par personne? Aucune idée.

L’homme dit, faisant signe vers la marche : « C’est quoi ? Qu’est-ce qu’ils veulent encore? »

Sous-entendu : « Qu’est-ce qu’ils veulent de plus? » De plus que quoi? Qu’une élection, pardi! Car ce qu’ils et elles demandaient, ils et elles ne l’ont pas eu… Me voilà donc à espérer que cette question, « quoi de plus? Quoi d’autre? », fasse son petit bout de chemin, qu’elle creuse de sa masse jusqu’à la moelle.

Car en pratique, le spectacle déplorable et largement déploré qui se tient présentement dans la bulle médiatique québécoise, après quatre « débats » robotiques et tant d’autres événements chargés d’une puissance de fatigue remarquable (« on es-tu tanné! »), ce n’est vraisemblablement pas assez, ou « pas ça », pour nombre gens de cette contrée. Y compris quant aux « petits partis », soit dit en passant – petit parti deviendra grand, jeune parti deviendra vieux, si tout va selon les plans; or ce sont précisément ces plans qu’il faudrait peut-être changer.

Donc, la classe politique québécoise, comme elle se nomme elle-même, a la chance de montrer son incompétence au mieux loufoque et sa prétention toujours pugnace. Des débats d’idées, il n’y en aura pas. Etc. Selon moi, jusqu’à ce qu’on instaure le tirage au sort pour l’ « élection » des responsables politiques de l’État – votez pour moi! Si je fondais un parti, le tirage au sort serait sa seule proposition; ce n’est donc pas contre l’incompétence que j’en ai, mais précisément contre la prétention exclusive à la compétence politique, au mépris de ceux et celles qu’on nomme « simples citoyennes » –, une campagne électorale ressemblera à un concours de popularité traversé de pathétiques demandes d’amour (peu capitalisables) et d’infinis trafics de ressentiment (ressource culturelle éminemment renouvelable).

« Qu’est-ce que tu proposes d’autre, alors? Quelles sont les alternatives? » est la question qui se manifeste toujours à ce moment, que ce soit dans une discussion de café, de trottoir, de bouquinerie ou de chaire. Le « Que faire? » de Lénine, mais en version tu-vois-bien-qu’on-est-pris-avec-ce-qu’on-a-sinon-c’est-le-communisme-donc-les-goulags-et-la-faillite.

Il me semble que ce qui s’est produit ce printemps « à l’intérieur » des nébuleuses constellations contestataires est un bon exemple de ce que peut vouloir dire « faire de la politique autrement ». Mais peut-être faut-il changer cela aussi, puisque cet « autrement » exemplifié date déjà, et que ça n’a, dit-on, rien « transformé radicalement »? Mais a-t-on cru un instant que le gouvernement annulerait sa politique exemplaire? Tout, pour lui, valait mieux que cela. Mais il est allé à la limite de son pouvoir, c’est-à-dire, dans ce système : déclencher des élections, se remettre en jeu lui-même (après avoir tout fait, on s’entend, et avec une violence dégoûtante).

Senti polémologique

L’heure des bilans et de la réflexivité semble donc avoir sonnée. Un livre d’images et de commentaires est déjà paru cette semaine : Carré Rouge de Jacques Nadeau, photographe pour Le Devoir.

Qu’en est-il de ce fait – se retrouver après, épars?

Un des traits intéressants de cette série d’événements, « printemps érable », « #ggi », etc., est la rapidité et la constance avec laquelle les auto-observations et auto-descriptions se sont accumulées et en sont venues à jouer un rôle constitutif de relance et de réarticulation au cœur de l’action. Depuis le départ, on réfléchit, on narre et on commente, à gauche comme à droite. L’archive du blogue de Trahir en témoigne. Mais ce fut partout. Pendant longtemps, La Presse (c’est dire!) offrait une couverture en direct des manifestations de soir avec commentaires live. On se devait de regarder les images circulantes, si ce n’est que pour s’assurer que l’on ne s’était pas retrouvé à tout hasard sur la couverture du Journal de Montréal.

Je lis l’habitude prise de regarder ce que disent les média d’une manifestation de laquelle on revient, ou à laquelle on aurait voulu participer, à partir de ces énoncés de Peter Sloterdijk dans son livre sur l’incapacité de la gauche contemporaine à servir de « banque de colère » et à canaliser les énergies révoltées :

Dans la mesure où les insatisfaits du postmoderne ne peuvent pas défouler leurs affects sur d’autres théâtres d’opération, il ne leur reste que la fuite vers leur propre reflet dans le miroir, tel que le livrent les médias, dès que des scènes de violence tirent à elles une partie de l’intérêt public. Le reflet rapide des excès qu’on a commis dans les images de la presse et de la télévision peut apporter une satisfaction momentanée; dans certains cas il peut même représenter une sorte de preuve satisfaisante de sa propre existence. Mais dans de tels épisodes, justement, la loi du média s’impose face aux contenus. On voit ici, une fois de plus, que les instrument de l’ « opinion publique » bourgeoise ne peuvent pas fonctionner comme des collecteurs ou comme des médias de collecte et de formation pour des sujets thymothiques [du grec thumos, ou thymos, duquel on tire également tumeur] en germe (c’est-à-dire qu’ils ne sont pas en état de surveiller la conversion de la colère en fierté et en espoir). Les mass média se voient indubitablement pourvus du potentiel de déclencher des épidémies affectives – tous les thèmes capables de faire les grands titres se déploient, on le sait, selon le principe de l’infection virale. Dans le même temps, ils neutralisent leurs matériaux pour soumettre tous les événements à la loi de l’égalisation. Leur mission démocratique est de produire de l’indifférence en éliminant la distinction entre les causes principales et les causes secondaires.

Peter Sloterdijk, Colère et temps. Essai politico-psychologique, trad. de l’allemand par O. Mannoni, Paris, Hachette, p. 284.

Lorsqu’on n’entend plus parler de ce qu’on fait, lorsqu’on ne se voit plus, cela veut-il dire que l’on n’existe plus? Être invisible peut être une chance, ne l’oublions pas, quoi qu’en dise l’appareil médiatico-étatique qui force à apparaître pour être jugé digne d’être écouté – c’est entendu.

Ces considérations font signe vers un mode d’analyse polémologique de type « psychopolitique » que j’apprécie de plus en plus. La notion de « stress », en particulier, me semble porteuse pour faire sens de ce qui se déroule.

Ce mode d’analyse s’appuie sur les recherches formalistes de la cybernétique, qui ont tenté de penser le fonctionnement des systèmes dans le sens le plus large possible. Elles travaillent ce que j’appellerais « l’hypothèse du continu » (pour faire signe aux mathématiques), soit l’idée qu’il n’y a pas rupture entre « nature » et « culture », mais une forme de continuité dans les modes de fonctionnement – continuité qui ne saurait, cependant, être totalement indifférente aux contenus et qui, en ce sens, n’est pas celle du biologisme naïf dans les sciences sociales.

Dans un court livre, Heiner Mühlmann s’intéresse aux « collectifs de combat » et à leur capacité à endurer le stress. Il part du stress comme fait biologique et se concentre sur ses effets :

Sous l’influence du stress, la sécrétion de non-adrénaline, d’adrénaline et de cortisol est augmentée. L’effet est le suivant : les fonctions cardiaque et circulatoire sont intensifiées, cependant que le métabolisme, l’immunité et l’activité sexuelle sont affaiblies. De cette façon, toutes les énergies de l’organisme sont canalisées dans les muscles squelettiques pour optimiser leurs habiletés motrices. Elles sont utilisées pour combattre ou fuir (fight or flight). De surcroît, les aires neurales chargées de la perception et de la réaction rapides sont également renforcées. La physiologie du stress est donc un processus cognitif par lequel une perception est transformée en un flux d’énergie.

MSC – Maximal Stress Cooperation: The Driving Force of Cultures, New York, Springer Wein, p. 10, traduction libre.

Il ajoute immédiatement que « la fin heureuse de la phase de stress est d’une importance plus grande encore que le stress lui-même ». Cela vaut pour toute entité soumise au stress, humaine ou non, individuelle ou collective. Par exemple, Sloterdijk fait de cet énoncé le cœur de sa Théorie des après-guerres, sur les relations entre la France et l’Allemagne après 1945.

Une décision doit intervenir quant à l’aspect sain ou morbide de l’ensemble du processus de stress. Mühlmann écrit : « C’est uniquement lorsque l’individu [ou le groupe] en arrive à une évaluation non-négative de l’action du stress qu’il peut alors entrer dans la phase de relaxation post-stressale. » (p. 13) Sur le plan des « cultures », il considère que :

Puisque les actions à haut stress ont une plus grande influence sur la balance du pouvoir, et donc sur les destins de l’homme et des animaux, que les actions à faible stress ou sans stress, l’achèvement et le travail d’évaluation de la phase de relaxation sont les préalables (prerequisites) décisifs pour la création de systèmes sociaux d’ordre. Les systèmes d’ordre qui émergent de cette façon son hautement importants parce qu’ils contiennent un ordre émotionnel. La phase de relaxation post-stressale génère le phénomène d’ajustement émotionnel régulé.

MSC – Maximal Stress Cooperation: The Driving Force of Cultures, New York, Springer Wein, pp. 13-14, traduction libre.

Cela signifie que celui qui a été vaincu est poussé à transformer ses comportements (à « ajuster son décorum »), sous peine d’avoir à revivre la même expérience malheureuse, alors que celui qui a vaincu est poussé à renforcer ses habitudes, puisqu’elles se sont montrées viables. Dans les deux cas, cependant, il n’y a aucune nécessité. Ces transformations ou ces renforcement peuvent ne pas se produire.

Maintenir un organisme ou une entité en état de mobilisation émousse les énergies. C’est pour cette raison, je crois, que ce printemps ne pouvait que finir. Ce n’est probablement pas la pire des fins, bien au contraire. Mais bien sûr, les actions politiques de lutte contre les impératifs capitalistes de l’austérité néolibérale autoritaire, qui semblent promis à tenter de s’imposer d’une manière grandissante, peuvent reprendre. Pour l’instant, il s’agit de récupérer, de se refaire des forces – surtout parce que les forces opposées font de même!

Je considère que ce qui s’écrit de plus à propos ces jours-ci participe d’un tel travail d’évaluation « post-stressal ». Un mot d’ordre exemplaire : « Stand Strong and Do Not Despair ».

De bons apprentissages peuvent être fait auprès de ces collectifs en lutte depuis des années, voire des décennies déjà.

Un problème pour la #ggi resterait toutefois de départager vainqueurs et vaincus. Peut-on faire l’économie de cette conversation?

Le SPVM semble tenter de se refaire des forces à utilisant ceux et celles qui s’engagent dans la continuation de leur manifestation dans les rues comme des punching bags d’entraînement. Alors, une marche par semaine, comme on le propose ici?

En tous les cas, je crois qu’il ne faut pas oublier que les forces policières sont le bras armé de l’État, et que c’est le cerveau et le système nerveux (ce qui communique) qui vivent le stress de la façon la plus intense. Le bras ne pense pas – ou si peu.

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Rectification sur l’homme brutalisé lors de la manifestation nocturne du 20 mai 2012

Par le collectif de Trahir

Suite à la publication du témoignage de Xi Sophie Zhang sur une action policière lors de la manifestation du 20 mai 2012, plusieurs lecteurs de Trahir l’ont commenté et nous ont fait part de plusieurs sites Web, notamment celui de Vérité Justice qui se proposait de faire une recherche sur l’identité de l’homme brutalisé. Certaines personnes, sur les médias sociaux, y ont vu la possibilité que cet homme soit décédé, et que son décès soit caché par les services de police.

Aujourd’hui est parue une entrevue avec cet homme, bien vivant, il s’agit de Sébastien Tranchard, que Tristan Péloquin de La Presse a interviewé.

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Brève traductologique sur le caractère parodique de la grève étudiante, du « printemps érable » aux manifestations de casseroles

Par René Lemieux | Université du Québec à Montréal

Plusieurs se désolent des formidables créations du mouvement étudiant : le carré rouge comme symbole reconnaissable de tous, l’expression « printemps érable » ou encore les manifestations de casseroles commencées suite à l’adoption de la Loi spéciale 78. Pour chacune de ces créations, on peut lire le cortège des grandes pleureuses de la droite québécoise qui n’en ratent pas une lorsqu’il s’agit d’amoindrir le mouvement de grève. On pourra lire, si on y tient, Isabelle Maréchal s’attaquer à Xavier Dolan en critiquant le carré rouge et en le liant aux Brigades rouges italiennes, ou Richard Martineau sur l’expression « printemps érable » (à partir de « printemps québécois ») ou sur les manifestations de casseroles. À chaque fois, ce qu’on pourrait appeler la secondarité de la symbolique, son caractère dérivé (généralement de l’ordre de l’intertextualité, c’est-à-dire en référence à un discours antérieur), est décriée, précisément leur aspect parodique (plus ou moins conscient de la part des créateurs, selon ces commentateurs de droite).

Si cette critique est parfois de mauvais goût et n’exprime franchement qu’une incompréhension du mouvement étudiant, elle vaut toutefois la peine d’être explorée, ne serait-ce que pour son attaque de la secondarité, attaque qui est l’expression d’un préjugé métaphysique tenace depuis Platon : ce qui est second n’est pas premier, cela va de soi, il n’est donc ni originaire, ni authentique, bref, c’est une « traduction ». C’est au caractère traductif de la symbolique que je m’intéresserai, mais aussi à ses conséquences, d’abord pour cette fameuse expression « printemps érable » qu’on semble tant aimer, surtout en France (dans Le Point, L’Express, Le Courrier international, Les InrockuptiblesL’Humanité, Libération, Le Monde, Le Nouvel Observateur, etc.), ensuite pour ce qui est des casseroles.

Comme une parodie de traduction

L’expression « printemps érable », quand même peu usitée par le mouvement étudiant, fait d’abord référence au printemps arabe, une série de révoltes ayant abouti avec la chute des dictatures de Tunisie et d’Égypte au printemps 2011. Doit-on voir dans l’usage de l’expression la volonté d’une comparaison entre une rébellion démocratique contre des dictatures et le mouvement étudiant au Québec? C’est ce que nos commentateurs de droite ont vu et ont critiqué. Pourtant, une telle comparaison se serait traduite en « printemps québécois », où, à la place du terme « arabe », on aurait simplement substitué l’adjectif « québécois ». Or, on parle de « printemps érable » qui joue non pas sur le sens de l’expression originelle, mais sur le rapprochement phonique « arabe—érable ». Si les journaux français y ont vu le « symbole canadien », on sait bien au Québec que sa signification est tout autre, puisque au-delà d’un symbole national, le printemps, c’est le « temps des sucres », le moment du dégel où la sève de l’arbre recommence à circuler, sève qui pourra être recueillie pour la fabrication du sirop est des autres produits dérivés de l’érable (comme le beurre d’érable). Bref, c’est le renouveau festif du germinal québécois après un hiver toujours trop long, toujours trop froid.

On considère généralement une parodie comme l’« imitation d’une expression d’autrui, dans laquelle ce qui est sérieux chez l’autre devient ridicule, comique ou grotesque » (on pourra lire Profanations de Giorgio Agamben, pp. 39 à 59, pour un plus long développement sur cette question). Or, la parodie avait un tout autre sens chez les Grecs de l’Antiquité, c’est le παρῳδία, ou, décomposé, le παρά de l’ ᾠδή, c’est-à-dire le « à côté » du « chant » : l’accompagnement (sonore – au théâtre), et au sens littéral, ce qui n’a pas de lieu propre. « Parodie » possède donc un sens premier qui pourrait relever de l’euphémisme : on ne prend pas la voie directe, frontale, mais de biais, et dans le cas de « printemps érable », on ne se mesure pas directement à l’aune des révoltes arabes (on ne s’identifie pas directement à elles), mais on les accompagne, humblement.

Si « printemps érable » est bel et bien une parodie, c’est parce qu’il décale le référent tout en lui donnant sa juste valeur. Contrairement à ce que pensent nos commentateurs du Journal de Montréal, on ne s’y compare pas, on n’en fait pas non plus un modèle, mais on mesure son caractère premier par le biais d’une autodérision franche et sincère, en définitive, saine.

Une traduction de « printemps érable » est-elle possible?

Comment alors traduire l’expression dans les autres langues? L’anglais offre un exemple intéressant. La première traduction fut maple spring qui est une traduction littérale dont la référence au « printemps arabe » est amoindrie puisque seule l’idée de la saison subsiste. C’est le Überleben benjaminien, quelque chose survit au passage des langues, ici, une des idées, mais ce passage se fait au risque de perdre la quasi-homophonie et le sens parodique qu’elle offrait. Il s’agit, dans la conception platonicienne de l’ontologie, d’une pauvre copie d’une copie (ici c’était l’expression québécoise).

Une deuxième traduction a commencé à voir le jour récemment : Maple Spread. Certains reconnaîtront l’expression, il s’agit de cette pâte à tartiner faite à base de sirop d’érable et consommé généralement au petit déjeuné (en français « beurre d’érable »). L’expression met l’accent sur le caractère disséminant du spread : c’est l’étalement, l’extension, l’étendue, etc. L’expression est employée pour désigner le mouvement à l’extérieur du Québec (notamment en Ontario, avec le Ontario Students Mobilisation Coalition) qui veut continuer la lutte étudiante commencée au Québec : l’étaler.

La question se pose : de quoi maple spread est-il la traduction? Car il ne s’agit pas ou plus tellement d’une traduction de « printemps érable », mais aussi d’une parodie. Pour reprendre les catégories platoniciennes, nous ne sommes plus dans la mauvaise copie, mais carrément dans le simulacre, dans cette « copie » qui est ontologiquement détachée de l’original. Ou pour reprendre l’expression benjaminienne, nous ne sommes plus dans une volonté traductologique du Überleben (la survie au sens transcendantale), mais du Fortleben : la survie au sens de la continuation de la vie, le living on. Ce n’est plus l’« idée » originale qui compte, mais ses conséquences, ses effectuations, ses réalisations.

Le « living on » des casseroles

Le 18 mai 2012, le gouvernement libéral de Jean Charest faisait adopter par l’Assemblée nationale la Loi spéciale 78 qui restreignait, en autres choses, le droit de manifester. Presque immédiatement, une initiative sur les réseaux sociaux suggéraient de taper sur des casseroles pour manifester le droit de manifester, ce qui a pu donner, parfois, notamment à Montréal, des rassemblements nocturnes impressionnants :

Au départ, l’idée était d’« imiter » ce qui s’était fait en Amérique latine, notamment au Chili pendant la dictature militaire : à l’interdiction de manifester (par la limitation du nombre de manifestants), on manifeste encore plus bruyamment son mécontentement.

Les critiques de droite ont encore une fois saisi l’occasion pour voir là une démesure : comment osez-vous, semblent-ils dire, vous comparer à la situation politique des dictatures sud-américaines? Or, si l’expression « printemps érable » semble parodique, en tout cas décalée par rapport à « printemps arabe », l’usage des casseroles au Québec se veut analogue à l’usage qu’on en faisait dans le Chili des années soixante-dix. Peut-être avons-nous affaire ici encore une fois à une parodie, mais cette fois, ce n’est plus le mouvement étudiant qui parodie les révoltes d’ailleurs, ce sont les dictatures des pays étrangers qui sont parodiées par notre gouvernement. La Loi spéciale 78 n’a-t-elle pas quelque chose de la parodie d’un régime autoritaire, et Jean Charest n’agit-il pas comme une parodie d’Augusto Pinochet? Bien sûr, il ne s’agit pas d’une imitation en tous points semblables, mais quelque chose du rapprochement de biais. Les manifestations de casseroles ne sont donc pas l’importation directe des méthodes de contestations d’Amérique latine, mais les révélateurs des méthodes de gouvernance totalitaires importées par notre gouvernement.

***

S’il est possible de voir de la parodie dans le mouvement de contestation étudiant, c’est aussi parce qu’un mouvement de révolte, dans notre monde globalisé par l’économie capitaliste, ne se développe pas en vase clos, mais participe à une résistance face à la pensée néolibérale. Qu’il soit parodié ou parodique ne signifie finalement que le mouvement est traduit, c’est-à-dire transformé, déplacé, excentré, adapté, etc. Les mouvements et les manières de faire d’ailleurs nourrissent notre propre combat.

Mais la parodie peut aussi agir sur notre propre culture. Récemment, la très belle initiative d’Étudiants-Secours qui parodie l’organisme Parents-Secours est à cet égard une formidable réévaluation, moins de l’organisme original, mais de ce que signifie « (se) protéger » (ici, contre la police), tout en parodiant du même coup tout le discours sur l’infantilisation du mouvement étudiant à l’œuvre depuis le début de la grève. Ces parodies, loin d’être à la traîne du discours social – c’est-à-dire second –, participent d’une repolitisation de notre culture qui autrement serait restée amorphe et insignifiante. C’était peut-être ça, au fond, le souhait implicite de la droite médiatique.

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Témoignage sur la brutalité policière lors de la manifestation nocturne du 20 mai 2012

Par Xi Sophie Zhang | Université de Montréal

À plusieurs reprises, les gens ont témoigné sur la brutalité policière et la couverture biaisée des médias. J’y ai toujours cru, mais hier soir, j’en ai eu la preuve incontestable.

Entre 21h et 1h, assise avec une camarade de classe, mon chum et quatre amis dans le café L’Escalier qui fait face au parc Émilie-Gamelin, nous avons été témoins d’une scène terrifiante!

À travers les fenêtres, nous observions le jeu du chat et de la souris décrit dans les médias: des manifestants s’enfuyant au son des bombes assourdissantes et sur leurs pas, les policiers, des anti-émeutes et la Sûreté du Québec. Alors qu’on prenait une bière en dansant la salsa, l’air s’est épaissi plus d’une fois de poivre de cayenne, faisant tousser soudainement tous les clients du café.

Puis, un silence horrifié autour de la table. Première scène sur le trottoir du parc. Un manifestant s’enfuit vers le métro. Des policiers le pourchassent. Un premier agent à vélo le renverse en pleine course. Un deuxième lui rentre dedans avec son vélo. Les autres lui sautent dessus et l’arrêtent de la façon la plus brutale imaginable. Deuxième scène sur le même trottoir. Un autre manifestant en fuite. Un agent arrive derrière lui. BANG, coup de matraque derrière le cou. Il chute brutalement. Un deuxième agent soulève son vélo au-dessus de l’homme qui gît maintenant à terre. PAF PAF PAF. Des coups de bicyclette sur le corps immobile.

Une demi-heure plus tard, il y a toujours dix policiers qui l’encerclent. Tout le monde dans le café se demande « pourquoi est-il encore sur le sol? ». Les agents ont l’air nerveux. Ils demandent à un journaliste de ranger sa caméra. Des passants s’approchent, mais restent en périphérie de la scène. Un policier particulièrement enragé leur crie de dégager et les pousse avec force. Il fait presque tomber à la renverse deux ou trois observateurs. C’est de la pure provocation.

Les minutes passent. Le deuxième manifestant arrêté est toujours couché. Les observateurs se font de plus en plus nombreux. Finalement, l’ambulance arrive et on comprend. Ils l’ont sévèrement blessé. On voit les paramédicaux lui mettre un collier cervical et l’emporter sur une civière. La foule rage. Une fille s’approche des policiers, crie, pointe, leur montre le doigt. Du café, on n’entend pas ses mots, mais on voit son émotion. On se demande si elle est amie ou parente du blessé et on se dit qu’on réagirait exactement comme elle si ça nous arrivait.

La salsa est finie. On sort du café et on s’approche du lieu de l’incident. Des flaques de sang sur le trottoir où l’homme a été battu. Notre groupe d’amis, loin d’être tous des carrés rouges, frissonne de peur et de dégoût. L’une d’entre nous a des larmes aux yeux. Ça donne mal au cœur. On se demande tous comment la manifestation sera rapportée dans les médias le lendemain.

Sans grande surprise, ce matin [21 mai 2012] je lis dans La Presse : « Dans le chaos, ce ne sont pas moins de 305 personnes qui ont été arrêtées et une dizaine blessées, dont une gravement. Il s’agit d’un homme d’une quarantaine d’années qui a été blessé à la tête alors qu’il était appréhendé au square Berri. Les policiers venaient de se faire attaquer lorsqu’ils ont chargé, selon un porte-parole. » Dans Le Devoir : « On rapporte pour hier un blessé grave à la tête, mais on ne craindrait pas pour la vie du manifestant. » À Radio-Canada : rien sur l’incident en question.

C’est tout. Les policiers ont été provoqués. Le gars ne va pas mourir. Tout va bien dans le meilleur des mondes.

Mais des questions restent sans réponse. Pourquoi arrêter les manifestants (dont la « violence » se résume, 99,9% du temps, à du vandalisme et des altercations avec les policiers, et non à de la vraie violence envers les personnes) en utilisant une force qui pourrait tuer ou rendre paraplégique? Pourquoi frapper sur une personne déjà à terre? Pourquoi agresser les observateurs qui ne dérangent pas, à moins d’avoir quelque chose à cacher? Et surtout, pourquoi dans la presse ne parle-t-on jamais des motifs et du déroulement des arrestations, seulement de la casse qui « justifie » la brutalité?

Crédit © Robert Skinner, La Presse

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