Archives de Tag: vidéo

Vidéo de la brigade urbaine du SPVM, 26 février 2013

Par Moïse Marcoux-Chabot | Ce texte a précédemment été publié sur le site web personnel de l’auteur.

Brigade urbaine du SPVM, 26 février 2013 de Moïse Marcoux-Chabot sur Vimeo.

Opérations de la brigade urbaine du SPVM pendant la manifestation étudiante du 26 février 2013 (vidéo de 21 minutes). Montage chronologique et son d’ambiance.

Pour plus de détails, voir le billet original sur le site web personnel de l’auteur.

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Moïse Marcoux-Chabot

Une esthétique de la preuve

Par Simon Labrecque | Université de Victoria

Il appartient en propre au jury de juger du fait et au juge de juger du droit dans la cause qui oppose le Ministère public à Rémy Couture. Ces quelques lignes ont pour seul objectif de rendre compte du mode de présentation de la preuve adopté par la poursuite au cours de la première journée du procès. Ce geste ouvre un champ de problèmes : qu’est-ce que cette expérience, la rencontre publique d’une preuve ?

À ce titre, il est intéressant d’analyser la monstration du document déposé par le troisième témoin de cette deuxième journée. L’homme travaille pour le SPVM, section crimes technologiques. C’est lui qui, à la demande de l’enquêteur, a fait une copie du site innerdepravity.com au début de l’année 2009. Le document remis à la cour est un disque compact contenant cette copie du site.

Ce fichier électronique permet de voir la section principale du site, intitulée « The Morgue Photo Sessions ». Elle comporte quelque 590 photographies en couleurs. L’ensemble est divisé en une quinzaine de séries portant chacune un titre. Hook 2, Burn, Hook et Wood sont, dans l’ordre, celles qui ont été présentées aujourd’hui. Notons que le site contenait également les liens vers deux vidéos, qui seront également présentés à la cour.

La présentation de cette preuve semble requérir (à moins que cela soit un choix ; je ne peux me prononcer sur cette question) de montrer chaque photographie et chaque vidéo. Je crois que ces derniers durent entre 10 et 20 minutes chacun. Quant aux photographies, le témoin les présente une à une. Chacune est visible pour tous ceux et toutes celles qui se trouvent dans la salle 4.01 pour au moins 10 secondes (je ne sais si ce rythme est le choix du témoin). Le témoin ne fait que lire le titre de chaque nouvelle série. Autrement, le silence règne.

Ce processus plutôt laborieux mais visiblement nécessaire crée une scène étrange. D’abord, on remarque le caractère « graphique » des photographies : elles montrent toutes des scènes de violence, sauf celles montrant des objets (dont la destinée est toutefois violente). Il y a beaucoup de sang, entre autres éléments. Notons qu’il semble admis pour toutes les parties que l’accusé est détenteur d’une expertise en maquillage d’horreur et que ces scènes sont véritablement « fictives », au sens où elles représentent des actes (disons une coupure) qui ne se sont pas produites « pour de vrai ». Après quelques photographies, cependant, une certaine monotonie prend le dessus et on se surprend à délaisser le problème des effets possibles de ces photographies sur « les mœurs ». Il devient alors plus intéressant de prêter attention aux détails techniques du maquillage ou des poses, aux possibles récits qu’elles tissent qu’à la « nature » des actions mimées, données à voir, fictionnées.

Quelles sont les conditions pour qu’une image choque ? Une image ne vient jamais seule. L’orchestration de leur apparition est un art. Il semble que la présentation sérielle d’images inégales mais semblables, à un rythme lent mais régulier, devient difficile à supporter non pas parce que le choc est trop grand, mais parce qu’il s’émousse bien rapidement.

1 commentaire

Classé dans Simon Labrecque

Kony 2012: généalogie d’un phénomène Internet

Il est peu probable que vous n’ayez pas entendu parler du film Kony 2012, ou même que vous ne l’ayez pas visionné. Phénomène médiatique extraordinaire, ce film qui veut faire la promotion d’un organisme de charité a été, en quelques jours, sans doute le film dont la vitesse de diffusion a été la plus rapide (près de 70 millions pour YouTube,  16 millions pour Vimeo). Qui l’aura vu en aura laissé une larme devant l’horreur de la vie des enfants en Ouganda, pour ensuite en apprendre les critiques, virulentes, contre ce que certains verront comme un marchandage de la souffrance humaine. Plusieurs ont pu se sentir trahi par cette vidéo, peut-être trop vite partagée.

La saturation de ce qu’on a pu en dire est arrivée, elle aussi, extrêmement rapidement – et il n’est pas présomptueux de pouvoir parler ici d’une « généalogie » du phénomène, même après un si court laps de temps. En quelques jours, tout a été dit (ou presque) sur la vidéo. Et pourtant, ce qui ne cesse pas, ce sont les mèmes Internet qui ont été créés à la fois comme critique et parodie de l’attention médiatique demandée par les créateurs de la vidéo dont le travail, au niveau de la communication, a été (trop) bien ficelé. Le blog de Trahir se questionne sur ce phénomène unique de la dromographie numérique où la parodie, dans quelques cas, aura précédée l’original à parodier. Ou pour le dire autrement : on voudrait savoir comment se sent-on quand on se sent trahi?

Les contributions courtes (entre 400 et 1200 mots) sont les bienvenues : info@revuetrahir.net

Aucune date limite.

Liste (non exhaustive) de liens sur le sujet

Nous avons choisi cette photo pour représenter la thématique car elle cristallise à elle seule la critique à l’encontre de Invisible Children. Paradoxalement, elle fut choisie par les créateurs de la vidéo pour illustrer leur réponse aux critiques.

Poster un commentaire

Classé dans Appel à contributions